La République démocratique du Congo s’apprête à franchir une nouvelle étape dans l’implication de sa jeunesse dans les questions de paix, de gouvernance et de leadership. Après avoir reçu plus de 580 candidatures en seulement deux semaines, le programme « Ambassadeurs 2250 » a retenu 50 jeunes leaders qui constitueront sa toute première cohorte.
Inspirée par la Résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui reconnaît le rôle central des jeunes dans la prévention des conflits, la consolidation de la paix et le développement durable, cette initiative ambitionne de faire émerger une génération capable de transformer les défis de la RDC en opportunités d’engagement citoyen.
Une sélection qui reflète la diversité de la jeunesse congolaise
Les 50 candidats retenus incarnent la pluralité des parcours et des réalités congolaises. Étudiants, entrepreneurs, professionnels, acteurs de la société civile, mais également jeunes ayant été victimes de conflits et de violences, ils partagent une conviction commune : celle que la paix ne peut être durable sans une jeunesse formée, responsabilisée et pleinement associée aux processus de décision.
Cette diversité constitue l’une des principales richesses du programme. Elle traduit la volonté de réunir des profils complémentaires afin de créer un réseau de jeunes leaders capables d’intervenir dans différents secteurs de la vie nationale, avec une compréhension commune des enjeux de gouvernance, de cohésion sociale et de développement.
Le choix d’intégrer des jeunes ayant directement vécu les conséquences des conflits revêt également une portée symbolique forte. Il traduit une approche qui privilégie la résilience, en donnant à ceux qui ont subi les violences les moyens de devenir des artisans de paix et des acteurs du changement au sein de leurs communautés.
Former des acteurs du changement plutôt que de simples bénéficiaires
Prévue du 26 au 29 août 2026 à Silikin Village, à Kinshasa, cette première édition ne se limite pas à une formation classique. Elle se veut un véritable laboratoire de leadership où les participants seront amenés à acquérir des compétences directement applicables sur le terrain.
Le programme prévoit notamment des modules consacrés au leadership transformationnel, aux techniques de plaidoyer, à la mobilisation des ressources, à la rédaction de policy briefs, ainsi qu’à l’influence institutionnelle.
L’objectif est clair : permettre à ces jeunes de concevoir des solutions, d’influencer les politiques publiques et de porter des initiatives concrètes en faveur de la paix, de la sécurité et de la bonne gouvernance.
À l’issue de la formation, les participants recevront une certification officielle, marquant leur intégration dans un réseau d’« Ambassadeurs 2250 » appelé à poursuivre son action bien au-delà des quelques jours de formation.
Donner un contenu concret à la Résolution 2250
Adoptée en décembre 2015 par le Conseil de sécurité des Nations unies, la Résolution 2250 marque un tournant dans la manière d’aborder les questions de paix et de sécurité. Pour la première fois, les jeunes y sont reconnus non plus uniquement comme des victimes ou des populations vulnérables, mais comme des partenaires essentiels dans la prévention des conflits, la médiation et la reconstruction des sociétés.
Dans un pays comme la RDC, où plus de 70 % de la population est âgée de moins de 30 ans et où plusieurs provinces demeurent confrontées à des crises sécuritaires, cette vision prend une dimension particulière.
Le défi consiste désormais à transformer le potentiel démographique du pays en une véritable force de proposition, capable de promouvoir le dialogue, la participation citoyenne et la cohésion nationale.
Investir dans la jeunesse pour construire une paix durable
Au-delà de la formation de cinquante jeunes, le programme Ambassadeurs 2250 porte une ambition plus large : créer un mouvement de leaders capables de diffuser les valeurs de responsabilité, d’engagement civique et de gouvernance participative dans leurs communautés.
Dans un contexte où les aspirations de la jeunesse congolaise se heurtent souvent au chômage, aux inégalités et aux conséquences persistantes des conflits, investir dans le développement du leadership apparaît comme un levier stratégique pour renforcer la stabilité du pays.
La première cohorte ouvre ainsi la voie à une dynamique qui pourrait, à terme, contribuer à renforcer la participation des jeunes dans les processus décisionnels et dans la construction d’une paix durable.
Avec 580 candidatures pour seulement 50 places, l’engouement suscité par cette initiative révèle également une réalité encourageante : la jeunesse congolaise ne manque ni d’idées ni de volonté. Elle attend surtout des espaces où son énergie, ses compétences et son engagement pourront être pleinement valorisés au service de l’intérêt général.
Joséphine Mawete


