Pour la première fois depuis son institution par les Nations unies en 2014, la République démocratique du Congo a célébré officiellement la Journée mondiale des compétences des jeunes. Organisée le mercredi 15 juillet 2026 à Kinshasa, cette première édition nationale a été placée sous le thème : « Professionnaliser les métiers, bâtir l’avenir », en écho au thème mondial « Des compétences pour un avenir partagé ».
La cérémonie s’est tenue sous le chapiteau de l’hôtel Sultani River, dans la commune de Ngaliema, sous la présidence du Vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, représentant la Première ministre Judith Suminwa empêchée. Plusieurs membres du Gouvernement, des représentants du secteur privé, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs de la formation professionnelle ont pris part à cette rencontre consacrée au développement du capital humain.

Organisée conjointement par les ministères de la Formation professionnelle et de l’Emploi et du Travail, avec l’appui de l’Office national de l’emploi (ONEM), cette journée vise à promouvoir les compétences comme un levier essentiel d’inclusion sociale, d’accès à l’emploi et de transformation économique.
Prenant la parole, le ministre d’État, ministre de la Formation professionnelle, Marc Ekila Likombo, a annoncé l’institutionnalisation de cette célébration sous l’appellation de Journée nationale des compétences, de l’employabilité et de l’entrepreneuriat des jeunes.
Pour lui, cette initiative traduit un changement de vision dans la politique publique de formation professionnelle.
« En célébrant solennellement cette journée dans notre pays sous l’appellation de Journée nationale des compétences, de l’employabilité et de l’entrepreneuriat des jeunes, nous affirmons haut et fort que le développement des compétences n’est plus une politique sectorielle, mais une priorité nationale au service de la transformation économique et sociale de notre pays », a déclaré Marc Ekila.
Le ministre a insisté sur la nécessité pour la RDC de miser sur son capital humain afin de valoriser ses potentialités économiques et naturelles.
« La République démocratique du Congo ne pourra pleinement valoriser son immense potentiel humain et naturel qu’en investissant durablement dans son capital humain », a-t-il soutenu.

Représentant la Première ministre Judith Suminwa, le Vice-Premier ministre Adolphe Muzito a salué cette initiative, estimant qu’elle constitue un signal fort de l’engagement du Gouvernement à faire de la formation professionnelle un pont entre l’apprentissage, l’emploi et l’entrepreneuriat.
« La première richesse d’une nation n’est ni son sous-sol ni ses infrastructures ; sa véritable richesse réside dans les femmes et les hommes capables de créer, de produire, d’entreprendre et de transformer leur pays », a déclaré Adolphe Muzito.

Pour lui, cette célébration marque le lancement d’une politique publique appelée à s’inscrire durablement dans l’action gouvernementale.
« Il ne s’agit pas simplement d’ajouter une nouvelle date au calendrier national, mais de faire des compétences une priorité permanente de l’action publique et l’un des piliers de notre stratégie nationale de développement », a-t-il souligné.
Le Vice-Premier ministre a également rappelé que cette dynamique s’inscrit dans le cadre du programme présidentiel « Jeunes Congolais Debout », qui vise notamment à renforcer la formation professionnelle, l’entrepreneuriat et la création d’emplois.

L’un des moments forts de cette cérémonie a été la remise officielle à l’Office national de l’emploi (ONEM) d’une base de données regroupant des milliers de jeunes formés et certifiés.
Remise par le ministre Marc Ekila au représentant du ministère de l’Emploi et du Travail, cette plateforme comprend 8 500 bénéficiaires issus notamment de la première Foire de la formation professionnelle ainsi que de plusieurs programmes de formation soutenus par des partenaires.

Ces profils seront intégrés dans les outils de l’ONEM afin de faciliter leur mise en relation avec les opportunités d’emploi et de mieux répondre aux besoins du marché du travail.
Pour le directeur général de l’ONEM, Me Fanon Beya Ngombe, cette initiative permet de rapprocher davantage les politiques de formation et celles de l’emploi.
Elle vient compléter les réformes engagées par l’institution, notamment à travers la digitalisation des services publics de l’emploi et le développement de plateformes numériques destinées aux chercheurs d’emploi et aux entreprises.
Dans la continuité de cette célébration, Marc Ekila a annoncé l’ouverture prochaine de nouvelles infrastructures dédiées au développement des compétences.
Il a notamment annoncé l’ouverture, avant la fin du mois de juillet, du Centre de développement des ressources Mosala (CDR Mosala) à Mombele, dans la commune de Limete, construit avec l’appui de la coopération belge à travers ENABEL.

Un autre centre de formation sera également ouvert au Camp Mobutu, dans la commune de Lemba, en partenariat avec l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Cette structure sera principalement destinée à la formation aux métiers des personnes à charge des policiers et militaires.
Après la cérémonie officielle, les participants ont visité le Village national des compétences, installé pour présenter différentes initiatives et opportunités dans le domaine de la formation professionnelle.
Des panels ont également été organisés autour de plusieurs thématiques, notamment les compétences nécessaires aux infrastructures stratégiques, l’accompagnement des grands projets économiques, l’industrialisation, les chaînes de valeur locales ainsi que les parcours de réussite allant de la formation à l’emploi et à l’entrepreneuriat.
La RDC entend faire des compétences un pilier de sa transformation économique et sociale. Une orientation qui rejoint les objectifs des Nations unies visant à accroître, d’ici 2030, le nombre de jeunes et d’adultes disposant de compétences techniques et professionnelles adaptées à l’emploi, au travail décent et à l’entrepreneuriat.
Lydia Mangala


