Dans le cadre de la politique de relance agricole de la RDC, le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a procédé, jeudi 16 juillet à Bumba, dans la province de la Mongala, au lancement officiel du projet stratégique « Riz Bumba, Loso na Biso », une initiative qui ambitionne de produire 250 000 tonnes de riz d’ici 2030, d’accompagner près de 30 000 producteurs et de bâtir une filière rizicole locale compétitive afin de réduire durablement les importations.
Porté par le ministère de l’Économie nationale avec l’appui du Fonds de relance économique du Congo (FOREC) et mis en œuvre par la Société Rizicole de Bumba (SRB), ce programme constitue l’une des principales réponses du Gouvernement à la quête de souveraineté alimentaire, conformément à la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, fondée sur la revanche du sol sur le sous-sol.
Le lancement de ce projet intervient neuf mois après la mission économique effectuée en octobre 2025 par Daniel Mukoko Samba à Bumba. À l’époque, le ministre avait rencontré les producteurs, les opérateurs économiques et les autorités locales afin d’identifier les principaux obstacles qui freinaient le développement de la filière rizicole. Les recommandations issues de ces consultations débouchent aujourd’hui sur un programme structurant destiné à transformer durablement la production du riz en RDC.
« Un projet né du terrain pour notre souveraineté », a résumé le Vice-Premier ministre lors de la cérémonie de lancement.
Déployé sur une période de cinq ans, de 2026 à 2030, le projet prévoit l’accompagnement de près de 30 000 producteurs partenaires agréés, la création de sept unités modernes de transformation, ainsi qu’une production cible de 250 000 tonnes de riz.

Le Gouvernement envisage de structurer une véritable chaîne de valeur intégrée, allant de la culture à la transformation, jusqu’à la commercialisation du riz produit localement.
Selon Daniel Mukoko Samba, cette stratégie répond à une conviction forte.
« La République démocratique du Congo doit financer davantage sa production que ses importations », a-t-il déclaré, soulignant que cette politique vise à réduire progressivement la dépendance du pays vis-à-vis des marchés extérieurs.

Le projet place également l’inclusion économique au cœur de son action. Les autorités prévoient que 40 % des bénéficiaires directs soient des femmes et 35 % des jeunes, afin de stimuler l’entrepreneuriat rural, favoriser le renouvellement des générations dans le secteur agricole et créer des emplois durables.
À terme, plusieurs milliers d’emplois directs et indirects devraient être générés, tandis que les revenus des producteurs pourraient augmenter de 20 à 25 %, selon les projections du Gouvernement.

Les activités agricoles seront principalement concentrées autour du territoire de Bumba, notamment à Yaligimba, avant de s’étendre à d’autres localités de la province de la Mongala. Les travaux agricoles ont également été officiellement lancés sur le site de Nyalolo, dans le territoire de Lisala.
Pour assurer la réussite du programme, plusieurs ministères sont associés au projet. Le ministère du Développement rural accompagnera la réhabilitation des routes de desserte agricole afin de faciliter l’évacuation des récoltes, tandis que le ministère des Infrastructures et Travaux publics sera chargé du contrôle technique des travaux routiers.

Le projet repose également sur un partenariat stratégique avec PHC, dans le cadre d’une approche intégrée visant à renforcer la production, la transformation industrielle et la commercialisation du riz congolais.
Avec le lancement du projet « Riz Bumba, Loso na Biso », le Gouvernement veut non seulement relancer une rizerie historique, mais surtout bâtir une filière capable d’assurer la sécurité alimentaire nationale, de stabiliser les prix sur le marché intérieur, de créer des emplois en milieu rural et de renforcer progressivement la compétitivité de l’agriculture congolaise.
Pour les autorités, cette initiative montre une nouvelle manière de conduire l’action publique en partant des réalités du terrain, en écoutant les producteurs, puis en transformant les engagements en réalisations concrètes au service du développement économique du pays.
Lydia Mangala


