À l’occasion de la Journée internationale des femmes dans la diplomatie, un atelier national consacré à la participation des femmes aux processus de paix et de gouvernance s’est ouvert le mercredi 24 juin à l’hôtel Béatrice de Kinshasa. Organisée sous le thème « Femmes, Diplomatie et Paix : Vers un Agenda commun des femmes pour la paix en République démocratique du Congo », cette rencontre réunit des représentants du gouvernement, du corps diplomatique, des organisations internationales, de la société civile ainsi que des organisations féminines venues de différentes provinces du pays.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, qui a souligné l’importance du rôle des femmes dans la prévention des conflits, la médiation et la consolidation de la paix.
Dans son intervention, la ministre a rendu hommage au Président de la République, Félix Tshisekedi, pour son engagement en faveur de la promotion des droits des femmes, tout en saluant le leadership de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, qu’elle a présentée comme une illustration des avancées enregistrées dans l’accès des femmes aux hautes responsabilités publiques.
Elle a également remercié les partenaires qui accompagnent cette initiative, notamment ONU Femmes, MONUSCO ainsi que le Royaume de Norvège.
Au cœur de son message, Micheline Ombae a insisté sur la nécessité de reconnaître pleinement la contribution des femmes dans les efforts de paix.
« Les femmes sont des architectes discrètes du vivre-ensemble et des bâtisseuses de ponts », a-t-elle déclaré, mettant en lumière le travail quotidien des diplomates, médiatrices, responsables communautaires et actrices de la société civile engagées dans la recherche de solutions aux crises qui affectent le pays.

Malgré les progrès observés ces dernières années, la ministre a regretté la faible représentation des femmes dans les espaces formels de négociation et de prise de décision.
« L’inclusion des femmes n’est ni une faveur ni une concession. Elle constitue une exigence de justice, une nécessité démocratique et une condition de l’efficacité de la paix », a-t-elle affirmé devant les participants.
Elle a rappelé que plusieurs études internationales démontrent que les accords de paix intégrant une participation significative des femmes ont davantage de chances d’être durables et de produire des résultats concrets pour les communautés.
Les travaux de cet atelier entrent dans la continuité des réflexions engagées lors de la récente réunion de haut niveau du Conseil consultatif Femmes, Paix et Sécurité de la Région des Grands Lacs tenue à Nairobi. L’objectif est désormais de fédérer les différentes initiatives existantes autour d’une vision commune capable d’orienter les actions futures.

Au terme des assises, les participants devront élaborer les bases d’un Agenda commun des Femmes pour la Paix, la Sécurité et la Gouvernance en République démocratique du Congo. Ce document stratégique ambitionne de refléter les préoccupations et les aspirations des femmes de toutes les provinces du pays, aussi bien dans les centres urbains que dans les zones rurales.
Le gouvernement entend renforcer la participation féminine aux mécanismes de prévention et de résolution des conflits, conformément aux engagements de la RDC en matière d’égalité de genre et à la mise en œuvre de la Résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité.
Les débats, qui se poursuivront durant plusieurs jours, devraient permettre de formuler des recommandations destinées à accroître la présence des femmes dans les espaces de décision et à consolider leur contribution à la construction d’une paix durable en République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


