Réunis le lundi 12 octobre 2026 à Kinshasa, des acteurs des médias, de la justice et des services de sécurité ont convenu de la nécessité de mettre en place un mécanisme national destiné à renforcer la protection des journalistes en République démocratique du Congo.
Organisée avec l’implication de l’organisation Journaliste en danger (JED), la table ronde Médias–Justice–Sécurité a également mis l’accent sur la nécessité de concilier la liberté de la presse et la responsabilité professionnelle.
La protection des journalistes en République démocratique du Congo pourrait ainsi franchir une nouvelle étape. À l’issue de cette table ronde, les participants se sont prononcés en faveur de la mise en place d’un mécanisme national réunissant les différents services concernés par la sécurité des professionnels des médias.
Cette rencontre a réuni plusieurs acteurs institutionnels et professionnels, notamment le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, et le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe.
Des journalistes, des responsables d’organisations professionnelles, des magistrats, des représentants des instances de régulation et d’autorégulation, ainsi que des délégués de l’armée, de la Police nationale congolaise et des services de sécurité ont également pris part aux échanges.
L’objectif était de favoriser une réflexion commune sur les moyens de prévenir les atteintes à la sécurité des journalistes et de garantir un environnement propice à l’exercice de leur métier.
Un mécanisme national pour mieux protéger les journalistes
La principale avancée annoncée à l’issue de cette table ronde réside dans l’engagement de mettre en place un mécanisme national réunissant les services concernés par la protection des journalistes.
Cette approche vise à renforcer la coordination entre les institutions publiques, les forces de sécurité et les organisations professionnelles des médias. Elle entend également favoriser le dialogue entre les différentes parties prenantes afin de prévenir les incidents et de faciliter leur prise en charge lorsqu’ils surviennent.
Les représentants des institutions et des organisations participantes se sont engagés, chacun dans les limites de ses compétences, à contribuer à la prévention des atteintes à la sécurité des journalistes et à la protection de la liberté de la presse.
Toutefois, les modalités pratiques de fonctionnement de ce mécanisme, sa composition précise et son calendrier de mise en œuvre n’ont pas été détaillés dans les informations communiquées à l’issue de la rencontre.
Liberté de la presse et responsabilité professionnelle
Au-delà de la question sécuritaire, les discussions ont également porté sur la nécessité de concilier la liberté de la presse avec le respect des règles professionnelles.
Les participants ont notamment insisté sur l’importance de distinguer les infractions pénales des fautes déontologiques commises dans l’exercice du journalisme. Cette distinction constitue un enjeu essentiel pour éviter que des manquements professionnels soient systématiquement traités comme des infractions pénales, tout en maintenant la responsabilité des journalistes face aux exigences de leur métier.
Les échanges ont également abordé le cadre légal encadrant la liberté de la presse en RDC, notamment la loi communément appelée « loi Muyaya », en référence aux réformes législatives intervenues sous le ministère de la Communication et des Médias de Patrick Muyaya.
L’enjeu consiste à garantir aux journalistes la possibilité d’informer librement la population, tout en veillant au respect des obligations légales et déontologiques qui encadrent leur profession.
Dans cette perspective, la régulation et l’autorégulation des médias apparaissent comme des leviers importants pour promouvoir une pratique journalistique responsable, respectueuse des droits des citoyens et des principes démocratiques.
Le quatrième pouvoir face aux défis démocratiques
La participation conjointe des acteurs des médias, de la justice et de la sécurité témoigne de la volonté affichée de renforcer le dialogue entre des secteurs dont les relations sont déterminantes pour la protection de la liberté d’informer.
Pour les professionnels des médias, la sécurité demeure une condition essentielle à l’exercice de leur mission. Les menaces, les intimidations et les autres formes d’atteintes à leur intégrité peuvent compromettre leur capacité à enquêter, à recueillir des témoignages et à porter à la connaissance du public des faits d’intérêt général.
La mise en place d’un mécanisme national pourrait ainsi offrir un cadre de concertation plus structuré entre les institutions et les organisations professionnelles. Son efficacité dépendra cependant des moyens mobilisés, de la clarté des responsabilités et de la capacité des parties prenantes à traduire leurs engagements en actions concrètes.
La table ronde Médias–Justice–Sécurité, tenue le lundi 12 octobre 2026 à Kinshasa, ouvre ainsi la voie à une collaboration renforcée entre les différents acteurs concernés. Reste à transformer les engagements annoncés en mesures opérationnelles capables d’améliorer durablement les conditions de travail des journalistes en République démocratique du Congo.
Au-delà des déclarations, le défi sera de garantir que chaque journaliste puisse exercer son métier librement et en sécurité, dans le respect de la loi et des règles déontologiques. Un enjeu déterminant pour l’avenir de la presse et le fonctionnement de la démocratie congolaise.
Ben Mandjolo


