Les rideaux sont tombés sur la cinquième édition du Festival international Ewaggelion. Organisé ce dimanche 21 juin au Gymnase du Stade des Martyrs, à l’occasion de la Fête de la musique, l’événement a une nouvelle fois réuni artistes, croyants, amoureux de la culture et passionnés des arts pour promouvoir les valeurs chrétiennes à travers l’expression artistique.
Porté depuis 2022 par le label Futur’Ark, Ewaggelion, dont le nom est tiré du grec Euaggelion signifiant « Bonne Nouvelle », s’est imposé au fil des années comme un rendez-vous culturel et spirituel majeur en République démocratique du Congo. Plus qu’un simple festival de musique gospel, il se veut un véritable carrefour des arts au service de l’Évangile, de la culture et de la transformation sociale.
Cette cinquième édition, placée sous le thème « Together for Peace » (Ensemble pour la paix), a confirmé cette ambition en offrant une programmation mêlant musique, poésie, humour, danse, arts visuels et performances scéniques.
Une ouverture placée sous le signe de la prière et de l’adoration

Animée par Ruth Ngwanza et Dany Mulumba Tshiamalenge, la cérémonie a débuté par l’exécution de l’hymne national, suivie d’une prière d’ouverture conduite par le coordonnateur de la section Gombe Jean-Paul Mbelolo.
Le Chœur La Grâce a ensuite lancé les festivités avec une prestation d’adoration saluée par le public. Sur la scène du Gymnase se sont ensuite succédés plusieurs artistes de la musique chrétienne, parmi lesquels Erady Mvemba, Christopher Bakomba, Divine Bwanzala, Ivene ainsi que Précieux Yaleka, qui a profité de son passage pour annoncer son prochain concert prévu le 5 juillet au terrain New Malebo, à Kintambo Magasin.
Quand le slam et la poésie portent le message de paix
Venue de l’Est du pays, Patricia Kamoso a marqué les esprits avec une prestation de slam engagée autour des questions de paix et de cohésion sociale.

Autre moment fort, l’intervention de Florence Meta, poétesse nationale, écrivaine, modéliste et événementielle, qui a livré un texte puissant consacré au vivre-ensemble, à la fraternité et à l’espoir d’une société réconciliée.

Elle a invité le public à dépasser les divisions et à construire des ponts entre les communautés, faisant écho au thème central du festival.
Une scène ouverte aux talents venus du Congo et d’ailleurs
L’événement a également accueilli Esperanza Milongo, lauréate de Découvr’Elles 2026, dont le style mêlant sonorités modernes de l’Amapiano et langues nationales a séduit l’assistance.

Le public a également découvert les prestations du groupe Les Étoiles de la Musique, de l’humoriste Irène Ziyiruka, venue de Bukavu, ainsi que de l’artiste camerounais Jam Afane René, confirmant l’ouverture internationale du festival.
L’une des absences remarquées de cette édition reste celle de Sœur Choisie Basolwa, invitée spéciale du festival, qui n’a malheureusement pas pu répondre présente pour des raisons de santé.
Herman Amisi, l’une des attractions de la soirée
Très attendu par le public, l’humoriste Herman Amisi, communément appelé « Daddy », a assuré la grande prestation humoristique de cette cinquième édition.
À l’issue de son spectacle, un moment symbolique a retenu l’attention des participants. Le mannequin Ruth est montée sur scène vêtue d’une robe confectionnée par Gassianne Longila, étudiante en modélisme à l’Institut Supérieur des Arts et Métiers (ISAM).
Cette création, conçue spécialement pour l’occasion aux couleurs du drapeau, symbolisait la paix et l’unité. Devant le public, elle a remis à Herman Amisi le drapeau de la paix d’Ewaggelion, dans un geste illustrant le message porté par le festival.
Trois jours d’atelier artistique restitués sur scène
La clôture artistique a été assurée par l’artiste musicien The Will Palaki ainsi que le groupe Tshilongelu, qui a proposé une performance originale associant musique et démonstrations de karaté.
Cette séquence constituait la restitution d’un atelier organisé pendant trois jours dans le cadre du festival, réunissant plusieurs jeunes artistes autour de la création et de la formation.
Expositions, accompagnement logistique et dispositif sanitaire

En dehors des spectacles, Ewaggelion 2026 a également mis l’accent sur l’accompagnement du public et la valorisation des autres formes d’expression artistique.
Des stands d’exposition ont permis aux artistes visuels de présenter leurs œuvres, leurs produits et d’échanger avec les visiteurs.
Un dispositif médical assuré par une équipe du clinique Universitaire de l’UNIKIN était également présent pour répondre à toute urgence sanitaire.
Les organisateurs avaient par ailleurs mobilisé des véhicules pour faciliter le transport des participants depuis les points d’entrée jusqu’au site du spectacle, une initiative saluée par de nombreux festivaliers.
« L’une de nos meilleures éditions », selon Futur’Ark

Au terme de la manifestation, Voltaire Mampinda, manager du label Futur’Ark, a exprimé sa satisfaction quant au déroulement de cette cinquième édition.
Il a reconnu certains défis logistiques liés notamment à l’organisation des passages des artistes et à la gestion du public, tout en estimant que les objectifs fixés avaient été atteints.

Pour lui, cette édition représente l’aboutissement des enseignements tirés des années précédentes.
« Nous avons appris de nos expériences passées, de nos faiblesses et de nos défis. Aujourd’hui, nous avons capitalisé sur ces acquis et je pense que cette édition figure parmi les meilleures que nous ayons organisées », a-t-il déclaré au micro de Zola News.

Le responsable a également confirmé la tenue d’une sixième édition l’année prochaine, promettant de nouvelles innovations, davantage de surprises et une programmation encore plus ambitieuse.
Un festival qui grandit d’année en année
Avec cette cinquième édition, Ewaggelion confirme sa place parmi les grands rendez-vous culturels et spirituels du pays.
En réunissant musique, humour, poésie, danse, arts visuels et témoignages de foi autour du thème de la paix, le festival démontre qu’il est possible de faire de l’art un puissant outil d’évangélisation, de dialogue et de cohésion sociale.
À Kinshasa, en cette Journée dédiée à la Fête de la musique, la « Bonne Nouvelle » portée par Ewaggelion a une nouvelle fois trouvé son écho à travers les voix, les talents et les convictions de toute une génération d’artistes engagés.
Lydia Mangala


