À l’occasion de ses cinq années d’existence, la Fondation Grâce à ma Mère (GRAME) a placé, samedi 3 octobre 2026, la transmission et l’autonomisation des jeunes filles au cœur d’un panel spécial réunissant plusieurs femmes et les jeunes filles de l’école Source de vie autour de l’entrepreneuriat, du leadership, des droits des femmes et du réseautage.
L’objectif était de partager des expériences, d’aider une nouvelle génération à mieux se connaître, à saisir les opportunités et à développer les capacités nécessaires pour devenir les leaders de demain.

Cinq ans après sa création, la Fondation Grâce à ma Mère regarde ainsi vers l’avenir. Pour marquer cet anniversaire, elle a organisé une rencontre placée sous le signe de l’échange et de l’autonomisation.
Initiée par sa fondatrice, Mme Julie Nsuele, l’activité a donné la parole à plusieurs femmes, parmi lesquelles Fanny Sangwa, Sandra Nyangi, Mme Adele, Maître Varlette Mampasi, Ruth Ngwanza et Mme Marie.
Face à elles, des jeunes filles de l’école Source de vie, venues écouter, échanger et s’inspirer de parcours parfois marqués par le doute, les obstacles et la persévérance.
Le rendez-vous a surtout servi de cadre à une transmission d’expériences. La Fondation a rappelé sa mission d’accompagner les femmes et les jeunes filles vers l’autonomie, en les aidant à transformer leurs activités de survie en véritables sources de revenus et de croissance.
Former pour devenir autonome
Pour Julie Nsuele, la création de la Fondation répond à une réalité bien connue. Dans les milieux défavorisés, de nombreuses femmes assument une grande partie des charges familiales grâce à de petites activités économiques. Mais, faute de formation et d’accompagnement, ces activités évoluent difficilement.
La Fondation a donc choisi d’agir sur deux fronts notamment la formation professionnelle et l’appui matériel.

« Devenir autonome, c’est être en mesure de se prendre en charge et d’être également capable de prendre en charge sa famille », a expliqué la fondatrice.
La formation constitue une première étape. Elle est ensuite complétée, pour certaines bénéficiaires, par la remise de kits métiers. Ces équipements leur permettent de mettre rapidement en pratique les compétences acquises.
Les chiffres communiqués lors de la rencontre témoignent de l’ampleur du travail réalisé : plus de 2 000 femmes ont été formées et plus de 1 200 ont reçu des kits métiers.
Pour la Fondation, l’impact dépasse la bénéficiaire elle-même. Une femme autonome peut soutenir sa famille, créer des emplois et contribuer au développement de sa communauté.
Donner aux jeunes filles les moyens de voir plus loin
Le choix de placer les jeunes filles au centre de cette célébration n’était pas fortuit. Pour les organisateurs, il est essentiel de transmettre tôt les connaissances, les valeurs et les modèles qui permettent de construire un avenir solide.
Pour ouvrir ce panel, Mme Fanny Sangwa, entrepreneure et membre de la Fondation GRAME, a été la première intervenante.

