Comment transformer la créativité et les audiences numériques en véritables opportunités économiques ? C’est autour de cette question que s’est tenue à Kinshasa la première édition du Quartier Général des Créateurs, une initiative d’Antic Communication, organisée en collaboration avec Meta et Munya.
La rencontre a réuni créateurs de contenus, experts du numérique, professionnels des médias, communicants et acteurs du marketing autour des enjeux liés au développement, à la professionnalisation et à la monétisation de la création de contenus en République démocratique du Congo.
L’ambition affichée : contribuer à la structuration d’un écosystème congolais des créateurs capable de mieux tirer parti des opportunités offertes par l’économie numérique.
Meta partage son expertise avec les créateurs congolais
Plusieurs représentants et experts de Meta ont participé aux échanges, avec notamment des intervenants venus de Dubaï et du Nigeria ainsi qu’un représentant de Meta en RDC.
Parmi eux, Serge Mbengue, spécialiste de l’utilisation responsable des réseaux sociaux pour les créateurs, a présenté les principales politiques de Meta, les questions liées à la sécurité des utilisateurs, les mécanismes d’accompagnement ainsi que les conditions permettant aux créateurs d’accéder à la monétisation.
Oladapo Adewunmi, Content/Talent Agent chez Meta, a pour sa part partagé son expérience autour de l’identification, du développement et de l’accompagnement des talents dans l’économie des créateurs.
La rencontre a également enregistré la participation du Professeur Kojo, représentant de Meta en RDC.
Contenus originaux et nouvelles opportunités
La première session, consacrée au thème « Ce que le DRC Digital Code signifie pour les créateurs de contenus », a permis d’aborder plusieurs questions liées à la création numérique, aux règles applicables sur les plateformes, aux algorithmes et aux contenus illicites.
Les échanges ont notamment insisté sur l’importance de produire des contenus originaux et de comprendre les différents mécanismes permettant aux créateurs de générer des revenus, en fonction des catégories de contenus et des critères d’éligibilité.
Quelles leçons pour la RDC ?
La deuxième session, intitulée « Développer l’économie des créateurs : que peut apprendre, adapter et faire différemment la RDC ? », a mis en avant l’expérience d’autres marchés africains, notamment celui du Nigeria.
La créatrice de contenus, présentatrice TV, actrice, entrepreneure et consultante en communication Deborah Mutund a partagé son expérience et livré plusieurs pistes de réflexion sur les moyens de faire évoluer l’écosystème congolais.
Elle a notamment encouragé les créateurs, particulièrement ceux qui débutent, à miser sur la nouveauté, la valeur ajoutée et l’identité propre de leurs contenus.
Les défis d’un marché encore en construction
L’état des lieux de l’économie des créateurs en RDC a ensuite fait l’objet d’un panel réunissant Giscard Mido, CEO d’Antic Communication et de Digital School, Jaurès Iyoro, CEO de Batou Communication, et François Tshimpuki, CEO de Voice of Congo.
Les discussions ont porté sur les opportunités disponibles, les obstacles auxquels sont confrontés les créateurs, leurs attentes vis-à-vis des plateformes, des marques et des institutions, mais également sur les conditions nécessaires pour construire des carrières durables dans la création de contenus.
La monétisation au cœur des préoccupations
La question de la monétisation a occupé une place centrale dans les échanges. Serge Mbengue a notamment détaillé les mécanismes d’éligibilité, les conditions d’accès, les modalités de paiement et les bonnes pratiques à adopter pour les créateurs.
Une des principales leçons de cette session est que la monétisation ne dépend pas uniquement du volume de vues ou du nombre d’abonnés. La qualité, l’originalité et la conformité des contenus constituent également des éléments importants dans l’accès aux opportunités de revenus.
Les discussions ont ensuite dépassé la seule monétisation des plateformes pour aborder la transformation d’une audience en véritable activité économique : collaborations avec les marques, diversification des revenus, financement, professionnalisation et développement d’une carrière sur le long terme.
Des parcours pour inspirer la nouvelle génération
Le programme a également donné la parole à des créateurs à travers la session « Créateurs : parcours & Live Q&A ».
Samuel Emmanuella, venue du Nigeria, et Murphy Tshibangu, créateur congolais, ont partagé leurs expériences, leurs difficultés, leurs apprentissages et les opportunités rencontrées au cours de leurs parcours.
À travers ces témoignages, les échanges ont mis en évidence plusieurs facteurs considérés comme déterminants dans la construction d’une carrière dans la création de contenus : la formation, la stratégie, la régularité, l’adaptation et la capacité à apporter une réelle valeur à son audience.
Vers un écosystème congolais plus structuré
Pour les organisateurs, cette première édition du Quartier Général des Créateurs constitue une étape dans la construction d’une dynamique plus large autour de l’économie des créateurs en RDC.
La participation de Meta, d’Antic Communication, de Munya, d’experts du marketing et de la communication, de professionnels des médias et de créateurs de contenus congolais et étrangers a permis de mettre en lumière les opportunités, mais aussi les défis liés à la structuration de ce secteur.
Au-delà des panels et des échanges, l’événement aura ainsi posé une question centrale pour l’avenir de l’économie numérique congolaise : comment transformer le talent et la créativité des Congolais en activités économiques durables ?
Une interrogation qui place désormais la formation, la professionnalisation, l’innovation et la monétisation au cœur des discussions sur l’avenir des créateurs de contenus en RDC.
La rédaction


