La défense des intérêts de la République démocratique du Congo sur la scène internationale passe désormais par une coordination renforcée entre la Justice et les Affaires étrangères. C’est dans cette perspective que les ministres d’État Guillaume Ngefa Atondoko Andali et Thérèse Kayikwamba Wagner ont tenu, lundi 24 août à Kinshasa, une séance de travail consacrée aux dossiers relevant de leurs compétences communes.
Entourés de leurs collaborateurs et des services techniques de leurs ministères respectifs, les deux membres du Gouvernement ont notamment échangé sur le suivi des contentieux impliquant la RDC à l’étranger, la coopération judiciaire internationale ainsi que la protection des biens des missions diplomatiques congolaises et étrangères établies en RDC.
La rencontre intervient dans un contexte où la RDC est engagée dans plusieurs démarches devant des juridictions et instances internationales. Pour les deux ministres, une meilleure articulation entre l’expertise juridique de la Justice et l’action diplomatique des Affaires étrangères apparaît essentielle pour assurer un suivi efficace de ces dossiers.
« Nous avons eu aujourd’hui une réunion très fructueuse sur les échanges au niveau de nos deux ministères », a déclaré Thérèse Kayikwamba Wagner, qui a salué « l’excellent travail » déjà réalisé conjointement entre les deux administrations.

La cheffe de la diplomatie congolaise a également souligné que son ministère est appelé à accompagner certaines démarches relevant de la Justice, notamment celles liées aux candidatures congolaises à des fonctions judiciaires au sein des instances internationales.
De son côté, le ministère de la Justice apporte son expertise juridique sur les questions concernant les missions diplomatiques présentes en RDC, notamment en matière de protection de leurs biens.
Pour Guillaume Ngefa, cette collaboration revêt une importance particulière dans le contexte actuel, marqué par plusieurs procédures engagées par la RDC devant des juridictions internationales.

« Aujourd’hui, nous avons des requêtes devant les instances internationales, notamment à La Haye », a relevé le Garde des Sceaux, insistant sur la nécessité d’une collaboration étroite avec les représentations diplomatiques congolaises chargées du suivi de ces procédures.
Le ministère de la Justice, en sa qualité de conseiller juridique du Gouvernement, intervient également dans les questions relatives aux biens des missions diplomatiques et des organisations internationales. Guillaume Ngefa a notamment évoqué la nécessité de garantir leur protection conformément aux dispositions de la Convention de Vienne, alors que des cas de spoliation sont régulièrement signalés.
Les échanges ont également porté sur la coopération judiciaire internationale, notamment la négociation et la mise en œuvre des accords entre États, ainsi que le traitement des commissions rogatoires et des demandes d’entraide judiciaire.
Sur ce point, Guillaume Ngefa a rappelé le rôle central des Affaires étrangères dans la transmission de ces procédures.
« Toutes les requêtes des commissions rogatoires passent d’abord par le ministère des Affaires étrangères », a-t-il expliqué, soulignant ainsi l’importance d’une coordination permanente entre les deux départements.
Cette complémentarité doit permettre à la RDC de mieux répondre à ses obligations internationales, tout en assurant un traitement plus efficace des procédures judiciaires impliquant plusieurs États.
À l’issue de la séance de travail, les deux parties ont convenu de renforcer les échanges entre leurs cabinets et leurs services techniques. Des concertations périodiques devraient également être maintenues afin d’assurer un meilleur suivi des dossiers présentant un intérêt commun.
Pour Guillaume Ngefa, cette collaboration doit désormais s’inscrire dans la durée.
« Il est important que les deux ministères, au niveau de leurs directeurs de cabinet et au niveau technique, puissent travailler ensemble », a-t-il déclaré.
La Justice et les Affaires étrangères entendent ainsi renforcer la cohérence de l’action de l’État, particulièrement dans les dossiers à dimension internationale. L’objectif est de permettre à la RDC de mieux défendre ses intérêts juridiques et diplomatiques, aussi bien sur son territoire qu’au-delà de ses frontières.
Lydia Mangala


