Le Directeur général du Cadastre minier (CAMI), Popol Mabolia Yenga, a présenté les avancées réalisées par son établissement et les réformes envisagées pour renforcer la gouvernance du secteur minier congolais. C’était le jeudi 29 octobre 2026, à Kinshasa, lors de la 5ᵉ édition du Café de presse du CAMI, organisée autour du thème « Où en sommes-nous ? ».
Au cœur de son intervention figuraient la digitalisation, l’assainissement du fichier cadastral, la sécurisation des titres miniers et l’accélération des investissements dans l’exploration.
La digitalisation, clé de transformation du CAMI

Pour Popol Mabolia, la modernisation du Cadastre minier passe avant tout par la transformation numérique de ses services. L’objectif est de rendre les procédures plus accessibles, de renforcer la transparence et de faciliter les démarches des investisseurs, y compris depuis l’étranger.
« Nous sommes la porte d’entrée du secteur minier. Pour être la porte, il faut avoir la clé et cette clé, c’est la digitalisation », a-t-il déclaré.
Dans cette perspective, le CAMI entend poursuivre la dématérialisation de ses données et faire évoluer son système cadastral vers des services accessibles en ligne.
Le directeur général ambitionne notamment de permettre aux usagers d’effectuer certaines démarches à distance, à l’image des transactions réalisées sur les plateformes numériques.
Cette évolution nécessite également des garanties de fiabilité. Le responsable a évoqué la perspective d’une certification selon la norme ISO 9001, ainsi que le renforcement des capacités du personnel. Il a par ailleurs souligné l’importance d’une meilleure harmonisation des données cartographiques et du réseau géodésique avec les autres services techniques compétents.
Assainir le fichier cadastral et sécuriser les titres miniers

L’autre chantier majeur présenté par le directeur général concerne l’assainissement du fichier cadastral. Le CAMI poursuit les opérations de vérification des titres, notamment ceux liés aux droits superficiaires impayés, aux obligations non respectées et aux permis dont les informations ne correspondent pas toujours à la réalité du terrain.
Popol Mabolia a également insisté sur la sécurisation des titres miniers, face aux problèmes de faux documents signalés dans certaines provinces.
« Il fallait donc commencer par gérer le problème de la sécurisation des titres. Nous avons beaucoup de problèmes avec les titres et les faux documents », a-t-il expliqué.

Le travail porte aussi sur le suivi des demandes en instance, dont le traitement peut impliquer plusieurs services administratifs. Le CAMI cherche ainsi à améliorer la traçabilité des dossiers et à mieux identifier les étapes de leur traitement.
Concernant les déchéances de titres, le directeur général a rappelé que les procédures sont encadrées par le Code minier et son règlement. Il a notamment précisé que les titulaires concernés disposent de voies de contestation, y compris devant la justice, conformément aux mécanismes prévus par les textes.
Relancer l’exploration pour accroître la production minière

Le responsable du CAMI a appelé à une meilleure valorisation du potentiel géologique de la RDC. Selon son intervention, le pays ne disposerait encore que d’environ 25 % de connaissances géologiques, malgré plus d’un siècle d’exploration.
Pour lui, cette situation souligne la nécessité d’intensifier les recherches afin de mieux identifier les ressources disponibles et de préparer l’avenir de la production minière congolaise.

Il a également attiré l’attention sur le déséquilibre entre le nombre de permis de recherche et celui des permis d’exploitation. Alors que les besoins mondiaux en minerais critiques devraient augmenter au cours des prochaines années, le pays doit anticiper le renouvellement de ses ressources et encourager de nouveaux investissements dans l’exploration.
Dans cette optique, Popol Mabolia plaide pour que les données géologiques produites par les services nationaux soient davantage accessibles aux investisseurs. Il estime que leur disponibilité pourrait favoriser l’arrivée de capitaux supplémentaires, à condition de promouvoir des investissements responsables.
Le directeur général a aussi insisté sur le rôle que devraient jouer les entreprises publiques minières dans la relance de la production nationale, en les appelant à mieux valoriser leurs permis et à contribuer davantage à la création de richesses en RDC.
Un cap fixé à l’horizon 2030
À travers cette cinquième édition du Café de presse, le CAMI a voulu élargir les échanges aux autres structures intervenant dans le secteur minier, afin de mieux présenter les enjeux communs et de répondre aux préoccupations des professionnels des médias.
« Nous allons surtout couper court à toutes les spéculations et toutes les informations qui allaient souvent de manière contradictoire », a souligné Popol Mabolia.
Pour les prochaines années, le CAMI entend ainsi poursuivre sa transformation administrative et technique, avec la digitalisation comme levier central, tout en renforçant la fiabilité des titres miniers et la transparence du cadastre.
L’ambition affichée à l’horizon 2030 est de faire du Cadastre minier un service plus moderne, accessible et performant, capable de soutenir l’attractivité du secteur minier congolais et de contribuer à une meilleure valorisation des ressources nationales.
Lydia Mangala


