Le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2) s’impose comme un outil stratégique pour mieux planifier les villes de la République démocratique du Congo. Au panel 8 de la 12ᵉ édition d’ExpoBéton RDC, organisé vendredi 9 octobre et consacré à la croissance démographique, à la planification urbaine à long terme et à leurs effets sur la santé et le bien-être des citoyens, le Secrétaire général au Plan, Daniel Epenge, représentant le ministre d’État Guylain Nyembo, a souligné l’importance des données démographiques et territoriales dans l’orientation des politiques publiques et des investissements.
Le RGPH-2, un outil d’aide à la décision
Dans son allocution, Daniel Epenge a insisté sur la nécessité de disposer de données fiables et actualisées pour accompagner l’expansion des villes congolaises.
La croissance rapide de la population exerce une pression croissante sur le logement, la mobilité, l’accès à l’eau et à l’électricité, l’assainissement ainsi que les infrastructures sanitaires et éducatives.
Pour le représentant du ministère du Plan, le RGPH-2 ne doit pas être considéré comme une simple opération statistique, mais comme une infrastructure informationnelle essentielle à la programmation, au suivi et à l’évaluation des politiques publiques.
« On ne peut pas planifier gravement avec des données insuffisantes ou obsolètes », a-t-il souligné.
Il a rappelé que la connaissance précise de la population et de sa répartition géographique constitue un préalable à toute planification efficace.
La cartographie occupe également une place importante dans ce processus. En permettant de localiser les populations, les habitations et les infrastructures, elle doit contribuer à mieux identifier les besoins des territoires et à orienter les investissements en fonction des réalités locales.
Organiser l’expansion de Kinshasa
Abordant les défis de la capitale congolaise, Daniel Epenge a défendu une approche métropolitaine de la planification urbaine. Outre de l’accompagnement de la croissance démographique, l’enjeu consiste à organiser l’expansion de Kinshasa, à renforcer ses infrastructures et à rapprocher les services essentiels des habitants.
Les données issues du recensement pourront notamment aider à déterminer les zones prioritaires pour la construction d’écoles, de centres de santé, de réseaux d’eau, de routes et d’ouvrages d’assainissement. Elles permettront également de mieux repérer les zones de forte concentration démographique et d’orienter les investissements vers les besoins les plus pressants.
Une planification efficace doit ainsi garantir aux citoyens un meilleur accès aux soins de santé, à l’éducation, au logement, à l’emploi, à l’électricité, à l’eau potable et à un environnement sain.
Une planification intégrée pour réduire les inégalités territoriales
Le Secrétaire général au Plan a également insisté sur la nécessité de dépasser une approche sectorielle du développement urbain.
La planification doit articuler les dynamiques démographiques, l’organisation de l’espace, les infrastructures, les activités économiques et les services sociaux.
Cette démarche implique de renforcer la coordination entre les pouvoirs publics, le secteur privé et les partenaires au développement, tout en mobilisant des financements pour des projets viables.
Elle vise aussi à éviter la concentration des investissements dans la seule capitale, en favorisant l’émergence de pôles économiques et de nouvelles centralités dans les différentes provinces du pays.
« La transformation de Kinshasa et des villes de la République démocratique du Congo ne peut reposer uniquement sur la construction d’infrastructures. Elle doit s’appuyer sur une connaissance précise des populations, une vision territoriale à long terme et une programmation cohérente des investissements », a-t-il déclaré.
La santé et le bien-être au centre du développement urbain
Les échanges du panel ont réuni plusieurs intervenants issus des secteurs de la santé, de l’urbanisme, de la construction, de l’environnement et de l’agriculture, notamment la professeure d’université Anya Diekmann, l’ingénieur en construction et professionnel HSE John Chota, ainsi que des représentants des ministères de la Santé, de l’agriculture et de l’Environnement.
Ces différentes expertises ont permis d’inscrire les enjeux démographiques dans une réflexion plus large sur les conditions de vie des populations et la nécessité d’intégrer les dimensions sanitaires, environnementales et économiques à la planification des villes.
Le ministère du Plan entend ainsi renforcer la connaissance du territoire national et améliorer l’orientation des investissements publics et privés. L’objectif est de faire de la croissance démographique un levier de transformation, afin de bâtir des villes mieux organisées, plus productives, inclusives et résilientes.
Lydia Mangala


