À Kinshasa, comme dans de nombreuses grandes villes africaines, la prolifération des rats, des cafards, des moustiques et d’autres insectes nuisibles constitue un véritable défi de santé publique. Dans les quartiers densément peuplés, les marchés, les caniveaux, les dépotoirs et certaines habitations insalubres, ces nuisibles trouvent un environnement propice à leur développement, augmentant ainsi le risque de transmission de maladies parfois graves.
Les spécialistes de la santé rappellent que les rats figurent parmi les principaux vecteurs de maladies infectieuses. Ils peuvent notamment transmettre la leptospirose, une infection bactérienne contractée au contact de l’urine de rongeurs contaminant l’eau, le sol ou les aliments. Cette maladie peut provoquer de fortes fièvres, des douleurs musculaires et, dans les cas les plus sévères, des complications rénales ou hépatiques. Les rats sont également associés à la salmonellose et, dans certains contextes sanitaires, à la peste.
Les cafards, fréquemment présents dans les cuisines, les restaurants et les endroits humides, représentent eux aussi un risque sanitaire important. En transportant des bactéries sur leurs pattes et leur corps, ils peuvent contaminer les aliments et favoriser la propagation de maladies telles que la diarrhée, la fièvre typhoïde, la dysenterie ou d’autres infections intestinales. Les médecins soulignent également que leurs déjections et les particules qu’ils laissent dans l’air peuvent aggraver les allergies et les crises d’asthme, en particulier chez les enfants.
Les moustiques demeurent toutefois parmi les nuisibles les plus dangereux. En République démocratique du Congo, ils sont les principaux vecteurs du paludisme, une maladie qui continue de faire de nombreuses victimes chaque année, notamment parmi les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Certaines espèces peuvent également transmettre la dengue, le chikungunya ou d’autres maladies virales dans les régions tropicales.
Les mouches jouent, elles aussi, un rôle non négligeable dans la propagation des maladies. En se posant successivement sur les déchets, les matières fécales et les aliments, elles transportent des agents pathogènes responsables du choléra, de la fièvre typhoïde, de la dysenterie et de nombreuses infections gastro-intestinales.
Face à cette menace, les autorités sanitaires et les professionnels de santé insistent sur l’importance de la prévention. Le maintien de la propreté des habitations et des espaces publics, l’évacuation régulière des déchets, la fermeture hermétique des poubelles ainsi que le curage des caniveaux figurent parmi les mesures les plus efficaces pour limiter la prolifération des nuisibles.
Les experts recommandent également de conserver les aliments dans des récipients hermétiques, d’éliminer les eaux stagnantes, qui favorisent la reproduction des moustiques, et d’utiliser des moustiquaires imprégnées d’insecticide, particulièrement dans les zones fortement touchées par le paludisme.
Dans plusieurs communes de Kinshasa, des campagnes de sensibilisation sont régulièrement organisées afin d’encourager la population à adopter de meilleures pratiques d’hygiène et d’assainissement. Pour les professionnels de la santé, la lutte contre les nuisibles dépasse largement la question du confort quotidien : elle constitue un enjeu majeur de santé publique.
Comme le rappellent de nombreux agents sanitaires engagés dans la prévention communautaire, un environnement propre est l’un des moyens les plus efficaces pour réduire les risques de maladies transmissibles.
Ben Mandjolo


