Dans le cadre du vernissage du livre « Richesse Révélée » de Nadine Tshibuku Pulumba, organisé samedi 3 octobre à Ingenious City, à Kinshasa, Isaac Mukendi, bourgmestre adjoint de la commune de Limete, a partagé son parcours et sa conception de la richesse personnelle. Seul homme parmi les intervenants du panel modéré par Deborah Mutombo, il a notamment appelé les jeunes à identifier leurs capacités, à oser s’engager et à rechercher des modèles capables de les accompagner dans la révélation de leur potentiel.
Revenant sur son parcours, Isaac Mukendi explique que son engagement est d’abord né d’une volonté de se rendre utile à la société. Avocat de formation, il dit avoir progressivement orienté son intérêt vers la gouvernance territoriale, particulièrement la décentralisation.
Son constat de départ concerne les difficultés rencontrées par les populations dans l’accès aux services publics de proximité. Pour lui, l’amélioration de la vie collective doit commencer au niveau des entités de base.

« Moi, je suis le seul qui pense que le vrai développement, c’est celui qui part de la base vers le sommet », a-t-il déclaré.
Cette conviction l’a conduit à s’investir dans la vie politique et à exercer des responsabilités au niveau communal. Il estime que les communes constituent un espace essentiel pour répondre aux besoins quotidiens des citoyens et faire émerger progressivement un développement plus large.
Isaac Mukendi a également défendu une meilleure reconnaissance du rôle des autorités locales. Il déplore notamment la perception réductrice souvent associée à la fonction de bourgmestre, fréquemment limitée aux cérémonies de mariage ou aux formalités administratives.
Son objectif est de contribuer à changer cette perception et à montrer que la commune constitue un véritable niveau d’action publique.
Il voit également dans les évolutions récentes liées à la décentralisation et aux élections locales une opportunité de renforcer la participation citoyenne à la gouvernance de proximité.
Pour Isaac Mukendi, son propre parcours illustre pleinement la notion de richesse révélée. Il affirme qu’il lui aurait été difficile d’imaginer, plusieurs années auparavant, qu’il exercerait un jour des responsabilités publiques au niveau communal.

« Du peu que l’on peut sentir en soi, on peut révéler une vraie richesse. On peut révéler ce que l’on est, on peut révéler même son devenir », a-t-il affirmé,
Il encourage ainsi les jeunes à ne pas attendre d’occuper les plus hautes fonctions pour s’engager dans la société. Les quartiers, les avenues et les communes constituent, selon lui, des espaces où les problèmes sont nombreux et où les compétences peuvent déjà être mises au service de la collectivité.
« À qui voudrait s’engager en politique, ne visez pas seulement de devenir président de la République. On a besoin de vous », a-t-il encouragé.

Une autre partie importante de son intervention a porté sur l’accompagnement des jeunes, particulièrement des jeunes femmes qui cherchent à faire connaître leurs capacités.
Isaac Mukendi appelle les personnalités établies à rester accessibles et à répondre davantage aux sollicitations des jeunes qui souhaitent apprendre, s’inspirer ou bénéficier de conseils.
« Dès lors que vous aurez des femmes qui voudront révéler leur richesse et qu’elles viendraient vers vous, ne vous enfermez pas, ouvrez-vous. Disponibilisez-vous », a-t-il lancé.

À partir de sa propre expérience, il estime que le contact avec des personnes ayant déjà parcouru un chemin similaire peut contribuer à réduire les complexes et à donner davantage de confiance à ceux qui cherchent encore leur voie.
Il invite toutefois les jeunes à formuler leurs demandes avec discernement, en privilégiant d’abord la recherche de conseils, d’inspiration et d’apprentissage auprès de leurs modèles.
En guise de conclusion, Isaac Mukendi a identifié l’audace comme la principale richesse qu’il retient de son propre parcours.

« Si je pouvais résumer ma plus grande richesse, c’est l’audace », a-t-il conclu.
Pour lui, cette audace doit cependant être accompagnée de discernement. Elle peut ouvrir des portes et permettre d’oser des parcours inattendus, mais elle doit être orientée vers des objectifs constructifs.
Son témoignage démontre que la richesse ne se résume pas à une position ou à un statut mais peut résider dans une conviction, une capacité à servir, une volonté d’agir et surtout dans l’audace de transformer ce que l’on porte en soi en une contribution concrète à la société.
Lydia Mangala


