Avocate inscrite au barreau et assistante principale du directeur général de l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat congolais (ANADEC), Noëlla Ngalula Ngandu a partagé son parcours professionnel et ses expériences avec les participantes au Forum national de la jeune fille, organisé du 29 au 30 octobre 2026 au gymnase de la Police nationale congolaise, à Kinshasa.
Lors d’un panel consacré au leadership, elle a encouragé les jeunes filles à développer leurs compétences, à faire preuve de courage et à ne pas laisser les obstacles freiner leurs ambitions.
Organisé par le Conseil national de la jeunesse de la RDC (CNJ-RDC), en partenariat avec le ministère de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique et ONU Femmes, ce forum s’est tenu autour du thème « La jeune fille congolaise, socle de la paix et de la cohésion sociale, investir dans son leadership, c’est sécuriser l’avenir de la RDC ».
Modérée par Ronaldo Muyumbu Matata, conseiller en matière d’emploi et d’entrepreneuriat au sein du CNJ, l’intervention de Noëlla Ngalula a notamment été marquée par un retour sur les choix et les défis qui ont jalonné son parcours.
Le courage et les compétences pour dépasser les obstacles
Revenant sur ses années à la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa, elle a expliqué avoir très tôt fait le choix d’une orientation qui lui permettrait de construire son indépendance professionnelle. Son ambition était de ne pas dépendre uniquement d’un éventuel recrutement, mais de pouvoir également créer ses propres opportunités.
Son parcours universitaire a été marqué par la rigueur et la détermination. Au sein d’une promotion de plusieurs centaines d’étudiants, elle affirme avoir figuré parmi les meilleurs, sans reprendre une année durant ses cinq années d’études.
Après l’université, elle a commencé à acquérir de l’expérience dans les organisations de la société civile, notamment dans le suivi des questions d’éducation civique et électorale. Elle a ensuite intégré le barreau en 2016, avant de poursuivre son évolution professionnelle. Un chemin qui, selon elle, exigeait de ne pas rester dans l’attente des opportunités, mais de démontrer concrètement ses capacités.
Évoquant les difficultés rencontrées, notamment ses responsabilités de jeune mère, elle a insisté sur la nécessité de poursuivre ses objectifs malgré les épreuves.
« Être une femme, une fille, une mère ne peut pas tuer vos rêves. Vous devez vous relever, relever la tête et continuer le chemin », a-t-elle conseillé aux participantes.
Pour elle, le courage constitue le point de départ de toute réalisation.
« Sans le courage, on ne peut rien faire. On peut avoir tout, mais si on n’a pas le courage, si on n’a pas la volonté, le pouvoir, c’est rien », a-t-elle souligné.
Ne pas attendre les opportunités, mais construire sa propre valeur
Abordant la question du leadership et de la confiance professionnelle, Noëlla Ngalula a expliqué que sa progression reposait avant tout sur la qualité de son travail. Elle a encouragé les jeunes filles à se distinguer par leurs compétences plutôt que de compter sur des faveurs ou des relations personnelles pour accéder aux responsabilités.
« Moi, je me démarque toujours par ce que je fais. Et c’est par ce que je fais que j’ai mérité la confiance des uns et des autres », a-t-elle affirmé.
Face aux situations où le mérite n’est pas toujours récompensé, notamment dans certaines organisations, elle a invité les participantes à ne pas céder au découragement. Elle estime que chaque expérience peut constituer une occasion d’apprentissage et contribuer à préparer de nouvelles responsabilités.
Elle a également insisté sur l’importance de commencer quelque part, même avec un emploi modeste, plutôt que d’attendre le poste idéal. À ses yeux, les premières expériences professionnelles permettent d’acquérir des compétences, de développer son réseau et de constituer progressivement des ressources pour concrétiser ses projets.
Dans cette démarche, elle a particulièrement recommandé aux jeunes filles de cultiver l’épargne et de faire des choix financiers responsables, afin de soutenir leurs ambitions sur le long terme.
L’entrepreneuriat commence par la maîtrise de son projet
En sa qualité d’assistante principale à l’ANADEC, Noëlla Ngalula a également partagé sa conception de l’entrepreneuriat. Pour elle, entreprendre ne consiste pas uniquement à avoir une idée ou à rechercher un financement. Il faut d’abord maîtriser le domaine dans lequel on souhaite intervenir, identifier le problème à résoudre et être capable de matérialiser son projet avec les moyens disponibles.
« Le premier financement du projet, c’est d’abord ta propre caisse, tes propres économies », a-t-elle expliqué.
Elle a invité les jeunes entrepreneurs à commencer par mobiliser leurs propres ressources avant de rechercher des financements extérieurs destinés à développer leurs activités.
Elle a ainsi appelé les participantes à passer de l’intention à l’action, en élaborant des projets concrets et en valorisant les compétences dont elles disposent déjà.
Enfin, abordant la paix et la sécurité, elle a rappelé que leur préservation relève d’une responsabilité partagée entre les institutions, les familles et les citoyens. Elle a notamment souligné le rôle de la famille dans l’éducation et la protection de la jeune fille, estimant que sa sécurité constitue une condition essentielle pour préparer l’avenir du pays.
Noëlla Ngalula a défendu une vision du leadership fondée sur le travail, la responsabilité, la persévérance et la construction progressive de son autonomie.
Lydia Mangala


