Dans son adresse à la Nation consacrée au lancement du processus du dialogue national pour la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État, le président Félix Tshisekedi a annoncé une série de mesures destinées à instaurer un climat politique plus serein. Le chef de l’État veut créer les conditions de confiance nécessaires à la tenue de ce dialogue, tout en insistant sur le respect de la Constitution, de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la justice.
Pour le président de la République, la réussite du dialogue national ne dépendra pas uniquement de son organisation ou de son caractère inclusif. Elle nécessitera également un environnement politique apaisé, permettant aux différents acteurs de participer aux discussions sans haine, violence ni intimidation.
« Un dialogue sincère exige un climat politique serein », a déclaré Félix Tshisekedi, avant d’annoncer les dispositions envisagées pour favoriser cette décrispation.
Le chef de l’État a ainsi indiqué qu’il donnera instruction au gouvernement d’engager, en concertation avec les institutions compétentes, la préparation et la mise en œuvre de « mesures de confiance et de décrispation politique ».
Ces mesures devront toutefois s’inscrire dans le cadre légal. Félix Tshisekedi a notamment insisté sur la nécessité de préserver « l’indépendance de la justice », de garantir « les droits des victimes » et de prendre en compte « les impératifs de sécurité nationale ».
Dans son intervention, le chef de l’État a également appelé les différents acteurs à revoir leur manière de mener le débat politique. Il souhaite que les divergences puissent continuer à s’exprimer, mais dans un cadre débarrassé de la violence verbale et des discours susceptibles d’attiser les tensions.
« Chacun pourra défendre ses convictions sans haine, intolérance ni violence », a-t-il affirmé.
Félix Tshisekedi a également lancé un appel direct aux responsables politiques, sociaux, religieux et communautaires afin qu’ils contribuent à l’apaisement du climat national. Il leur demande notamment de renoncer aux discours de haine et aux appels à la violence.
« J’invite enfin chaque acteur politique, social, religieux ou communautaire à accomplir le geste d’apaisement que la nation attend de lui, laisser le ton, renoncer au discours de haine, proscrire tout appel à la violence, préférer l’argument à l’invective et placer en toutes circonstances l’intérêt supérieur de la République au-dessus des intérêts partisans », a-t-il déclaré.
Cette volonté de décrispation a pour objectif de permettre aux différentes composantes de la société congolaise de prendre part au processus du dialogue national dans un climat de confiance.
Dans le même esprit, le président de la République a affirmé qu’il veillera personnellement à réunir les conditions nécessaires au retour et à la participation de certains Congolais qui se sont retrouvés en marge de la vie nationale à la suite des crises politiques et sécuritaires.
« Je veillerai personnellement à ce que soient réunies, dans le strict respect des lois de la République et des exigences de la paix civile, les conditions de sécurité et de confiance nécessaires au retour et à la participation de ceux de nos compatriotes que les épreuves de notre histoire récente ont conduit, pour diverses raisons, à se tenir en marge de l’unité nationale », a-t-il annoncé.
Le président a parallèlement adressé un message à ceux qui, selon lui, se sont engagés dans des voies contraires à « l’idée nationale » mais souhaiteraient désormais revenir dans le giron républicain.
« Le moment est venu de renouer avec la République et de reprendre pleinement leur place au sein de leur communauté nationale », a-t-il lancé.
Cette main tendue reste néanmoins encadrée par les principes énoncés précédemment dans son discours, notamment le refus de transformer la violence armée en moyen d’obtenir une légitimité politique.
Pour Félix Tshisekedi, la décrispation politique doit surtout permettre de replacer l’intérêt national au centre du débat. Il estime que le pays ne peut engager une nouvelle étape de son histoire en restant prisonnier des rivalités partisanes et des fractures entretenues.
« L’heure n’est plus aux postures stériles. L’heure n’est plus aux querelles de préséance ni aux fractures entretenues au détriment du peuple. L’heure est au sursaut, à l’unité et à l’action », a-t-il martelé.
Le chef de l’État a ainsi présenté le dialogue national comme une opportunité de dépasser les intérêts individuels et les calculs politiques pour travailler à une République davantage unie et à un État plus solide.
Il a par ailleurs prévenu les responsables politiques que ces assises ne devront pas devenir un espace de repositionnement ou de règlements de comptes.
« Le dialogue ne devra être ni un marché politique, ni un instrument de repositionnement personnel, ni une tribune de règlement de compte. Il devra servir exclusivement la paix, l’unité nationale et l’intérêt supérieur de la République », a-t-il insisté.
Félix Tshisekedi entend donc installer progressivement les conditions politiques devant accompagner le processus du dialogue national. Une démarche qui devra concilier ouverture et respect du cadre institutionnel, tout en donnant aux différents acteurs l’espace nécessaire pour exprimer leurs positions dans un climat apaisé.
Lydia Mangala


