Combien d’emplois ont réellement été créés en République démocratique du Congo entre 2019 et 2025 ? Et surtout, quelle est la qualité de ces emplois et permettent-ils aux travailleurs de couvrir les besoins essentiels de leurs ménages ? Ces questions sont au centre de l’atelier de validation du rapport de l’enquête administrative sur les emplois créés durant cette période, ouvert mercredi 30 septembre 2026 à Kinshasa par le ministre de l’Emploi et du Travail, Ferdinand Massamba Wa Massamba.
L’exercice vise à disposer de données plus précises sur l’évolution du marché du travail congolais et à fournir au gouvernement un outil d’évaluation de ses politiques publiques en matière d’emploi et de travail décent.
Pour le ministre de l’Emploi, l’enjeu de cette enquête dépasse le simple décompte statistique.

« Il ne s’agit pas simplement de présenter des données statistiques supplémentaires, mais de disposer d’un outil destiné à mieux comprendre les transformations intervenues sur le marché du travail congolais et à apprécier avec davantage de rigueur les résultats des politiques publiques en matière d’emploi », a déclaré Ferdinand Massamba.
Le rapport doit ainsi permettre de mettre en perspective les emplois créés avec les transformations économiques et sociales intervenues au cours des six années couvertes par l’enquête.
Le ministre a salué le travail réalisé par la Direction générale de l’Emploi et du Travail, ainsi que par les expertes, enquêteuses et différentes structures mobilisées pour la collecte, la compilation, la mise en forme et la pré-validation des données.
Si le volume des emplois constitue un indicateur important, le gouvernement entend également s’intéresser à leur qualité.
« Il ne s’agit pas seulement de dénombrer les emplois créés, mais aussi et surtout de veiller à leur qualité, afin que ceux-ci soient décents et respectent les droits fondamentaux des travailleurs », a insisté Ferdinand Massamba.
Cette orientation replace la question du travail décent au centre de l’évaluation. Pour le gouvernement, créer des emplois ne suffit donc pas : il s’agit également de s’assurer que les travailleurs bénéficient de conditions conformes aux droits fondamentaux et que l’activité professionnelle contribue réellement à l’amélioration de leurs conditions de vie.
L’exercice s’intéresse également au revenu nécessaire à un manœuvre ordinaire pour couvrir les besoins essentiels de son ménage.
Cette dimension doit permettre de rapprocher les données sur l’emploi de la réalité quotidienne des travailleurs, notamment dans un contexte où les revenus et le coût des biens et services constituent des préoccupations importantes pour les ménages.
Le ministre a, dans ce cadre, rappelé la fixation du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) à 21 500 francs congolais par jour pour le travailleur manœuvre ordinaire à compter de janvier 2026, conformément au décret n°25/22 du 30 mai 2025.
Les conclusions de l’enquête sont appelées à alimenter plusieurs axes de réflexion des politiques publiques.
Ferdinand Massamba a notamment cité la création d’emplois productifs, l’insertion professionnelle des jeunes, l’autonomisation économique des femmes, la formalisation de l’économie, le développement des compétences et la protection sociale.
L’enjeu consiste ainsi à mieux comprendre les besoins du marché du travail afin d’adapter les réponses publiques, notamment en matière de formation et d’insertion professionnelle.
Dans un pays confronté à une forte pression démographique, l’emploi représente également un levier majeur pour transformer la croissance économique en opportunités concrètes pour la population active.
Pour le ministre, les résultats attendus doivent également contribuer à renforcer le système d’information sur le marché du travail.
Des données régulières et suffisamment détaillées peuvent en effet permettre de mieux identifier les secteurs créateurs d’emplois, les catégories de travailleurs concernées et les difficultés rencontrées dans l’accès ou le maintien dans l’emploi.
L’objectif est également de disposer d’éléments permettant d’apprécier plus rigoureusement les effets des politiques publiques déjà mises en œuvre et d’orienter les prochaines interventions.
« Notre ambition doit être claire : faire en sorte que la croissance économique se traduise davantage par des opportunités d’emploi et par une amélioration concrète des conditions de vie des travailleurs et de leurs familles », a soutenu le ministre.
L’atelier ouvert à Kinshasa constitue une étape de validation du rapport élaboré à partir de l’enquête administrative menée sur les emplois créés entre 2019 et 2025.
Le ministre a invité les membres du comité de validation à faire de ces travaux un espace de dialogue technique et social, afin d’examiner les données et les conclusions avant leur finalisation.
Outre le décompte des emplois créés, l’enquête devrait ainsi fournir des éléments permettant d’orienter les prochaines politiques publiques vers des emplois plus productifs, décents et capables de contribuer durablement à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs et de leurs familles.
Lydia Mangala


