La République démocratique du Congo vient de franchir une nouvelle étape dans le renforcement de son dispositif de lutte contre la criminalité financière. Réunie à Bakou, en Azerbaïdjan, l’Assemblée générale du Groupe Egmont a officiellement admis la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF) parmi ses membres.
Cette adhésion permet désormais à la RDC d’intégrer un réseau mondial regroupant plus de 170 cellules de renseignement financier. Elle constitue une avancée majeure dans la lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération.
L’admission de la CENAREF au Groupe Egmont vient également consacrer les réformes engagées par la RDC depuis 2019 pour renforcer l’intégrité de son système financier et l’aligner progressivement sur les standards internationaux.
Ces efforts, consolidés depuis juin 2024 sous la coordination du Gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, ont mobilisé notamment le ministère des Finances, la CENAREF ainsi que plusieurs institutions concernées par la prévention et la répression de la criminalité financière.
Une reconnaissance des réformes engagées
Pour le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, cette avancée témoigne de la crédibilité retrouvée de la RDC sur la scène financière internationale. Elle confirme, selon lui, la pertinence des réformes entreprises pour renforcer la transparence, la gouvernance financière et la coopération internationale.
L’intégration au Groupe Egmont permettra désormais à la CENAREF d’échanger, de manière rapide et sécurisée, des renseignements financiers avec les cellules homologues membres du réseau à travers le monde.
Cette coopération devrait notamment faciliter la détection des circuits financiers illicites, le traçage des avoirs d’origine criminelle et l’identification des bénéficiaires effectifs. Elle devrait également renforcer les enquêtes liées au blanchiment des capitaux, au financement du terrorisme et à la criminalité financière transnationale.
Dans un contexte marqué par la circulation internationale des capitaux et la complexité croissante des réseaux financiers illicites, l’accès à un mécanisme mondial de partage sécurisé de renseignements constitue un levier important pour les autorités congolaises.
Un signal positif aux investisseurs et partenaires internationaux
Au-delà de sa dimension technique, l’adhésion de la RDC au Groupe Egmont représente un signal adressé aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux investisseurs internationaux.
Elle contribue à renforcer la crédibilité du pays et conforte les efforts visant à assainir l’environnement des affaires, améliorer la transparence des opérations financières et consolider la confiance dans les institutions congolaises.
Cette avancée intervient également à un moment stratégique, alors que la RDC poursuit les dernières étapes de son processus de retrait de la liste des juridictions faisant l’objet d’une surveillance renforcée du Groupe d’action financière (GAFI).
L’admission de la CENAREF au Groupe Egmont apparaît ainsi comme une nouvelle reconnaissance des efforts déployés par les autorités congolaises pour consolider l’intégrité du système financier national et renforcer les mécanismes de lutte contre les flux financiers illicites.
Le Gouvernement réaffirme, dans cette dynamique, sa détermination à poursuivre les réformes structurelles engagées afin de rendre le système financier congolais plus transparent, plus résilient et plus efficace.
À terme, ces réformes devraient contribuer à améliorer davantage le climat des affaires, soutenir une croissance économique durable et renforcer la confiance de la communauté financière internationale envers la République démocratique du Congo.
Joséphine Mawete


