Le ministre des Infrastructures et Travaux publics (ITP), John Banza Lunda, a intensifié ses descentes de terrain à Kinshasa les 13 et 14 octobre 2026, entre lancement de nouveaux travaux routiers, évaluation des chantiers en difficulté et visite des sites de lutte contre l’érosion.
Au programme figurent notamment la construction de la route Deuxième République à Kimbanseke, la relance des axes routiers dégradés dans plusieurs communes, ainsi que la modernisation de l’Intendance générale de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU).
Kimbanseke : une route de 9,16 km sur 18 mois
Le mardi 13 octobre, John Banza Lunda a lancé les travaux de réhabilitation et de construction de la route Deuxième République, longue de 9,16 kilomètres, dans la commune de Kimbanseke.
Le projet prévoit une chaussée bétonnée à deux voies par sens, la pose de caniveaux en béton armé, des dispositifs de lutte contre l’érosion et l’installation de l’éclairage public. Entièrement financé par le Trésor public, le chantier est prévu pour une durée de 18 mois. Son exécution est confiée à l’entreprise chinoise Shandong Construction International, sous la maîtrise d’ouvrage déléguée de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT).
Des chantiers à l’arrêt dans plusieurs communes

Après Kimbanseke, le ministre a évalué les travaux sur les avenues Kasaï, Croix-Rouge, Bas-Congo et Bokasa, dans les communes de Barumbu, Kasa-Vubu et Ngiri-Ngiri. Les avenues Lisala, Gambela, Opala et Shaba, ainsi que le rond-point Forces, ont également fait l’objet d’inspections.
Sur plusieurs axes, les travaux d’assainissement sont engagés, mais leur progression reste limitée, alors que la saison des pluies approche. Dans ces zones marécageuses, l’achèvement des caniveaux et des collecteurs est indispensable pour évacuer les eaux vers leurs exutoires, notamment la rivière Bitshiakutshiaku.
Le directeur général de l’Office des voiries et drainage (OVD), Victor Tumba Tshikeka, a plaidé pour une concertation urgente entre les parties prenantes afin de réaligner les financements et de permettre la reprise des chantiers. Il a précisé que ces projets relèvent de la Ville de Kinshasa, avec le Bureau central de coordination (BCECO) comme maître d’ouvrage délégué.
De son côté, le député national Ron Roger Bimwala a alerté sur les conséquences de l’interruption des travaux de l’avenue Kasaï, qui entrave l’accès aux écoles, aux universités et aux commerces. Il a annoncé son intention de plaider pour la libération des crédits nécessaires à la réhabilitation rapide des axes Kasaï et Croix-Rouge.
Face aux collecteurs obstrués et aux plans d’eau qui se forment sur des artères dégradées, John Banza Lunda a instruit ses services techniques de réévaluer rapidement les chantiers à l’arrêt afin d’accélérer leur reprise.
Kisenso : deux têtes d’érosion stabilisées par des gabions
Dans la continuité de ses visites, le ministre s’est rendu à Kisenso pour inspecter les travaux de stabilisation de deux têtes d’érosion au quartier Mission, identifiées comme Mulele 1 et Mulela 2.
Les deux sites ont été stabilisés grâce à la technique des gabions, des structures constituées de cages métalliques remplies de pierres, utilisées pour consolider les sols et limiter leur dégradation.
Le ministre a appelé ses collaborateurs et les autorités locales à sensibiliser les habitants au civisme afin de préserver les matériaux et les ouvrages réalisés. Il a également souligné la nécessité de réaménager la Boucle Savane de la Paix pour améliorer la connexion entre les avenues de la Paix et l’avenue du Rail, et contribuer au désenclavement de cette partie de la capitale.
L’Intendance générale de l’ESU appelée à retrouver sa vocation technique
La tournée ministérielle a également porté sur la modernisation de l’Intendance générale de l’Enseignement supérieur et universitaire. John Banza Lunda a annoncé que son ministère prendrait en charge le projet de réhabilitation de cette structure, afin de renforcer ses capacités logistiques et techniques pour assurer la maintenance des campus et intervenir en cas d’urgence, notamment à l’Université de Kinshasa (UNIKIN).
Le projet prévoit l’installation d’équipements modernes et de laboratoires spécialisés destinés à la formation pratique des futurs ingénieurs. Une équipe technique doit être dépêchée sur place pour harmoniser les données et ajuster le projet global, à la suite d’une correspondance du recteur de l’UNIKIN.
La directrice générale de l’Intendance, Marie-Line Lufua Binda, a salué cette perspective de modernisation, insistant sur la nécessité d’entretenir durablement les infrastructures universitaires. Le recteur de l’UNIKIN, le professeur Jean-Marie Kayembe, a également souligné l’importance de disposer d’un cadre de travail adapté et de laboratoires équipés pour la formation des étudiants.
Entre nouveaux investissements et reprise des travaux
Le ministère des Infrastructures et Travaux publics entend suivre l’évolution des projets routiers, répondre aux difficultés de financement et renforcer la lutte contre l’érosion, tout en améliorant les infrastructures universitaires.
Les prochains enjeux concernent notamment la reprise effective des chantiers interrompus, l’achèvement des ouvrages d’assainissement avant les pluies et la mise en œuvre des projets annoncés pour améliorer la mobilité et la sécurité des habitants de Kinshasa.
Lydia Mangala


