La quatrième édition du Forum du Génie Scientifique Congolais s’est clôturée sur un appel à transformer le potentiel scientifique de la République démocratique du Congo en solutions concrètes pour la population. À l’occasion de cette cérémonie couplée à la décoration des lauréats de l’édition 2025, la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations (ESURSI), Professeure Dr Marie-Thérèse Sombo, a insisté sur l’urgence de mieux valoriser les résultats issus de la recherche congolaise.
Pour la ministre, le Forum s’est progressivement imposé comme un cadre national de révélation et de valorisation du potentiel scientifique du pays.
« Le Forum du génie scientifique congolais s’est imposé comme un dispositif national de révélation et de valorisation du potentiel scientifique. Il démontre que la RDC dispose des femmes et des hommes capables d’apporter des réponses aux défis de la santé, de l’agriculture, de l’énergie, de l’environnement et du numérique », a déclaré Marie-Thérèse Sombo.

Au cœur de son intervention, la ministre a identifié l’un des principaux défis de la recherche scientifique congolaise : le passage du laboratoire à l’utilisation effective des innovations.
Selon elle, de nombreux résultats prometteurs restent encore confinés dans les laboratoires, les mémoires académiques, les thèses ou les salles d’exposition, faute d’un accompagnement technique, juridique, financier ou entrepreneurial.
« Passer du prototype à l’innovation déployée, c’est un impératif national », a insisté la ministre.
Pour Marie-Thérèse Sombo, la reconnaissance des chercheurs ne doit donc pas constituer une finalité. Les découvertes et innovations doivent, à terme, devenir des produits, des procédés, des services, des entreprises technologiques, des brevets, des publications crédibles ou encore des solutions accessibles aux populations.
La cérémonie a également été marquée par la décoration de 50 lauréats, scientifiques distingués à travers des médailles des ordres nationaux et des brevets du Gouvernement congolais.
Pour la ministre de l’ESURSI, cette reconnaissance constitue un hommage au travail, à la créativité et à la persévérance des chercheurs, mais implique également de nouvelles responsabilités.
Elle a appelé les lauréats à renforcer la qualité méthodologique de leurs travaux, à documenter leurs résultats conformément aux standards internationaux, à protéger leurs innovations et à rechercher des partenaires capables d’accompagner la maturation et le déploiement de leurs solutions.
La ministre a également insisté sur l’intégrité scientifique, soulignant que la valorisation du génie congolais doit reposer sur des données fiables, le respect de l’éthique, la reconnaissance des contributions et la protection de la propriété intellectuelle.
Face aux difficultés rencontrées par les chercheurs pour développer leurs innovations, Marie-Thérèse Sombo plaide pour la structuration d’une véritable chaîne nationale de valorisation de la recherche.
Celle-ci devrait comprendre notamment l’identification des résultats, leur évaluation scientifique, leur maturation, la protection de la propriété intellectuelle, l’incubation, l’expérimentation, la certification, la recherche de financements et le transfert vers les secteurs utilisateurs.
Cette dynamique nécessite, selon elle, une collaboration renforcée entre les universités, les instituts supérieurs, les centres de recherche, les entreprises, les administrations publiques, les partenaires financiers et les communautés bénéficiaires.
« Aucun de ces acteurs ne peut agir seul », a souligné la ministre, appelant à une plus grande synergie au sein de l’écosystème scientifique congolais.

S’adressant aux recteurs, directeurs généraux et responsables des institutions de recherche, Marie-Thérèse Sombo a appelé les établissements à ne pas considérer le Forum comme une simple activité ponctuelle.
Elle souhaite que les universités et instituts supérieurs deviennent davantage des espaces de détection et d’accompagnement des talents, à travers notamment le soutien aux clubs et laboratoires d’innovation, l’encadrement des jeunes chercheurs et la création de passerelles avec les secteurs productifs.
La ministre a également insisté sur la nécessité de protéger les jeunes innovateurs contre l’isolement, la captation de leurs idées et les partenariats déséquilibrés.
Dans cette logique, elle appelle à l’établissement de règles claires concernant la propriété intellectuelle, le partage des bénéfices, la gestion des données et la reconnaissance des contributions scientifiques.
La quatrième édition du Forum ne devra pas s’arrêter à la présentation et à la distinction des projets. La ministre de l’ESURSI annonce la mise en place d’un tableau national de suivi des projets présentant un potentiel avéré.
Les innovations seront notamment évaluées selon leur niveau de maturité, leurs besoins, les risques à maîtriser et les partenaires susceptibles de les accompagner.
Une attention particulière devrait être accordée aux projets capables de répondre rapidement aux besoins prioritaires du pays, ainsi qu’aux innovations portées par les jeunes, les femmes et les provinces.
Marie-Thérèse Sombo veut faire du Forum un véritable maillon de la politique nationale de recherche et d’innovation.
La clôture de cette quatrième édition aura ainsi démontré que la RDC ne manque pas de talents ni d’idées scientifiques, mais le défi est désormais de créer les mécanismes capables de transformer ce potentiel en innovations déployées et en réponses concrètes aux besoins de la population.
Entre rigueur scientifique, intégrité et impact, le Gouvernement entend ainsi faire de la science congolaise un levier de souveraineté, de transformation et de développement national.
Lydia Mangala


