Les personnes vivant avec handicap entendent faire entendre leur voix dans le débat sur la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo. Une délégation de leurs représentants, conduite par la ministre déléguée chargée des Personnes vivant avec handicap, Irène Esambo Diata, a été reçue jeudi 25 juin par André Mbata au siège de l’Union sacrée de la Nation.
À cette occasion, les représentants des personnes vivant avec handicap ont déposé un mémorandum contenant plusieurs propositions visant à rendre la future Constitution plus conforme aux standards internationaux en matière d’inclusion et de protection des droits des personnes handicapées.
Les auteurs du document estiment que la Constitution actuelle ne reflète pas pleinement les principes consacrés par la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée par la RDC en 2015.
S’ils reconnaissent les avancées réalisées ces dernières années, notamment la création d’un ministère spécifiquement dédié et l’adoption de plusieurs mesures en faveur de leur inclusion, ils considèrent que ces efforts demeurent limités par un cadre constitutionnel qu’ils jugent insuffisamment adapté à leurs réalités.
Parmi les principales propositions formulées figure la reconnaissance officielle de la langue des signes comme langue nationale, au même titre que les autres langues reconnues dans le pays.
Les représentants plaident également pour une promotion accrue du braille et une meilleure prise en compte des besoins spécifiques des personnes vivant avec handicap dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques.
Le mémorandum recommande en outre l’instauration de quotas de représentativité dans les institutions publiques et privées afin de garantir une participation effective des personnes handicapées aux instances de décision, conformément aux standards internationaux.
Les signataires du document dénoncent particulièrement l’article 49 de la Constitution, qui regroupe les personnes vivant avec handicap avec les personnes du troisième âge et les retraités.
Selon eux, cette assimilation ne correspond ni aux réalités vécues par les personnes concernées ni aux principes consacrés par la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées.
Ils demandent ainsi une harmonisation des concepts juridiques afin que les personnes vivant avec handicap soient reconnues comme une catégorie spécifique nécessitant des mécanismes particuliers de protection et de promotion.
Le mémorandum aborde également la question de l’accès à l’éducation. Les représentants des personnes vivant avec handicap estiment que la gratuité de l’enseignement, limitée aujourd’hui au cycle de base, ne répond pas suffisamment aux exigences de l’éducation spécialisée.
Ils plaident pour des mesures adaptées permettant aux enfants vivant avec handicap de poursuivre leur parcours scolaire dans des conditions favorisant réellement l’égalité des chances.
Pour les initiateurs de cette démarche, l’adoption d’une Constitution plus inclusive constitue une condition essentielle pour garantir la pleine participation des personnes vivant avec handicap à la vie politique, économique et sociale du pays.
Par ce mémorandum, ils espèrent voir leurs préoccupations intégrées dans les réflexions en cours sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


