À l’occasion du Forum national de la jeune fille, lors du panel consacré à la santé sexuelle et reproductive et « Femme, paix et sécurité », Fiston Djonga Manekanga a appelé les jeunes à s’informer davantage, à dialoguer librement sur les questions liées à la sexualité et à faire des choix éclairés pour préserver leur santé.
Le vice-président national du Conseil national de la jeunesse (CNJ-RDC), chargé des questions stratégiques et techniques, a particulièrement insisté sur la nécessité de libérer la parole au sein des familles et de recourir aux professionnels de santé.
Briser le silence pour prévenir les conséquences
Professionnel de santé spécialisé dans l’enseignement et le management en sciences de la santé, Fiston Djonga a commencé son intervention par un rappel des notions de santé, de santé sexuelle, de santé reproductive et de santé mentale. Il a notamment souligné que la santé sexuelle ne se limite pas à l’absence de maladie, mais suppose un bien-être physique, émotionnel, mental et social, ainsi que le respect du consentement et des limites de chacun.
S’adressant aux jeunes filles et aux jeunes hommes présents au forum, il a rappelé leur droit à une information fiable et à des soins de qualité, indispensables pour prendre des décisions responsables.
« Vous avez droit d’être informés, vous avez droit à recevoir des soins de qualité. Ceci vous permet aussi de faire des choix éclairés », a-t-il insisté.

Dans la suite de son intervention, il a mis en lumière les difficultés rencontrées par certains jeunes qui, après une situation à risque, hésitent à demander de l’aide par peur d’être jugés ou réprimandés.
À travers l’exemple d’une jeune fille confrontée aux conséquences possibles d’un rapport sexuel non protégé, il a interpellé les parents, les frères et les grandes sœurs sur leur responsabilité dans l’accompagnement des jeunes.
« Plus vous ne voulez pas vous échanger avec eux, plus attendez-vous à d’autres conséquences », a-t-il averti.
Il a plaidé pour un dialogue ouvert entre parents et enfants, sans distinction entre filles et garçons.
Contraception et prévention des infections
Abordant la question des méthodes contraceptives, le vice-président du CNJ-RDC a expliqué qu’elles permettent notamment de prévenir les grossesses non désirées et de choisir le moment de devenir parent.
Il a toutefois rappelé que la pilule contraceptive ne protège pas contre les infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH, et a encouragé les jeunes à s’informer auprès des professionnels de santé avant d’adopter une méthode.
« Je ne vous ai pas empêché de consommer la pilule, mais consommez avec sagesse et avec discernement », a-t-il conseillé, mettant en garde contre l’utilisation inappropriée ou excessive des contraceptifs.
Il a également insisté sur l’importance du dépistage volontaire, rappelant que l’apparence physique ne permet pas de connaître le statut sérologique d’une personne.
« Mieux vaut être zéro positif que d’être zéro ignorant », a-t-il lancé aux jeunes, les invitant à se faire dépister.
S’informer auprès de sources fiables et préserver son avenir
Face à la désinformation qui circule sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, Fiston Djonga a invité les jeunes à faire preuve de discernement dans la consommation des contenus liés à la santé sexuelle et reproductive. Il leur a recommandé de privilégier les informations provenant de professionnels de santé et de sources crédibles.
Il a également exhorté les jeunes filles à dépasser la honte et la peur du jugement pour poser leurs questions et consulter les structures de soins. Aux professionnels de santé, il a rappelé l’importance de l’écoute et de l’accueil des patients.

« Derrière chaque question de santé réside une personne à écouter », a-t-il souligné.
Pour conclure, le vice-président du CNJ-RDC a encouragé les jeunes à prendre des décisions sans pression, à protéger leurs projets de vie et à choisir librement le moment de devenir parents.
Il a rappelé que la connaissance en matière de santé sexuelle et reproductive constitue un moyen de préserver sa santé, mais aussi de construire son avenir sur des choix responsables.
Lydia Mangala


