La sécurisation foncière dans les communes de N’Sele, Maluku et Mont-Ngafula passe aussi par une meilleure identification des autorités coutumières légitimes. Représentant du vice-ministre des Affaires coutumières au panel consacré à l’aménagement du territoire, à la sécurisation foncière et à la numérisation du cadastre, l’honorable Roger Kabeya a insisté sur la nécessité d’articuler l’action des autorités traditionnelles avec les services de l’État et les outils numériques.
Lors de son intervention, il a rappelé les orientations issues du Forum national des affaires coutumières, tenu en mars dernier, notamment autour de la sécurisation des terres ancestrales et de la prévention des conflits fonciers. Il a également évoqué la nécessité d’une collaboration entre les autorités coutumières, l’administration territoriale, la justice et les services techniques afin d’éviter une gestion isolée des questions liées au foncier.
Une meilleure coordination pour prévenir les conflits
Roger Kabeya a souligné le rôle des autorités coutumières dans la médiation et la prévention des conflits au sein des communautés, notamment ceux liés à l’exploitation des ressources naturelles et à la gestion des terres.
Dans cette perspective, il a insisté sur la nécessité de disposer d’une base de données fiable et régulièrement actualisée des entités coutumières et de leurs animateurs légitimes. Cette démarche doit notamment contribuer à lutter contre les usurpations d’identité et les ventes de terres effectuées par des personnes se présentant à tort comme chefs coutumiers.
« Il faudrait savoir qui est le chef et qui ne l’est pas », a-t-il souligné.
Il estime que l’identification des autorités traditionnelles constitue un préalable à une véritable sécurisation foncière.
La cartographie au service de la traçabilité
Le représentant du vice-ministre des Affaires coutumières a également salué les travaux entrepris autour de la cartographie et de la traçabilité des autorités traditionnelles.
Pour lui, la numérisation doit contribuer à clarifier les responsabilités et les droits plutôt qu’à reproduire les désordres existants.
« Si on ne le veut pas, on risque de continuer à numériser des conflits ou à numériser des désordres », a-t-il averti.
La cartographie des entités coutumières devrait ainsi permettre de distinguer les chefs légitimes des imposteurs et de renforcer la reconnaissance des ayants droit dans les processus liés à la gestion foncière.
Réunir sécurisation coutumière et aménagement du territoire
Roger Kabeya a enfin distingué deux dimensions complémentaires de la sécurisation : la reconnaissance et la traçabilité de l’autorité coutumière, d’une part, et l’aménagement physique du territoire, d’autre part. Cette dernière concerne notamment la planification des espaces, la localisation des constructions et l’organisation du développement urbain.
Pour les communes de N’Sele, Maluku et Mont-Ngafula, il estime que ces deux approches doivent avancer ensemble afin de prévenir les conflits et de sécuriser les investissements immobiliers.
Cette articulation entre autorité coutumière, administration, cartographie numérique et aménagement du territoire constitue, selon lui, un enjeu important pour accompagner l’expansion de Kinshasa dans un cadre foncier mieux organisé et plus sécurisé.
Lydia Mangala


