Ce 15 octobre 2026, Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a présidé, jeudi au stade Tata Raphaël, la cérémonie de clôture de la première session de perfectionnement des instructeurs des académies de football de la République démocratique du Congo (RDC), organisée dans le cadre du partenariat entre le ministère des Sports et Loisirs et l’AS Monaco. Cette initiative vise à renforcer les compétences des encadreurs techniques et à améliorer la formation des jeunes talents congolais.
La cérémonie a été marquée par la remise des brevets de participation aux bénéficiaires par le chef de l’État, en présence du ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu Ntubwanga, initiateur de cette collaboration avec le club de la Principauté de Monaco.
Au-delà de son caractère symbolique, cette activité représente une nouvelle étape dans les efforts visant à moderniser le système de formation du football congolais, notamment à travers le transfert de compétences et l’adoption de méthodes d’encadrement inspirées des standards internationaux.
L’AS Monaco met son expertise au service des encadreurs congolais
Organisée du 12 au 15 octobre, cette session a réuni des instructeurs, entraîneurs et préparateurs physiques venus de Kinshasa et d’autres provinces du pays. Les enseignements ont été dispensés par des experts de l’AS Monaco, sous la conduite de Sébastien Muet, directeur de l’Académie du club français.
Les participants ont été formés à différentes approches pédagogiques et techniques liées à l’encadrement des jeunes footballeurs. L’objectif est de leur permettre d’améliorer leurs pratiques, d’optimiser le développement des compétences des joueurs et de mieux accompagner les jeunes talents dès les premières étapes de leur parcours sportif.
Pour Helena Kabafule, coach et préparatrice physique au sein des académies Les Aiglons et Elikya, à Kinshasa, cette formation constitue un apport important, notamment dans la préparation mentale des jeunes joueurs.

« En tant qu’encadreurs, nous sommes censés avoir un mental d’acier. Nous avons également acquis des aspects techniques et tactiques liés à la gestion du mental des joueurs. Nous devons travailler de manière à transformer ce mental en aptitude, afin de continuer à stimuler nos enfants, quelles que soient les circonstances sur le terrain », a-t-elle expliqué.
Son témoignage souligne l’importance d’une approche globale de la formation, dans laquelle les dimensions technique, tactique et psychologique contribuent au développement des jeunes footballeurs.
Sébastien Muet satisfait du potentiel congolais

Au terme de cette session, Sébastien Muet s’est dit satisfait de l’expérience vécue à Kinshasa. Le directeur de l’Académie de l’AS Monaco a notamment salué la passion des participants et leur volonté de progresser.
« Certes, c’est une formation de courte durée, mais surtout très intense et très instructive. J’y ai découvert un peuple et un groupe de gens passionnés de football. J’ai un sentiment de satisfaction, je crois qu’on a impulsé quelque chose de prometteur », a-t-il déclaré.

Le technicien monégasque a toutefois exprimé le souhait de voir cette dynamique se poursuivre, estimant que les compétences observées chez les encadreurs congolais méritent d’être davantage développées.
Cette appréciation ouvre la voie à une réflexion sur la continuité de l’accompagnement technique. Si une session de quelques jours permet de transmettre des connaissances et de familiariser les participants avec de nouvelles méthodes, la consolidation des acquis dépendra également de leur mise en pratique sur le terrain.
Otis Ngoma salue la concrétisation du partenariat

Présent à cette formation, le sélectionneur de l’équipe nationale locale de la RDC, Otis Ngoma, a également salué la matérialisation de cette collaboration.
« Oui, je crois que tout va aller bien parce que c’est un partenariat qui coûte cher. Vous savez très bien qu’il a été critiqué par tout le monde, certains croyant que c’était du pipeau. Aujourd’hui, ça se matérialise et je crois que c’est un bon départ », a-t-il affirmé.

Continue déclaration fait écho aux attentes suscitées par les partenariats conclus avec des clubs étrangers, dont les retombées sont souvent évaluées à l’aune de leur capacité à produire des résultats concrets pour le football congolais.
La formation des encadreurs constitue, à cet égard, un levier essentiel. Le développement des talents ne repose pas uniquement sur les qualités individuelles des joueurs, mais également sur la compétence des entraîneurs, la qualité des infrastructures et la structuration des académies.
De la formation à la pratique : le défi de la continuité
À l’issue de cette session, les bénéficiaires sont appelés à mettre en pratique les connaissances acquises au sein de leurs académies et centres de formation respectifs, à Kinshasa comme dans les provinces.
Cette phase sera déterminante pour mesurer les effets réels du programme. La transmission des méthodes apprises aux jeunes joueurs, leur adaptation aux réalités locales et la capacité des encadreurs à faire évoluer leurs pratiques constitueront autant d’indicateurs de réussite.
L’ambition affichée à travers ce partenariat est de contribuer progressivement à la mise en place d’un système plus structuré de formation et de détection des talents à l’échelle nationale. Une telle perspective suppose toutefois un accompagnement dans la durée, ainsi qu’une coordination entre les autorités sportives, les fédérations, les académies et les différents acteurs du football.
Une coopération qui s’inscrit dans une dynamique plus large
Cette initiative intervient dans un contexte où la RDC cherche à renforcer les mécanismes de développement de son football à la base. En décembre 2025, l’AC Milan, autre club européen associé à une initiative de coopération avec le pays, avait organisé une formation destinée aux dirigeants des clubs de l’Entente provinciale de football de Kinshasa (EPFKIN).
La session avec l’AS Monaco vient ainsi enrichir les initiatives de renforcement des capacités dans le secteur sportif congolais.

La présence du président Félix Tshisekedi à la cérémonie de clôture et la remise des brevets aux participants ont conféré à cette première session une dimension institutionnelle particulière.
Reste désormais à transformer les acquis de cette formation en progrès durables dans les académies et les centres de formation. Car, pour le football congolais, l’enjeu ne consiste pas seulement à détecter les talents, mais aussi à leur offrir un encadrement de qualité, capable de les accompagner jusqu’au plus haut niveau.
Joséphine Mawete


