Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a dressé le bilan de la politique financière menée depuis l’entrée en fonction du Gouvernement Suminwa II, dans le cadre de l’exercice de redevabilité de l’an 1. Il a notamment évoqué les mesures prises pour stabiliser le cadre macroéconomique, améliorer la mobilisation des recettes publiques et renforcer la crédibilité financière de la République démocratique du Congo.
À l’arrivée du Gouvernement en juin 2024, la RDC faisait face à un contexte macroéconomique difficile. Selon Doudou Fwamba, l’inflation avait atteint 23 % en décembre 2023, tandis que le franc congolais avait enregistré une dépréciation d’environ 24 %. Le pays affichait également un déficit du compte courant supérieur à 3 % du PIB, avec des réserves de change estimées à 5,5 milliards de dollars américains.
Cette situation avait, selon le ministre, des répercussions directes sur le pouvoir d’achat des agents publics. Face à ces défis, le Gouvernement a engagé, conformément à son Programme d’action 2024-2028, une politique visant à stabiliser l’économie, soutenir la demande intérieure et accélérer les investissements dans les infrastructures.
D’après Doudou Fwamba, ces mesures ont notamment contribué à une relative stabilité de la monnaie durant 15 mois, de juin 2024 à septembre 2025, avant l’intervention de la Banque centrale du Congo en octobre 2025.
Des réformes pour accroître les recettes
Le ministre des Finances a également présenté plusieurs réformes engagées dans le secteur fiscal et financier. Parmi celles-ci figurent la généralisation de la télédéclaration de la TVA, l’amélioration de la mobilisation de l’impôt professionnel sur les rémunérations (IPR), la réforme de la subvention pétrolière, le renforcement des actions de la DGRAD ainsi que le déploiement de la facture normalisée.
Ces mesures commencent à produire des effets sur les recettes fiscales. « La mobilisation mensuelle de la TVA est passée d’environ 280 milliards à plus de 320 milliards de francs », a indiqué Doudou Fwamba.
Le ministre mise également sur l’interconnexion des régies financières et la mise en place d’un entrepôt de données pour élargir l’assiette fiscale et améliorer la traçabilité des opérations.
La modernisation de l’administration douanière constitue un autre chantier important. Elle bénéficie d’un financement de 300 millions de dollars mobilisé à travers une syndication de quatre banques. De son côté, le projet e-Finance représente un financement de plus de 150 millions de dollars.
Une approche plus réaliste des prévisions budgétaires
Interrogé sur la révision à la baisse du collectif budgétaire, Doudou Fwamba a expliqué que celle-ci concernait principalement les ressources extérieures, notamment certains financements sous forme de prêts attendus des partenaires.
Le Gouvernement a, selon lui, privilégié une approche basée sur la réalité des ressources effectivement mobilisables. L’objectif est d’éviter d’inscrire dans les prévisions budgétaires des financements qui ne seraient finalement pas disponibles, afin de renforcer la transparence et la crédibilité de la gestion publique.
La RDC à la conquête du marché financier international
Le ministre des Finances est également revenu sur l’entrée de la RDC sur le marché financier international. Trois objectifs principaux ont guidé cette opération : renforcer la crédibilité financière du pays à l’international, établir une courbe des taux permettant de mieux évaluer le risque souverain congolais et mobiliser des ressources à des conditions plus favorables.
Cette démarche doit également faciliter l’accès des entreprises congolaises, notamment les grandes entreprises et les PME, aux financements internationaux et contribuer à l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers.
Selon Doudou Fwamba, cette opération a déjà produit des effets sur le marché financier intérieur. Les émissions des titres du Trésor, qui se réalisaient auparavant autour de 10 %, sont descendues à environ 8 % après l’opération.
Une marge financière pour poursuivre les investissements
Pour le ministre des Finances, la RDC dispose désormais d’une marge financière et d’un portefeuille de dette maîtrisé lui permettant de poursuivre ses investissements dans les secteurs prioritaires.
La stabilisation du cadre macroéconomique, l’amélioration de la mobilisation des recettes publiques et l’accès au marché financier international constituent, selon lui, des leviers essentiels pour accompagner la transformation économique du pays.
À travers cet exercice de redevabilité, Doudou Fwamba entend ainsi mettre en avant les réformes engagées au cours de la première année du Gouvernement Suminwa II et les perspectives de consolidation de la gestion financière de l’État.
Joséphine Mawete


