Réunis à Kinshasa ce mercredi 14 octobre 2026 à l’initiative du bureau du Conseil national de la jeunesse (CNJ), des représentants de différentes tendances politiques et sociales ont décidé d’harmoniser leurs positions face aux défis sécuritaires du pays.
Présidée par Claude Mbuyi, cette concertation a débouché sur une déclaration conjointe condamnant la création du groupe rebelle FRN, présenté dans le document comme une nouvelle bannière de l’AFC-M23, et annonçant des actions populaires et pacifiques en faveur de la paix et de la souveraineté nationale.
Des représentants de la majorité, de l’opposition, de la société civile, des mouvements citoyens, des entrepreneurs, des artistes et des sportifs ont pris part à cette réunion. L’objectif était de dégager une position commune au-delà des appartenances politiques et de définir des actions à mener à l’échelle nationale.
« Si nous, jeunesse, on n’arrive pas à donner un ton, on va s’oublier et notre avenir dépendra de ce qu’un groupe de personnes aura décidé, ici à l’étranger comme au niveau du pays », a déclaré Claude Mbuyi.
Claude Mbuyi appelle à rompre avec le cycle des violences
Dans son intervention, le président du CNJ a dénoncé les conséquences des conflits armés sur les jeunes Congolais, notamment ceux qui fuient les violences, subissent des injustices ou sont exposés au recrutement dans les groupes armés.
Évoquant la création du FRN après la récente prise de parole de l’ancien président Joseph Kabila, il a appelé les représentants de la jeunesse à prendre position contre la poursuite des violences.
« Est-ce que nous, aujourd’hui, nous acceptons que notre pays puisse continuer toujours ces cycles de violences et de guerres ? », a-t-il lancé aux participants.

Il a également évoqué Miguel Masaïsaï, jeune engagé pour la paix, pour appeler à intensifier la mobilisation citoyenne et éviter que d’autres jeunes ne paient le prix des conflits. Il a, par ailleurs, exhorté la communauté internationale à agir face aux violences persistantes dans l’Est du pays.
« Nous serons responsables si nous ne faisons pas bien la raison pour laquelle nous devons ensemble intensifier les actions pour les jours qui viennent, pour nous dire non à toute agression », a-t-il insisté.
Le président du CNJ a, par ailleurs, appelé la communauté internationale à agir face aux violences persistantes et aux résolutions qui, selon lui, restent insuffisamment mises en œuvre.
Marches pacifiques, sit-in et mobilisation dans les provinces
Au terme des échanges, les participants ont proposé plusieurs actions, notamment des marches pacifiques pour la paix, la cohésion nationale et le dialogue, des sit-in ciblés devant certaines représentations diplomatiques, ainsi que des campagnes de sensibilisation de proximité.
Ils envisagent également une communication harmonisée entre les organisations de jeunesse, des démarches auprès de l’Assemblée nationale et des responsables politiques, ainsi que des initiatives d’éveil patriotique. Le recrutement des jeunes dans l’armée figure aussi parmi les pistes évoquées.
Les participants souhaitent que ces actions soient menées dans toutes les provinces, tout en préservant la cohésion entre les jeunes, quelles que soient leurs affiliations politiques. Le calendrier et les modalités de mise en œuvre restent à préciser.
Une déclaration conjointe contre le FRN et le recours aux armes
Dans leur déclaration du 14 octobre 2026, les représentants signataires condamnent la création du FRN et l’associent à Joseph Kabila, ancien président de la République.
« La jeunesse congolaise condamne fermement la création du groupe rebelle FRN, présenté comme une nouvelle bannière de l’AFC-M23 et porté par Monsieur Joseph Kabila, ancien Chef de l’État », affirme la jeunesse congolaise.
Les signataires s’appuient sur les articles 63 et 64 de la Constitution congolaise, relatifs à la défense de la patrie, ainsi que sur la Résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies concernant le rôle des jeunes dans la paix et la sécurité.
Ils réaffirment leur soutien aux institutions de la République, aux Forces armées de la RDC (FARDC) et aux patriotes Wazalendo, tout en exprimant leur solidarité avec les populations de l’Est, particulièrement celles vivant dans les zones occupées.

La déclaration appelle les organisations de jeunesse, les conseils provinciaux, la diaspora et l’ensemble des jeunes Congolais à rejeter la manipulation et à privilégier les voies pacifiques.
« La RDC d’aujourd’hui n’est ni le Zaïre de 1996 ni le Soudan de 2011. Notre génération refuse de voir son avenir sacrifié sur l’autel des ambitions politiques et des intérêts étrangers », affirme la jeunesse congolaise dans cette déclaration.
Les signataires annoncent que des actions populaires, pacifiques et de grande envergure seront précisées dans les prochains jours, avec pour objectifs de défendre l’intégrité territoriale, de soutenir la paix et de faire obstacle à toute tentative de prise de pouvoir par les armes.
Lydia Mangala


