À l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, célébrée chaque 10 septembre, la question de la santé mentale et de la prévention du suicide revient au centre des préoccupations en République démocratique du Congo. Selon Étienne Mpoyi, représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le pays enregistrerait chaque année entre 5 000 et 5 800 décès par suicide.
Cette estimation met en lumière l’ampleur d’un phénomène souvent entouré de silence et de stigmatisation. Au niveau mondial, l’OMS estime à plus de 720 000 le nombre de personnes qui meurent chaque année par suicide. L’organisation souligne également que le suicide peut toucher des personnes à tout âge et dans toutes les régions du monde.
En RDC, les chiffres avancés par le représentant de l’OMS appellent ainsi à renforcer la prévention, mais aussi la détection et la prise en charge des personnes en situation de détresse psychologique.
La Journée mondiale de prévention du suicide est organisée chaque année le 10 septembre afin de sensibiliser l’opinion et de rappeler que les suicides peuvent être évités.
Pour la période 2024-2026, la campagne mondiale porte sur le thème « Changer le récit sur le suicide » (Changing the Narrative on Suicide). Elle encourage notamment à sortir du silence et de la stigmatisation pour favoriser davantage d’écoute, de compréhension et de soutien.
Dans cette perspective, les proches peuvent jouer un rôle important. Un changement soudain de comportement, un isolement inhabituel ou des paroles traduisant une profonde détresse doivent être pris au sérieux.
L’objectif n’est pas de juger ou de minimiser la souffrance, mais de favoriser le dialogue et orienter la personne vers une aide appropriée.
Face à une personne en difficulté, l’écoute, la présence et l’orientation vers un professionnel de santé peuvent constituer des premières réponses importantes. La prévention du suicide nécessite également des politiques publiques, des services de santé mentale accessibles et une meilleure sensibilisation de la population.
En RDC, les chiffres avancés pour cette journée rappellent surtout une urgence : ne plus considérer la souffrance psychologique comme un sujet dont il faut avoir honte, mais comme une question de santé publique qui mérite écoute, accompagnement et prise en charge.
Lydia Mangala


