À l’approche du dialogue national en République démocratique du Congo, la question de la place des femmes dans ce processus s’impose parmi les enjeux portés par les organisations féminines. La plateforme La Voix des Femmes pour la Paix et la Sécurité en RDC (VFPS) a porté ce plaidoyer auprès de la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, lors d’une audience accordée lundi dans son cabinet de travail.
Conduite par sa secrétaire exécutive, Georgette Songo, la délégation a insisté sur la nécessité d’une implication effective des femmes à toutes les étapes du dialogue national. Pour la VFPS, cette participation ne devrait pas se limiter aux consultations, mais s’étendre également à la formulation des recommandations, aux décisions ainsi qu’au suivi de leur mise en œuvre.

« Les femmes doivent être impliquées dans tout le processus du dialogue », a déclaré Georgette Songo à l’issue de l’audience.
Elle a notamment insisté sur l’importance des consultations à la base. L’objectif, selon la plateforme, est de permettre aux préoccupations exprimées par les femmes dans les différentes provinces de parvenir jusqu’aux instances chargées du dialogue.
Cette démarche s’inscrit dans la logique de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité, notamment autour des quatre piliers de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies : prévention, protection, participation et relèvement. La VFPS affirme fédérer des organisations féminines issues des 26 provinces et des 145 territoires de la RDC.
Le plaidoyer a également porté sur la gouvernance des ressources naturelles stratégiques. La plateforme estime que la gestion et l’exploitation des ressources du pays doivent davantage prendre en compte les intérêts des populations locales, particulièrement des femmes et des jeunes filles exposées aux conséquences des conflits et des fragilités économiques.
Pour la VFPS, la question des ressources naturelles ne peut donc être dissociée de celle de la paix. Elle défend une gouvernance inclusive et un modèle de commerce équitable, tout en appelant à renforcer les mécanismes permettant aux populations de bénéficier davantage des richesses du pays.
La délégation a, par ailleurs, insisté sur le suivi des résolutions qui sortiront du dialogue national. Elle souhaite que les engagements pris à l’issue de ce processus fassent l’objet d’un mécanisme de suivi permettant d’éviter que certaines recommandations restent sans suite, comme cela a pu être observé dans de précédents processus politiques.
Cette rencontre entre la VFPS et la ministre du Genre intervient dans un contexte où la participation des femmes aux processus de paix et de décision fait l’objet de plusieurs plaidoyers en RDC. La ministre Micheline Ombae avait déjà défendu, lors du Forum national des femmes pour une paix durable et inclusive organisé en août, une participation effective des femmes aux mécanismes de paix et de décision.
La VFPS entend ainsi maintenir la question de la représentation et de la participation des femmes parmi les priorités du futur dialogue national, avec une ambition : faire passer leur présence de la simple consultation à une implication dans les décisions et leur mise en œuvre.
Lydia Mangala


