La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a clôturé, samedi 10 octobre 2026, à Kinshasa, la 12ᵉ édition d’ExpoBeton RDC, en appelant les acteurs publics et privés à traduire les recommandations formulées durant quatre jours de travaux en réalisations concrètes.
Sous le thème « Kinshasa, locomotive de la transformation des villes de la RDC », cette édition a placé l’aménagement urbain, les infrastructures et l’amélioration du cadre de vie au cœur des échanges, avec l’objectif d’obtenir des résultats tangibles dès 2027.
« Tolobi pe mingi, sik’oyo tosala », soit « Nous avons beaucoup parlé, maintenant passons à l’action », a lancé la cheffe du gouvernement.
Par cette formule, elle a insisté sur la nécessité de dépasser les réflexions pour engager la mise en œuvre des propositions issues des assises, dans un contexte où les villes congolaises font face à des défis persistants en matière de mobilité, d’assainissement, de logement et de gestion des eaux pluviales.

Judith Suminwa a réaffirmé la disponibilité de son cabinet à accompagner l’application des recommandations, en collaboration avec les ministères sectoriels et les institutions concernées.
Cette démarche s’inscrit dans les priorités du Programme d’actions du gouvernement (PAG) 2024-2028, notamment en matière d’aménagement du territoire et de développement des infrastructures.
Présentant la synthèse des travaux, le sénateur Jean Bamanisa Saidi, président du comité d’organisation d’ExpoBeton, a souligné la nécessité de renforcer la planification urbaine, la sécurisation foncière et le respect des normes de construction.
Parmi les recommandations formulées figure la planification des espaces avant leur occupation, afin de limiter les constructions anarchiques et de favoriser un développement urbain mieux organisé.
Les participants ont également insisté sur le renforcement du cadastre, la protection des espaces et infrastructures publics ainsi que l’adoption de normes nationales de construction assorties de mécanismes de contrôle effectifs.

« Rendre la qualité opposable ; pas de compétence sans responsabilité, pas de responsabilité sans identification », a déclaré Jean Bamanisa Saidi lors de la présentation du rapport général.
Cette exigence renvoie à la nécessité de mieux identifier les responsabilités des différents intervenants du secteur de la construction et de garantir le respect des normes applicables aux ouvrages.
Les discussions ont également porté sur l’élaboration d’une feuille de route intégrée pour répondre aux défis de Kinshasa, notamment en matière d’assainissement, de mobilité, d’énergie et de gestion des eaux pluviales.
Les participants ont recommandé la conclusion d’un pacte national sur les infrastructures et la transformation des villes. Celui-ci réunirait l’État, les provinces, les villes, le secteur privé, les banques, les organisations professionnelles et les partenaires techniques autour d’objectifs communs.
L’ambition est de favoriser une meilleure coordination des interventions et de mobiliser les ressources nécessaires à la réalisation des projets urbains. Une telle approche permettrait d’articuler les besoins des villes avec les capacités de financement et les compétences disponibles au niveau national.
Il est particulièrement important pour Kinshasa, confrontée aux embouteillages, aux inondations, aux érosions et aux difficultés d’accès au logement. La transformation de la capitale suppose notamment une planification cohérente, des infrastructures adaptées à la croissance urbaine et une meilleure gestion des espaces publics.
Pour le gouvernement, les recommandations d’ExpoBeton devront ainsi s’inscrire dans une dynamique d’action coordonnée, avec des résultats attendus dès 2027.
La clôture de cette 12ᵉ édition a également accordé une place à la valorisation des compétences locales. Des ouvriers ayant bénéficié du dispositif de valorisation des acquis de l’expérience (VAE) ont reçu des certificats reconnaissant les compétences acquises au cours de leur parcours professionnel.
Ce mécanisme vise à faire reconnaître officiellement les savoir-faire développés par la pratique et l’apprentissage, y compris en dehors des circuits de formation académique classiques.
Il contribue à renforcer la qualification des travailleurs et à favoriser leur reconnaissance dans le secteur de la construction.
Le ministre d’État, ministre de la Formation professionnelle, Marc Ekila Likombo, a pris part à cette séquence consacrée à la valorisation des compétences professionnelles.
Des projets d’étudiants dans les domaines de l’aménagement et de la construction ont également été présentés et distingués. Les travaux ont ainsi mis en lumière la contribution des établissements d’enseignement supérieur à la recherche de solutions adaptées aux défis urbains du pays.
La cérémonie a par ailleurs été marquée par la remise du prix « Ndona » à Judith Suminwa Tuluka, en reconnaissance de son statut de première femme à occuper le poste de Première ministre en République démocratique du Congo.
La cheffe du gouvernement a ensuite effectué une visite des stands, au cours de laquelle elle a échangé avec les exposants et découvert les solutions présentées à cette édition.
Des établissements d’enseignement supérieur, dont l’Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA), l’Institut national du bâtiment et des travaux publics (INBTP) et l’Institut supérieur d’architecture et d’urbanisme (ISAU), ont également présenté leurs initiatives.
Ouverte le 7 octobre 2026 par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la 12ᵉ édition d’ExpoBeton RDC s’est achevée sur l’attente de transformer les recommandations en projets opérationnels.
L’échéance de 2027 constitue désormais un repère pour apprécier les suites données aux travaux. Entre planification urbaine, sécurisation foncière, amélioration des infrastructures et valorisation des compétences nationales, la mise en œuvre des engagements annoncés sera déterminante pour faire évoluer durablement le cadre de vie des populations congolaises.
Lydia Mangala


