Deborah Tshimpaka Mulanga, connue sous le nom de Rebo Tchulo, est poursuivie pour incitation présumée de militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline militaire. Treize militaires, dont quatre en fuite, sont également poursuivis pour des faits graves liés à cette affaire.
L’accusation retenue contre la chanteuse porte sur l’incitation présumée de soldats à accomplir des actes contraires à la loi et à la discipline militaire. C’est sur ce fondement que s’est ouverte la procédure devant le tribunal militaire, et ce point central sera au cœur de l’audience prévue ce jeudi au tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema.
Aux côtés de l’artiste, treize militaires sont mis en cause. Quatre d’entre eux sont recherchés par les autorités et seront jugés par défaut s’ils ne sont pas retrouvés. Les chefs d’accusation retenus contre les militaires incluent notamment des faits de torture, d’extorsion, de concussion et de violation des consignes militaires, liés en particulier à la prise en charge du plaignant Kasaï Sadisa.
Lors des audiences précédentes, la partie civile a livré un témoignage clé. Monsieur Platini Sadisa a déclaré avoir été contraint d’admettre le vol d’un téléphone après avoir subi des violences. Il affirme que, sous la contrainte, il aurait reconnu avoir caché un sac alors qu’il n’en savait rien. Selon sa déposition, les forces présentes auraient même fouillé des poubelles lors des recherches.
La victime raconte en outre avoir été déplacée puis interrogée à nouveau, avant qu’un officier ne prenne contact avec Madame Rebo en mains libres. Toujours selon cette version, la conversation aurait abouti au refus de la chanteuse de s’impliquer davantage et à une injonction consistant à payer des amendes. Ces éléments figurent au dossier et seront examinés par les juges lors de la reprise du procès.
Le 11 juin, la partie civile avait demandé et obtenu la convocation en garantie de la République démocratique du Congo, invoquant la présence d’hommes en uniforme dans cette affaire. Le tribunal avait accédé à cette requête et renvoyé l’instruction au jeudi 25 juin afin de permettre la poursuite des débats et l’audition d’éventuels témoins complémentaires.
Ce jeudi, les magistrats devront notamment statuer sur la recevabilité des preuves et sur la suite à donner aux demandes de la défense et de l’accusation. La présence de prévenus en fuite et la gravité des charges retenues rendent l’audience particulièrement suivie par l’opinion publique et les acteurs institutionnels.
La cour pourrait ordonner des expertises, entendre de nouveaux témoins ou prendre des mesures conservatoires. Les conclusions de cette phase de l’instruction détermineront si le dossier sera renvoyé au fond ou si des investigations complémentaires sont nécessaires.
Joëlle Luniongo


