Le débat autour des rapports entre l’artiste congolais Fally Ipupa et certains professionnels des médias continue de susciter des réactions. Dans une déclaration, Aristote Ndangi appelle à dépasser les prises de position tranchées et à privilégier une lecture nuancée de la situation, fondée sur le respect réciproque entre artistes et journalistes.
Pour Aristote Ndangi, la question ne devrait pas être celle d’une prétendue « guerre contre la presse », mais plutôt celle des limites à ne pas franchir dans l’exercice de la liberté d’expression et du droit à la critique.
« Critiquer ne signifie ni insulter ni diffamer »
Reconnaissant qu’un artiste exposé au public doit accepter la critique, Aristote Ndangi estime toutefois qu’il convient de distinguer clairement la critique journalistique des attaques personnelles.
« Faire une critique, qu’elle soit positive ou négative, n’a jamais été le problème. Un artiste exposé au public doit accepter la critique », souligne-t-il.
Selon lui, cette liberté trouve cependant ses limites lorsque les propos deviennent insultants, diffamatoires ou portent atteinte à la vie privée.
Dans ce cas, estime-t-il, le débat dépasse le simple cadre de l’exercice journalistique ou de la liberté d’expression.
Le respect, une exigence réciproque
Aristote Ndangi insiste également sur la nécessité d’un équilibre entre les droits et les responsabilités des deux parties.
Le journaliste, rappelle-t-il, dispose du droit de poser des questions, d’analyser les faits et de formuler des critiques. De son côté, l’artiste conserve le droit de répondre, de se défendre et, lorsque les circonstances l’exigent, de recourir aux voies judiciaires.
« Le respect doit être réciproque », affirme-t-il, estimant qu’il serait réducteur de présenter systématiquement Fally Ipupa comme étant « en guerre contre la presse ».
Pour lui, le fait pour une personnalité publique de défendre ses droits face à certains comportements ne saurait être assimilé à un mépris de l’ensemble de la profession journalistique.
« Tout le monde est justiciable »
Dans sa déclaration, Aristote Ndangi rappelle par ailleurs un principe qu’il considère comme essentiel : artistes comme journalistes restent soumis au droit.
« Tout le monde est justiciable. Les artistes comme les journalistes », souligne-t-il.
Il reconnaît l’importance fondamentale de la liberté de la presse, tout en rappelant que celle-ci ne saurait être interprétée comme une autorisation d’insulter, de diffamer ou de porter atteinte à la vie privée d’autrui.
Pour un débat contradictoire dans le respect
En définitive, Aristote Ndangi plaide pour le maintien du dialogue entre les acteurs du monde culturel et médiatique. Pour lui, la critique et le débat contradictoire doivent pouvoir s’exercer pleinement, mais dans le respect des droits de chacun.
« Le dialogue, oui. La critique, oui. Le débat contradictoire, absolument. Mais le respect doit rester la ligne rouge, des deux côtés », conclut-il.
Joséphine Mawete