Les échanges ont porté sur plusieurs thèmes, notamment l’entrepreneuriat féminin, le leadership, l’entrepreneuriat social, les droits des femmes et le développement personnel.
Fanny Sangwa a invité les participantes à identifier leurs talents et à élargir leurs ambitions. Elle les a également encouragées à ne pas réduire l’entrepreneuriat à la seule recherche du profit.
Une activité peut aussi servir à transmettre des compétences, à créer des opportunités et à aider d’autres personnes à devenir autonomes.
« Le bénéfice sera aussi humain », a souligné une intervenante, appelant les jeunes filles à réfléchir à ce qu’elles peuvent apporter à leur entourage.
Sandra Nyangi : construire son parcours pas à pas
Le témoignage de la journaliste et présentatrice de la télévision nationale, Sandra Nyangi, a particulièrement retenu l’attention.
Son parcours n’a pas commencé par le journalisme. Très jeune, elle se destinait au droit. C’est son père qui l’a encouragée à explorer une autre voie. Elle a ensuite intégré l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication (IFASIC).
Son parcours l’a finalement conduite à la RTNC, où elle a notamment commencé par des reportages de proximité.
Elle a évoqué les difficultés rencontrées à ses débuts, mais aussi les expériences qui lui ont permis de mieux découvrir ses capacités, notamment dans l’écriture journalistique.
Son histoire illustre une idée simple : il faut parfois accepter de commencer modestement pour trouver sa voie.
Aux jeunes filles, elle a conseillé de rester ouvertes aux opportunités, de développer leurs compétences et de ne pas se laisser enfermer par les premières orientations reçues.
Connaître ses droits pour mieux se défendre
Présente à ces échanges comme intervenante, Maître Varlette Mampasi est également revenue sur l’importance de la connaissance des droits des femmes.
Elle a appelé les jeunes filles à s’informer et à développer une véritable culture juridique. Connaître ses droits permet de mieux comprendre les situations d’abus et de savoir vers qui se tourner.
La lecture et la recherche ont été présentées comme des outils essentiels. Les échanges ont également porté sur les différentes formes de harcèlement auxquelles les femmes et les jeunes filles peuvent être confrontées à l’école, à l’université ou au travail.
Les participantes ont été invitées à utiliser les réseaux sociaux autrement. Au-delà du divertissement, l’ère numérique peut aussi servir à apprendre, à s’informer et à mieux comprendre les mécanismes de protection disponibles.
Le réseau, un levier de réussite
Autre message fort du panel : la réussite ne se construit pas toujours seule.
Ruth Ngwanza figurait également parmi les intervenantes de ce panel spécial.
Les femmes ambitieuses doivent apprendre à travailler en synergie, à rechercher des mentors et à entretenir des relations professionnelles saines. Une intervenante a expliqué que certaines rencontres faites lors d’activités ou d’événements avaient contribué à faire avancer ses projets.
Chaque sortie peut donc devenir une occasion. Une rencontre peut déboucher sur un conseil, une orientation ou un contact utile.

« Saisissez les opportunités », a-t-elle lancé aux participantes.
Elle les a également invitées à se préparer avant chaque rencontre et à savoir présenter clairement leurs compétences et leurs projets.
Devenir soi-même un modèle
Ruth Ngwanza a enfin insisté sur l’importance des modèles féminins.
Les jeunes filles ont été encouragées à observer les parcours des femmes qui les inspirent, à identifier leurs qualités et à s’en inspirer. Mais le message ne s’arrête pas là.
Ne pouvant pas retenir sa joie envers la fondation GRAME, Mme Marie, numéro un de l’école source de vie, a profondément remercié madame Julie Nsuele son implication dans l’autonomisation des femmes . Elle en suite prononcé des paroles de bénédiction à cette dernière.
Il ne suffit pas de vouloir devenir une femme leader. Il faut aussi chercher à devenir un modèle pour les autres.
Cette vision rejoint celle de la Fondation Grâce à ma Mère. L’organisation veut créer une chaîne de transmission : les femmes accompagnées doivent pouvoir, à leur tour, partager leurs connaissances et soutenir d’autres femmes.
Cinq ans d’existence, une vision pour la suite

La célébration des cinq ans n’a donc pas été un simple anniversaire. Elle a ouvert un espace de dialogue entre générations.
Pour Julie Nsuele, l’autonomisation ne dépend pas uniquement des moyens financiers. Elle repose aussi sur la volonté d’agir et sur la capacité à commencer avec les ressources disponibles.
Le message du panel s’est résumé en quelques principes : se connaître, se former, connaître ses droits, développer ses compétences, saisir les opportunités et penser à celles qui viennent après soi.
Cinq ans après sa création, la Fondation Grâce à ma Mère entend poursuivre son engagement. Son ambition reste la même : faire de l’autonomisation des femmes un levier de transformation des familles et de la société.
Les échanges se sont clôturés par une photo de famille réunissant les intervenantes, les participantes et les membres de la Fondation.
Ben Mandjolo


