Lors du vernissage du livre « Richesse Révélée » de Nadine Tshibuku Pulumba, organisé samedi 3 octobre à Ingenious City, à Kinshasa, la vice-présidente de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) et presidente de l’association Femmes D’Exception du Congo (FDEC), Lydie Omanga, a livré une réflexion centrée sur l’éducation, la confiance en soi, les compétences et la capacité à révéler les richesses déjà présentes en chacun.
Modérée par Deborah Mutombo, son intervention est partie d’un exercice personnel, celui de revenir sur son parcours pour identifier ce qui constitue réellement sa richesse. Pour Lydie Omanga, cette richesse ne se limite pas aux biens matériels. Elle prend notamment racine dans ce qui est transmis dès l’enfance.
Lydie Omanga a placé l’éducation familiale au cœur de la construction de la personne. Elle distingue notamment l’éducation de l’instruction scolaire, en insistant sur le rôle des valeurs, des paroles et de l’environnement familial dans la formation du caractère.

« Vous ne pouvez développer que ce qu’on a reçu. Que ce soit une richesse, que ce soit quelque chose de négatif, que ce soit quelque chose de positif, on ne peut développer que ce qu’on a reçu », a-t-elle affirmé.
Élevée dans un environnement où la foi, le respect, la liberté de choix et l’égalité entre filles et garçons occupaient une place importante, elle estime que cette éducation a contribué à construire sa confiance et sa capacité à entreprendre.
Elle évoque notamment une organisation familiale dans laquelle les tâches domestiques n’étaient pas déterminées par le sexe. Les garçons comme les filles participaient aux différentes responsabilités du foyer et étaient encouragés à développer leur autonomie.

« On ne m’a pas élevée dans la peur. On ne m’a pas élevée dans la crainte. On m’a élevée dans le fait que je suis capable », a-t-elle témoigné.
La vice-présidente de l’ARPTC a également insisté sur le pouvoir des paroles que chacun porte sur lui-même. S’appuyant sur son éducation chrétienne, elle encourage à cultiver une parole positive et à refuser les représentations négatives de soi.
« Le miracle est dans ta bouche », a-t-elle rappelé.

Pour elle, la manière dont une personne se perçoit influence sa capacité à avancer, à entreprendre et à révéler ses aptitudes. Cette confiance doit également être transmise aux enfants, notamment à travers des paroles d’encouragement et de reconnaissance.
Lydie Omanga considère ainsi que la richesse intérieure ne peut être révélée que parce qu’elle existe déjà en chacun.
« On ne peut révéler que quelque chose qui était caché, quelque chose qui était en interne. Donc, ça veut dire qu’aujourd’hui, vous tous, vous ne pouvez révéler que des choses qui sont en vous », a-t-elle souligné.

Son intervention a également porté sur les difficultés et les échecs. Plutôt que de les considérer comme des facteurs de limitation, elle invite à les regarder comme des expériences susceptibles de renforcer la personne.
Elle a notamment partagé une expérience personnelle récente liée à une période difficile concernant son fils. Après avoir traversé un moment de fatigue et de découragement, elle dit avoir retrouvé de l’énergie à travers la prière, la musique et la danse.
Cette expérience lui a permis de rappeler l’importance de puiser dans ses propres ressources pour retrouver son équilibre.

« On peut être son propre motivateur. Parce que justement, vous êtes rempli de lumière, de richesse. Et cette richesse est en vous et ne demande qu’à s’exprimer », a-t-elle encouragé.
Lydie Omanga a ensuite présenté son propre parcours comme une illustration de cette pluralité de compétences. Juriste de formation, elle a également développé des compétences en marketing, communication et mode, en plus de ses expériences professionnelles et entrepreneuriales.
Elle a notamment expliqué avoir volontairement choisi, à son retour en RDC, de construire d’abord sa crédibilité autour du droit et du secteur public, avant de laisser progressivement apparaître d’autres facettes de sa personnalité.

« La richesse qu’on a, c’est aussi toutes ses compétences et ses aptitudes », a-t-elle expliqué.
La danse, qu’elle pratiquait déjà dans sa jeunesse, fait notamment partie de ces dimensions longtemps moins visibles de son parcours. Elle estime que les fonctions et les titres professionnels ne doivent pas enfermer une personne dans une seule identité.
Pour Lydie Omanga, révéler sa richesse suppose également d’être aligné avec soi-même. Cet alignement passe par la connaissance de ses capacités, mais aussi par la responsabilité, la rigueur, l’honnêteté et la redevabilité.
Elle établit enfin un lien direct entre ces qualités et la construction d’une réputation professionnelle capable de créer des opportunités.
« Les gens ne vont pas vous payer sur des choses où ils ne voient pas la valeur ajoutée que vous leur apportez », a-t-elle fait valoir.
À ses yeux, la richesse financière peut ainsi devenir la conséquence d’une valeur créée et reconnue. Compétences, attitudes, comportements et réputation constituent, selon elle, un capital que chacun doit travailler et faire connaître.
Son intervention rejoint ainsi l’idée centrale de « Richesse Révélée » selon laquelle avant de rechercher la richesse à l’extérieur, il est nécessaire d’identifier, de développer et de mettre en valeur celle qui existe déjà en soi.
Lydia Mangala


