Samedi 22 août, il est 14 heures au gymnase du stade Tata Raphaël. Les gradins se remplissent rapidement et, sur les trois tatamis, les premiers combats commencent. Pendant près de neuf heures, jusqu’à 23 heures, les jeunes judokas vont se succéder sans relâche. Projections, immobilisations, ippons, encouragements venus des tribunes et consignes des entraîneurs rythment cette longue journée. Pour la deuxième édition de Judo Vacances, la grande finale a pris des airs de marathon sportif et offert une véritable fête du judo à Kinshasa.
Organisée du 9 au 22 août, la compétition a rassemblé des jeunes issus de plusieurs clubs de la capitale dans les catégories pré-poussins, poussins, minimes, cadets et juniors. Individuellement et par équipes, ils sont venus chercher une médaille, mais aussi accumuler de l’expérience et se mesurer à une concurrence plus large. Les organisateurs évoquent une mobilisation de plus de 3 000 judokas sur l’ensemble de l’édition, confirmant l’engouement autour de cette initiative destinée à occuper les jeunes pendant les vacances et à contribuer à la détection des futurs talents du judo congolais.

Dès le début de l’après-midi, l’ambiance monte d’un cran dans le gymnase. Les gradins, déjà bien garnis, se remplissent progressivement au fil des combats. Sur les trois tatamis, les affiches s’enchaînent à un rythme soutenu. Certains jeunes combattants semblent impressionnés par l’enjeu, mais rarement intimidés par l’atmosphère. Chaque mouvement est scruté par les entraîneurs et les accompagnateurs, tandis que le public réagit au moindre ippon et à chaque projection réussie. Les annonces des arbitres se mêlent aux encouragements venus des tribunes, donnant à la salle une ambiance à la fois animée et bon enfant.
Chez les pré-poussins de moins de 25 kg, Esala Kowe du Judo Club Volcan, Wedia Bokoyemba du Judo Club Ceta et Prince Kazadi du Judo Club Mikaji avaient notamment obtenu leur qualification à l’issue des demi-finales. Chez les minimes, plusieurs finales ont également retenu l’attention, notamment dans les catégories -66 kg, -55 kg et -34 kg, où de jeunes représentants des clubs kinois ont tenté d’aller chercher le titre au terme de plusieurs jours de compétition.
Au fil des heures, la fatigue gagne les combattants, mais le rythme de la compétition ne faiblit pas véritablement. À 18 heures, puis à 20 heures, le public est toujours présent. Les entraîneurs continuent de préparer leurs judokas, les arbitres enchaînent les rencontres et les organisateurs maintiennent la programmation jusqu’aux dernières finales. Sur les tatamis, les jeunes apprennent aussi à gérer la pression d’une longue journée de compétition, à accepter une décision, à relever la tête après une défaite et à respecter leur adversaire une fois le combat terminé.
Cette dimension éducative constitue l’un des principaux objectifs de Judo Vacances. Sous l’impulsion de Maître Nico Liyanza, avec la supervision de Maître Papy Tétanos Kalala, l’événement entend offrir aux jeunes un cadre de pratique pendant les vacances scolaires, tout en permettant aux encadreurs d’identifier les profils susceptibles de progresser vers le haut niveau. Le tournoi cherche ainsi à associer compétition, formation et transmission des valeurs propres au judo.
La cérémonie de clôture est marquée par la présence du représentant du ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, de celui du ministre de la Communication et des Médias, ainsi que du colonel Charli Kasongo, figure du mouvement sportif congolais. Leur présence donne une dimension institutionnelle à une journée qui, pendant plusieurs heures, a surtout été portée par les jeunes combattants, leurs entraîneurs et un public venu nombreux.
Il est près de 23 heures lorsque les derniers combats prennent fin. Les tatamis commencent à se vider, les judokas rejoignent leurs proches et les médailles sont finalement remises aux meilleurs de cette deuxième édition. Certains repartent avec le sourire du vainqueur, d’autres avec la déception d’une finale perdue, mais tous auront vécu une expérience supplémentaire dans leur apprentissage du judo.
Après près de deux semaines de compétition et une dernière journée de neuf heures, Judo Vacances 2026 referme ainsi son deuxième chapitre. Le rendez-vous aura surtout montré qu’à Kinshasa, la relève ne manque ni d’envie ni de combattants. Sur les tatamis du stade Tata Raphaël, plusieurs milliers de jeunes ont pris rendez-vous avec la compétition. Pour certains, ce samedi 22 août restera peut-être comme l’une des premières étapes d’une carrière qui ne fait que commencer.
Josaphat Mayi


