Le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO) a lancé, jeudi 23 juillet à Kinshasa, un atelier de deux jours destiné à accélérer la mise en place des secrétariats provinciaux et locaux du Plan d’action national (PAN) de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies. La plateforme entend renforcer l’engagement des autorités provinciales et locales dans la mise en œuvre de l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité » en République démocratique du Congo.
Réunissant des représentants des institutions publiques, des administrations provinciales, des organisations de la société civile, des réseaux de femmes ainsi que des partenaires techniques et financiers, les travaux visent à évaluer les progrès enregistrés dans l’application du Plan d’action national, à identifier les obstacles qui freinent son appropriation sur le terrain et à dégager des approches susceptibles d’en améliorer la mise en œuvre.
Pour le CAFCO, l’effectivité de la Résolution 1325 dépend désormais d’une meilleure implication des provinces et des entités locales, considérées comme les premiers espaces de prévention des conflits, de promotion de la cohésion sociale et de participation citoyenne.
À l’ouverture des travaux, la directrice exécutive du CAFCO, Grâce Lula Hamba, a souligné que cette rencontre constitue une étape décisive pour renforcer la gouvernance locale de l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité ».
« Les travaux qui nous réunissent aujourd’hui visent à examiner et évaluer les avancées, à identifier les causes des blocages dans le processus d’appropriation et de domestication de la Résolution 1325, et à proposer des approches de travail susceptibles d’accélérer la mise en place des secrétariats provinciaux et locaux de mise en œuvre de la Résolution 1325 en RDC, afin de renforcer la participation des femmes et des jeunes dans les mécanismes de paix, conformément aux engagements constitutionnels, régionaux et internationaux auxquels notre pays a souscrit », a-t-elle déclaré.
Selon le CAFCO, plusieurs défis continuent de ralentir l’application du Plan d’action national, notamment l’absence de structures institutionnelles permanentes dans les provinces, la faible coordination entre les niveaux national et provincial ainsi que le manque d’appropriation de cet instrument par certaines autorités locales.
Pour répondre à ces insuffisances, la plateforme plaide pour la création des secrétariats provinciaux et locaux du PAN 1325. Ces structures auront notamment pour mission d’assurer la coordination, le suivi et l’évaluation des actions liées à l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité », tout en favorisant une meilleure articulation entre les politiques nationales et les réalités des territoires.
Le CAFCO estime que l’institutionnalisation de ces mécanismes permettra d’inscrire durablement la mise en œuvre du Plan d’action national dans la gouvernance provinciale, tout en renforçant l’engagement politique des gouverneurs, des autorités locales et des différents acteurs impliqués dans la prévention et la gestion des conflits.
Ces secrétariats devraient également contribuer à assurer la pérennité des initiatives en faveur des femmes, en évitant que leur mise en œuvre ne dépende uniquement des financements ponctuels des partenaires techniques et financiers.
Intervenant au nom du CAFCO, Josépha Pumbulu, chargée des programmes, a indiqué que les échanges permettront également de définir des stratégies pour renforcer l’appropriation de la Résolution 1325 par les autorités provinciales et territoriales, tout en identifiant les priorités spécifiques de chaque province en matière de gouvernance inclusive, de participation des femmes aux processus de paix et de consolidation de la sécurité.
Les travaux portent notamment sur le renforcement des capacités des acteurs locaux, la sensibilisation des autorités provinciales à l’importance du Plan d’action national ainsi que sur les mécanismes susceptibles de favoriser une participation accrue des femmes et des jeunes dans les instances de prévention, de médiation et de résolution des conflits.
Bénéficiant de l’appui du Global Network of Women Peacebuilders (GNWP), cet atelier s’inscrit dans la dynamique de consolidation de l’Agenda « Femmes, Paix et Sécurité » en République démocratique du Congo.
Adoptée en 2000 par le Conseil de sécurité des Nations unies, la Résolution 1325 constitue le premier instrument international reconnaissant le rôle central des femmes dans la prévention et le règlement des conflits, la consolidation de la paix et la reconstruction post-conflit. À travers cette initiative, le CAFCO entend rapprocher les engagements nationaux et internationaux des réalités locales afin de faire des provinces des acteurs majeurs de la promotion d’une paix durable et inclusive en République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


