45 projets électriques représentant environ 2,3 milliards de dollars d’investissements et une capacité potentielle de 2,6 gigawatts (GW) figurent parmi les dossiers examinés par l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE). Sa directrice générale, Soraya Aziz Moto, a présenté ces avancées et les perspectives d’électrification de la RDC lors du sixième panel de la 12ᵉ édition d’ExpoBéton RDC, vendredi 9 octobre 2026, consacré à la transition énergétique et à l’autonomie en eau et en électricité des métropoles.
Modéré par Guy Christian Moju, ce panel a permis d’aborder les défis de l’approvisionnement électrique, le financement des infrastructures, la diversification des sources d’énergie et la protection des consommateurs.
Pour Soraya Aziz Moto, l’urgence énergétique du pays représente aussi une opportunité d’investissement, à condition de renforcer la planification et de faciliter la réalisation des projets.
2,6 GW de capacité potentielle pour renforcer l’offre électrique
Présentant le bilan des dossiers examinés par l’ARE en 100 jours, Soraya Aziz Moto a indiqué que 45 projets, représentant environ 2,3 milliards de dollars de plans d’affaires, ont reçu un avis favorable pour une capacité de production estimée à 2,6 GW.
Cette capacité additionnelle serait significative au regard des 4,4 à 4,6 GW de capacité installée qu’elle estime disponibles en RDC, en tenant compte de la SNEL et des opérateurs privés. Leur réalisation dépend toutefois de la mise en œuvre effective des projets.
« Si tous les projets que nous avons analysés arrivaient à être construits, ça serait une capacité additionnelle de 2,6 gigawatts », a-t-elle expliqué.
La directrice générale a également souligné les efforts du régulateur pour faciliter les investissements en levant les obstacles administratifs.
« Dans une approche plus pédagogique que policière, nous avons rapidement résolu la plupart de ces problèmes », a-t-elle affirmé.
Le solaire pour accélérer l’électrification
Face à l’urgence énergétique, Soraya Aziz Moto a présenté le solaire comme une solution rapidement déployable, en complément de l’hydroélectricité, qui demeure importante pour le développement énergétique à moyen et long terme.
« Aujourd’hui, l’énergie solaire est la moins chère et la plus rapidement déployable en RDC », a-t-elle déclaré.
L’électrification des grandes villes figure également parmi les priorités. Selon elle, des plans de développement des réseaux concernent 21 villes. L’objectif est de faire passer le taux d’accès à l’électricité, estimé à environ 22 % de la population, à près de 62 % d’ici 2030, avant d’atteindre l’accès universel en 2045.
« Nous avons des plans de production, transport, distribution, commercialisation, protection des consommateurs, subvention », a-t-elle précisé.
Une plateforme numérique pour protéger les consommateurs
L’ARE dispose d’une plateforme numérique de gestion des plaintes, accessible sur son site internet depuis un ordinateur ou un téléphone. Elle permet de signaler les différends liés notamment aux interruptions de fourniture, à la qualité de l’électricité et à la facturation.
« Une fois que la plainte est mise en ligne, tout de suite, les équipes sont alertées et on peut entrer en contact avec la personne qui porte la plainte », a expliqué Soraya Aziz Moto.
Selon les chiffres présentés, les équipes disposent de 30 jours pour instruire les dossiers et rendre une décision. Au cours des 100 premiers jours de la nouvelle direction, près de 20 dossiers ont été traités et 12 décisions rendues.
La vérité des coûts et les investissements privés
La directrice générale a également insisté sur la nécessité de mieux rapprocher les tarifs de l’électricité des coûts réels de production et de fourniture. Elle estime que les prix pratiqués par la SNEL, inférieurs à ses coûts de revient, limitent sa capacité à financer ses investissements.
« On ne peut pas continuer à vendre l’électricité à un prix inférieur à son prix de production, parce que c’est là qu’on finit par tuer la SNEL », a-t-elle averti.
Elle a toutefois souligné que toute révision tarifaire devait tenir compte du pouvoir d’achat des ménages et s’accompagner d’une réflexion sur les mécanismes de soutien aux consommateurs.
Pour financer les infrastructures nécessaires à l’augmentation de la production et à l’extension des réseaux, Soraya Aziz Moto estime que les investissements privés sont incontournables.
« Nous comptons très fort sur les investissements privés », a-t-elle lancé.

Elle a invité les investisseurs à consulter le site de l’ARE, www.are.cd, pour découvrir les opportunités et les possibilités d’accompagnement réglementaire.
À ExpoBéton 12, la directrice générale de l’ARE a ainsi mis en avant trois priorités entre autres accélérer la réalisation des projets électriques, diversifier les sources de production et renforcer la régulation afin d’améliorer durablement l’accès à l’électricité à Kinshasa en particulier et en RDC en général.
Lydia Mangala


