La deuxième réunion de coordination de haut niveau sur le Corridor de Lobito s’est ouverte le lundi 5 octobre à Lusaka, en Zambie, avec l’ambition d’accélérer la concrétisation des engagements pris autour de cet axe stratégique reliant la RDC, la Zambie et l’Angola.
Les travaux réunissent les trois pays ainsi que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et plusieurs autres partenaires. La délégation congolaise est conduite par le ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo Mbwizya, accompagné du ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, et du ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya.
Cette rencontre permet notamment d’évaluer les avancées enregistrées depuis la première réunion de coordination tenue en février 2026 à Luanda.
Pour la RDC, l’enjeu consiste désormais à faire du Corridor de Lobito bien plus qu’une voie de transport des minerais. Le gouvernement congolais défend une approche intégrée associant infrastructures, énergie, industrie, agriculture, commerce et développement territorial.

Guylain Nyembo a ainsi plaidé pour la matérialisation effective du projet, avec une attention particulière accordée à la création de zones industrielles, au développement de l’agro-industrie et du tourisme le long du corridor.
La transformation locale des produits avant leur exportation figure également parmi les priorités examinées. L’objectif est de permettre aux territoires traversés par le corridor de tirer davantage de valeur économique des ressources produites localement.
La connexion des infrastructures nationales au Corridor de Lobito constitue un autre enjeu majeur pour la RDC.
Les discussions portent notamment sur le développement de l’axe Dilolo-Sakania, ainsi que sur le raccordement de plusieurs routes au corridor afin de faciliter la circulation des personnes et des marchandises et de créer de nouvelles opportunités économiques dans les différentes provinces concernées.

Le déficit énergétique et l’état des infrastructures routières restent toutefois des défis importants. Le développement du corridor nécessite, selon les participants, des investissements conséquents dans l’énergie et les transports afin de permettre au secteur privé de développer pleinement ses activités.
La construction de nouvelles infrastructures doit également accompagner la transformation des espaces économiques et favoriser l’émergence de nouveaux pôles urbains le long du corridor.
Ouvrant les travaux, le président zambien Hakainde Hichilema a présenté le Corridor de Lobito comme un projet intégré susceptible de contribuer à l’approfondissement des échanges intra-africains et à la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Il a notamment salué l’accord conclu entre la Zambie et la RDC sur la modernisation de leurs frontières communes, avec la construction de postes frontaliers à arrêt unique. Ces infrastructures doivent contribuer à réduire les délais et les coûts liés aux opérations d’importation, d’exportation et de transit.
La simplification des procédures administratives et l’harmonisation des formalités douanières figurent ainsi parmi les conditions nécessaires à l’efficacité du corridor.
Le Corridor de Lobito est particulièrement stratégique pour le secteur minier. Une part importante de la production mondiale de cobalt est appelée à emprunter cet axe, renforçant son importance dans les chaînes d’approvisionnement internationales.
Mais les ambitions affichées à Lusaka dépassent le seul transport des minerais. Les participants souhaitent faire du corridor un véritable écosystème économique régional, capable de stimuler la transformation locale, l’agriculture, l’industrie et les échanges commerciaux.
Pour la RDC, cette approche doit permettre de connecter davantage les zones de production aux infrastructures de transport et aux marchés, tout en créant des emplois et de nouvelles activités économiques.
La première session consacrée aux investissements dans le secteur des infrastructures doit permettre à la partie congolaise, à travers le ministre John Banza Lunda, de présenter les priorités du pays dans ce domaine.
La mobilisation du secteur privé et des partenaires au développement constitue également un élément central des discussions, notamment pour financer les infrastructures énergétiques et logistiques nécessaires au fonctionnement du corridor.
Les travaux de Lusaka cherchent donc à définir les conditions permettant de transformer le Corridor de Lobito en un outil concret de croissance, d’intégration régionale et de création de richesses.
Les travaux de cette deuxième réunion de coordination de haut niveau se poursuivent jusqu’au mardi 6 octobre 2026, avec l’ambition de renforcer la coordination entre les États concernés et leurs partenaires et d’accélérer la mise en œuvre des projets prioritaires.
Lydia Mangala


