La Nouvelle Ville Kia Mona ambitionne de faire de la durabilité environnementale un pilier de son développement. Présenté le vendredi 9 octobre 2026, lors du panel spécial consacré à ce projet d’extension de Kinshasa, Christian Lema, directeur global ESG de Nhood et président du Club Afrique du MEDEF de l’Est parisien, a insisté sur l’importance d’intégrer les risques climatiques dès la conception des nouveaux espaces urbains, tout en développant les compétences locales.
Anticiper les risques climatiques dès la conception
Pour Christian Lema, la planification de Kia Mona représente une occasion de repenser le développement urbain en tenant compte des effets du changement climatique. Il a notamment évoqué les îlots de chaleur et les inondations auxquels Kinshasa est confrontée, soulignant les conséquences de ces phénomènes sur la sécurité, le confort des habitants et la valeur des investissements immobiliers.
« Ce qu’on a posé aux côtés de Thierry, aux côtés de l’équipe de Kia Mona, c’est de penser à une urbanisation qui intègre directement les enjeux du changement climatique et de l’adaptation au changement climatique », a-t-il expliqué.
Selon lui, les risques climatiques peuvent également fragiliser les actifs immobiliers et réduire leur valeur à long terme. L’intégration des enjeux environnementaux dès la conception doit ainsi permettre de développer des infrastructures plus résilientes et de limiter les coûts liés aux dommages et à la maintenance.
La durabilité, un levier pour mobiliser les investissements

Le responsable de Nhood a également souligné le rôle des critères ESG — environnementaux, sociaux et de gouvernance — dans les décisions des investisseurs et des bailleurs de fonds.
Ces critères constituent, selon lui, un élément important pour renforcer la confiance des partenaires financiers et faciliter le financement des projets urbains. Dans cette perspective, Kia Mona entend intégrer les exigences de durabilité dans son approche de développement afin de garantir la viabilité des infrastructures et la qualité du cadre de vie.
Christian Lema estime que cette démarche peut contribuer à positionner la République démocratique du Congo comme un acteur capable d’anticiper les défis climatiques et de proposer de nouveaux modèles de développement urbain en Afrique.
Le transfert de compétences au cœur du projet
Outre les enjeux environnementaux, Christian Lema a insisté sur la nécessité de renforcer l’expertise congolaise dans la conception et la gestion des villes.
Il a évoqué la participation d’experts internationaux, dont le professeur Carlos Moreno, connu pour le concept de la « ville du quart d’heure », qui vise à rapprocher les habitants des services essentiels. Cette expertise doit notamment contribuer à alimenter la réflexion sur des villes polycentriques, organisées autour de plusieurs pôles d’activités, afin de limiter les déplacements et de réduire la pression sur les centres urbains.
Le transfert de compétences vers les universités et les jeunes professionnels congolais constitue un axe important de cette collaboration.
L’ambition est de permettre aux ingénieurs, urbanistes et techniciens locaux de s’approprier les méthodes et les outils nécessaires pour accompagner le développement de Kia Mona et d’autres projets urbains dans le pays.
« Le savoir-faire du génie congolais puisse se multiplier à travers les différents projets localisés pour se développer », a-t-il déclaré, soulignant que le renforcement des capacités locales devait contribuer à inscrire cette initiative dans la durée.
Le logement, un défi qui nécessite des partenariats
Christian Lema a également abordé la question du logement, qu’il considère comme un facteur essentiel du développement économique et social.
Il a défendu une approche associant les pouvoirs publics et le secteur privé, estimant que les capacités budgétaires de l’État ne suffisent pas, à elles seules, à répondre à l’ampleur des besoins en logements.
Il a ainsi souligné l’importance de mobiliser des promoteurs immobiliers et des partenaires privés pour développer une offre adaptée aux différentes catégories de la population, notamment aux ménages de la classe moyenne.
Pour le responsable de Nhood, la réussite de Kia Mona dépendra de la capacité à articuler planification urbaine, durabilité environnementale, financement et transfert de compétences.
Par cette collaboration, les promoteurs du projet ambitionnent de faire de la Nouvelle Ville Kia Mona un modèle de développement urbain durable, capable d’améliorer les conditions de vie des habitants tout en renforçant l’attractivité économique de Kinshasa.
Lydia Mangala


