La 12ᵉ édition d’ExpoBéton RDC s’est ouverte le mercredi 7 octobre 2026 à la Grande Résidence de Kinshasa, sous le thème « Kinshasa, locomotive de la transformation des villes de la RDC ». À cette occasion, Thierry Katembwe Mbala, coordonnateur du Comité stratégique pour la supervision du projet d’extension de la ville de Kinshasa (CSSPEVK), a présenté l’état d’avancement de Kinshasa-Kia Mona et les conditions nécessaires à sa transformation en une nouvelle polarité urbaine, économique et industrielle.
Transformer l’extension de Kinshasa en projet structurant
Dans son allocution, Thierry Katembwe a présenté l’extension de Kinshasa comme une réponse aux défis liés à la croissance démographique, à la congestion, au déficit de logements et aux besoins croissants en infrastructures.
« Le capital de la dimension de Kinshasa ne peut plus seulement gérer son présent, elle doit organiser son avenir, de la vision à l’exécution », a-t-il déclaré.
Selon lui, le projet dépasse la création d’un nouvel espace résidentiel. Il porte également des ambitions industrielles, économiques, technologiques, environnementales et sociales.
Le CSSPEVK a ainsi pour mission de planifier, structurer, coordonner, faciliter et accompagner la réalisation de cette extension.
Des premières réalisations aux prochains chantiers
Thierry Katembwe a rappelé plusieurs étapes franchies depuis 2025, notamment la sécurisation du périmètre foncier de plus de 43 000 hectares, la mise en place de mécanismes institutionnels et financiers ainsi que l’avancement de projets structurants.
Il a notamment cité la cité industrielle sino-congolaise et le complexe hospitalier comme premiers projets appelés à matérialiser cette nouvelle dynamique.
« Transformer la première pierre en chantier. 2026, bâtir des fondations de l’exécution », a-t-il résumé.
Pour la cité industrielle, il a fait état de l’arrivée progressive des premiers équipements, du lancement des travaux routiers et de l’aménagement du premier parc industriel. Le complexe hospitalier, pour sa part, a franchi plusieurs étapes dans la structuration de son financement et dans le démarrage du chantier.
Outre ces deux projets, le coordonnateur du CSSPEVK a évoqué près de 60 contre-projets développés avec des entreprises congolaises et internationales dans des secteurs tels que l’habitat, la formation professionnelle, l’agriculture, l’énergie, la technologie, la logistique, la culture et le sport.
Une ville pensée autour de l’emploi et des compétences
Pour Thierry Katembwe, la construction de la nouvelle ville doit également s’accompagner d’un investissement dans les compétences locales.
« Construire une ville sans former ceux qui vont la bâtir, l’entretenir et la faire fonctionner serait une erreur », a-t-il souligné.
Deux instituts de formation professionnelle et des métiers sont ainsi envisagés dans le cadre de la prochaine phase du projet.
La formation, l’industrie et l’habitat doivent, selon lui, évoluer de manière complémentaire afin de créer des emplois et de permettre aux populations de participer directement à la transformation de leur environnement.
Routes, rail et fleuve pour connecter Kinshasa-Kia Mona
La connectivité constitue l’un des principaux axes de son intervention. Thierry Katembwe estime qu’une nouvelle ville de cette dimension ne peut être développée de manière isolée.
« Une ville de cette dimension ne peut pas être pensée de façon isolée. Elle doit être reliée à l’actuel centre-ville de Kinshasa. Elle doit être reliée par le fleuve et aux fleuves. Elle doit être reliée aux rails et par le rail. Elle doit être reliée aux grands axes routiers », a-t-il affirmé.
Il a notamment appelé à accélérer les infrastructures routières en direction de Maluku, à moderniser le boulevard Lumumba vers cette zone et à examiner la mise en place d’une liaison ferroviaire urbaine et périurbaine.
Le fleuve Congo occupe également une place importante dans cette vision. Le responsable du CSSPEVK souhaite en faire un véritable axe de mobilité.
« Ce majestueux fleuve Congo, qui longe notre capitale, ne peut rester seulement un patrimoine naturel que nous admirons, il doit aussi devenir une infrastructure de mobilité et de développement, un boulevard fluvial », a-t-il déclaré.
Une ville verte dès sa conception
L’aménagement de Kinshasa-Kia Mona devra également intégrer les impératifs environnementaux dès la phase de conception.
« Nous n’avons pas le droit de reproduire les erreurs environnementales du passé », a insisté Thierry Katembwe, annonçant l’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans la conception du projet.
Il a résumé cette orientation par un principe.
« L’écologie ne doit pas être ajoutée à la ville après sa construction. Elle doit participer à sa conception », a-t-il martelé.
Le projet ambitionne ainsi d’intégrer la biodiversité, les espaces verts, la mobilité, la résilience, la qualité de vie et les standards du développement urbain durable.
« Un projet doit être jugé par ses résultats »
En conclusion, Thierry Katembwe a placé la culture du résultat au centre de la conduite du projet.
« Une vision ne doit pas être jugée uniquement sous la force de son annonce. Un projet ne doit pas être jugé uniquement à la cérémonie de sa première pierre. Il doit être jugé par ses résultats », a-t-il affirmé.
Ces résultats devront notamment se mesurer à travers les infrastructures réalisées, les investissements mobilisés, les industries installées, les logements construits, les emplois créés, les compétences formées et l’amélioration des conditions de vie des populations.
« Derrière chaque route, il y a une activité économique. Derrière chaque usine, il y a un emploi. Derrière chaque logement, il y a une famille. Derrière chaque école, il y a un enfant. Derrière chaque formation, il y a une compétence. Derrière chaque hôpital, il y a une vie », a-t-il conclu.
À l’issue de son allocution, un protocole d’accord a été signé entre l’Agence nationale d’aménagement du territoire (ANAT) et le CSSPEVK, en présence du ministre d’État en charge de l’Urbanisme et Habitat, Alexis Gisaro, et du ministre de l’Aménagement du territoire, Jean-Lucien Bussa.
Lydia Mangala


