À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, célébré ce mardi 30 juin 2026, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a adressé un message à la Nation, marqué par des appels à l’unité, à la souveraineté, à la paix, mais aussi par des prises de position fermes sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays, la réforme institutionnelle, la lutte contre Ebola et les ambitions de développement du Congo.
Dans son allocution, le Chef de l’État a rappelé que le 30 juin constitue bien plus qu’une commémoration historique.
« Le 30 juin n’est donc pas une simple date de notre calendrier républicain. Il est à la fois une mémoire, une promesse et une responsabilité », a-t-il déclaré.
Le Président a rendu hommage aux pères de l’indépendance, notamment Joseph Kasa-Vubu, Patrice Lumumba et tous les héros nationaux qui ont contribué à la conquête de la liberté et de la souveraineté du pays.
Un hommage aux victimes des conflits dans l’Est
Félix Tshisekedi a consacré une importante partie de son message à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, où plusieurs provinces continuent de faire face aux violences des groupes armés.
Le Chef de l’État a exprimé sa solidarité envers les populations du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri, du Tanganyika et du Maniema, touchées par les conflits, les déplacements forcés et les exactions.
« Vous n’êtes pas oubliés. Votre douleur est celle de toute la République et votre sécurité demeure une priorité absolue de mon action », a-t-il assuré.
Le Président a également rendu hommage aux Forces armées de la RDC, à la Police nationale congolaise et aux résistants Wazalendo engagés dans la défense du territoire national.
« Votre courage est le rempart de notre souveraineté et votre engagement restera inscrit dans la mémoire de la République », a-t-il affirmé.
Une paix juste et respectueuse de la souveraineté congolaise
Évoquant les processus diplomatiques engagés ces derniers mois, notamment les accords de Washington, les discussions de Doha et les engagements de Montreux, Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité d’une paix fondée sur la justice et le respect de l’intégrité territoriale du pays.
« La paix ne peut être ni une mise entre parenthèses de la vérité, ni une récompense accordée à ceux qui prennent les armes contre la République, encore moins un compromis sur notre souveraineté, notre justice ou notre intégrité territoriale », a-t-il déclaré.
Selon lui, la RDC demeure attachée au dialogue et aux solutions diplomatiques, mais refuse toute paix construite au détriment des intérêts fondamentaux du peuple congolais.
Le Congo, d’un pays en crise à un « pays-solution »
Le Chef de l’État a réaffirmé sa volonté de repositionner la RDC sur la scène internationale comme un acteur majeur de la transition énergétique mondiale, grâce à ses ressources stratégiques.
« La République démocratique du Congo n’est plus seulement perçue comme un territoire de crise, elle est désormais identifiée comme un pays-solution », a-t-il soutenu.
Il a notamment évoqué les partenariats stratégiques en cours avec les États-Unis et d’autres partenaires internationaux, tout en insistant sur la transformation locale des minerais critiques et la création d’emplois pour la jeunesse congolaise.
« Le temps où nos minerais étaient extraits chez nous, exportés à l’état brut, valorisés ailleurs, puis revendus au monde pendant que nos populations demeuraient dans la pauvreté appartient désormais au passé », a affirmé Félix Tshisekedi.
Ebola : appel à la vigilance nationale
Le Président a également abordé la résurgence de la maladie à virus Ebola, causée par la souche Bundibugyo, dans certaines zones de l’Ituri.
Il a exprimé sa compassion envers les familles touchées et rappelé que le Gouvernement avait déjà mobilisé les premiers financements d’un plan global de riposte estimé à 319 millions de dollars.
« Ebola n’est ni une rumeur ni une honte, c’est une urgence sanitaire qui exige responsabilité, solidarité et vérité », a insisté le Chef de l’État.
Il a invité la population à respecter les consignes sanitaires, à signaler rapidement les cas suspects et à éviter toute désinformation susceptible de compliquer la lutte contre l’épidémie.
Réformes institutionnelles : le respect de l’État de droit
Sur les débats politiques liés à la Constitution et à la loi référendaire récemment adoptée par le Parlement, Félix Tshisekedi a prôné la sérénité et le respect des institutions républicaines.
« La Constitution n’est ni un instrument de circonstance ni un objet de convenance », a-t-il déclaré.
Le Président a rappelé avoir transmis la loi référendaire à la Cour constitutionnelle pour examen de conformité avant toute éventuelle promulgation, conformément aux dispositions constitutionnelles.
Il a également insisté sur le fait que la violence ou les armes ne sauraient constituer des moyens d’expression politique.
« Le recours à la violence, aux armes, à la haine, à la désinformation ou à toute forme d’atteinte à notre souveraineté et à notre intégrité territoriale ne saurait constituer un mode d’expression politique », a-t-il martelé.
Les Léopards, symbole de l’unité nationale
Le Chef de l’État a par ailleurs salué l’exploit historique des Léopards, qualifiés pour la phase à élimination directe de la Coupe du monde 2026 après leur victoire 3-1 face à l’Ouzbékistan.
Pour lui, cette performance sportive dépasse le cadre du football et constitue une illustration concrète de l’unité nationale.
« Pendant plusieurs semaines, nos différences se sont effacées derrière un même drapeau. Le nord et le sud, l’est et l’ouest, les Congolais de l’intérieur comme ceux de la diaspora ont vibré d’un même cœur », a-t-il déclaré.
Le Président a encouragé l’équipe nationale avant son huitième de finale contre l’Angleterre, affirmant que toute la Nation continuait à croire en ses capacités.
L’ambition d’une souveraineté totale
En conclusion, Félix Tshisekedi a appelé les Congolais à transformer l’indépendance politique en une souveraineté pleinement effective, aussi bien sur les plans sécuritaire, économique, numérique que diplomatique.
« Notre devoir désormais est d’en faire une souveraineté pleinement vécue, concrète et irréversible », a-t-il affirmé.
Le Chef de l’État a invité chaque citoyen à contribuer, à son niveau, à la construction d’un Congo moderne, prospère et respecté.
« Le patriotisme n’est pas seulement un sentiment. Il est une conduite, une discipline, une manière de servir, de protéger, de respecter et d’élever la Nation », a conclu Félix Tshisekedi, avant de souhaiter une bonne fête de l’indépendance à l’ensemble des Congolais.
Lydia Mangala


