Trois mois après la décision du président Félix Tshisekedi de mettre en place une Task Force présidentielle chargée de l’assainissement de Kinshasa, les mécanismes de collaboration avec les autorités municipales commencent à se préciser. Une première réunion de travail réunissant la Task Force, l’Hôtel de Ville et les bourgmestres des 24 communes s’est tenue samedi 29 août 2026 dans la capitale congolaise.
Présidée notamment par le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national et coordonnateur de la Task Force présidentielle, cette séance avait pour objectif d’harmoniser les interventions des différentes structures engagées dans la lutte contre l’insalubrité et l’occupation anarchique des emprises publiques.
Au cœur des échanges figurait la nécessité de clarifier les rôles et responsabilités de chaque acteur dans la conduite des opérations d’assainissement.
Pour le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, le déploiement des bâtisseurs du Service national dans Kinshasa ne doit pas être perçu comme une substitution aux compétences de l’Hôtel de Ville ou des communes.
« Nous nous déployons dans la ville de Kinshasa, non pas pour contrecarrer ce que la ville ou les communes sont en train de faire. Nous nous déployons en accompagnement des activités qui sont faites dans la ville de Kinshasa », a-t-il expliqué.

Il a rappelé le caractère temporaire de la Task Force, créée pour répondre à une situation conjoncturelle. Les bâtisseurs mobilisés dans le cadre des opérations disposent, selon lui, de différentes qualifications professionnelles et n’ont pas vocation à demeurer durablement affectés aux travaux d’assainissement.
« La Task Force est une structure qui est là pour un temps. C’est conjoncturel, momentané », a insisté le commandant du Service national.
Du côté des autorités provinciales, cette réunion apparaît comme une étape importante pour corriger certaines insuffisances observées depuis le début de la mission.

Le ministre provincial de l’Environnement et de l’Embellissement de Kinshasa, Léon Mulumba, a reconnu que les mécanismes de collaboration entre la Task Force, la ville et les communes n’avaient pas été suffisamment établis avant le lancement des opérations.
« C’est ce cadre, ces mécanismes de collaboration qui n’ont pas été mis en place avant que la Task Force commence la mission », a-t-il reconnu.
Selon lui, la réunion du samedi 29 août devrait désormais permettre d’éviter les incompréhensions et de mieux coordonner les actions sur le terrain.
« Nous tous, nous militons pour une ville assainie, une ville propre, mais ce cadre de collaboration était important. C’est ce que nous venons de mettre en place », a déclaré Léon Mulumba.

Les autorités communales ont également salué cette première prise de contact officielle avec la coordination de la Task Force.
Jean-Serge Poba, bourgmestre de Lemba et coordonnateur du collectif des bourgmestres de Kinshasa, a estimé que cette rencontre permettra aux communes de s’impliquer davantage dans la politique d’assainissement voulue par le Chef de l’État.
« C’est la première fois que nous avons pris contact. C’est vraiment une prise de contact pour que nous puissions nous connaître », a-t-il indiqué.

Tout en saluant le travail accompli par les bâtisseurs du Service national, il a insisté sur la nécessité pour les bourgmestres et les autorités territoriales de prendre pleinement part aux efforts engagés.
« Nous voulons, nous aussi, nous impliquer parce que c’est la volonté du chef de l’État que le bourgmestre s’implique, que la territoriale s’implique afin que nous puissions éradiquer l’insalubrité dans la ville de Kinshasa », a-t-il affirmé.
Jacques Mukoka, directeur de cabinet du commandant du Service national et coordonnateur de la Task Force présidentielle de salubrité de Kinshasa, a, pour sa part, appelé les responsables municipaux à traduire les décisions issues de cette réunion en actions concrètes dans chacune des communes.
« Avec une participation réelle, nous pouvons faire de Kinshasa une ville plus propre, plus saine et plus agréable à vivre », a-t-il soutenu.
Créée par une ordonnance présidentielle signée le 25 juin 2026, la Task Force présidentielle de salubrité et d’assainissement a reçu pour mission d’élaborer et de coordonner le plan présidentiel de salubrité et d’assainissement.

Ses attributions comprennent notamment l’identification et le traitement des points critiques d’insalubrité, la coordination de la collecte et du traitement des déchets, l’écurage des ouvrages prioritaires de drainage ainsi que la promotion de l’hygiène publique et du civisme environnemental.
La structure est également appelée à mobiliser les communautés autour des questions liées à la salubrité urbaine.
La vaste campagne d’assainissement conduite avec l’appui des bâtisseurs du Service national a été officiellement lancée le 16 juillet 2026 depuis leur camp principal situé dans la commune de la N’sele.
Cette première rencontre avec les autorités municipales marque ainsi une nouvelle étape dans le déploiement de la Task Force. L’enjeu est désormais de transformer la coordination décidée autour de la table en une action concertée sur le terrain, dans les 24 communes de Kinshasa, pour répondre durablement au défi de l’insalubrité qui continue de marquer le quotidien de la capitale congolaise.
Lydia Mangala


