La défaite de la RDC face à l’Ouganda (0-2), vendredi 2 octobre à Johannesburg, a immédiatement ravivé un débat qui avait animé l’opinion congolaise avant la Coupe du monde 2026 : fallait-il intégrer davantage de nouveaux joueurs dans le groupe retenu pour le Mondial ? Quelques mois après avoir privilégié la continuité, Sébastien Desabre se retrouve aujourd’hui à la tête d’un groupe en renouvellement, et la première sortie de cette nouvelle génération permet surtout de mesurer le travail d’intégration qui reste à accomplir.
Le choix du sélectionneur avant la Coupe du monde était clairement assumé. En dévoilant sa liste de 26 joueurs en mai, Desabre avait conservé l’essentiel de l’ossature ayant conduit la RDC jusqu’à la qualification mondiale.
« La Coupe du Monde, ce n’est pas le moment pour faire des tests. Il faut consolider ce qu’on a fait de bien », avait-il déclaré.
Il mettait alors en avant les automatismes construits au fil des années et les habitudes de travail acquises par son groupe.
Cette approche a ensuite accompagné les Léopards dans leur parcours mondial, avec notamment une qualification pour les huitièmes de finale après une victoire 3-1 contre l’Ouzbékistan.
Il faut toutefois distinguer deux choses. Le résultat du match contre l’Ouganda ne permet pas de démontrer que les nouveaux joueurs auraient échoué au Mondial. Il n’existe pas de scénario permettant de mesurer ce qu’aurait produit une autre sélection. En revanche, la rencontre de Johannesburg donne un aperçu concret des difficultés liées à l’intégration d’un groupe largement renouvelé.
Après le Mondial, le sélectionneur a changé de logique. Plusieurs nouveaux visages ont été convoqués, parmi lesquels Willy Kambwala, Jorthy Mokio, Ezechiel Banzuzi, Kevin Pedro, Jordy Makengo, Noah Mbamba, Stanis Idumbo ou encore Stephy Mavididi.
Cette évolution répond au besoin de préparer la profondeur du groupe et créer de nouvelles solutions pour les échéances à venir.
Desabre avait d’ailleurs prévenu avant le premier match contre l’Ouganda que ces joueurs devraient gagner leur place dans la concurrence.
« Ce sont des joueurs qu’on est allé voir dans leurs clubs respectifs, ce sont des joueurs qu’on a appelés en sélection. Donc, on pense qu’ils peuvent nous apporter un plus. Après, c’est à eux de le montrer », avait-il expliqué.
Le match contre l’Ouganda montre précisément l’étape qui sépare le potentiel individuel de l’efficacité collective.
Face aux Cranes, les Léopards ont manqué de maîtrise et d’efficacité. L’Ouganda a ouvert le score dès la 6ᵉ minute avant de doubler la mise cinq minutes après la reprise. Malgré une réaction congolaise en seconde période, la RDC n’est pas parvenue à revenir dans la rencontre.
La question ne se limite donc pas à la qualité des nouveaux joueurs. Elle concerne aussi leur capacité à comprendre rapidement les exigences du système, à jouer avec leurs partenaires et à reproduire les automatismes développés par le groupe historique.
Desabre l’a lui-même reconnu après la rencontre, tout en demandant du temps pour cette nouvelle génération.
« Il faut toujours se rappeler du premier match de Noah Sadiki, Mukau, Mbuku et les autres, qui étaient contre l’Éthiopie où on avait perdu. Il faut être indulgent avec les jeunes joueurs et on fera le bilan à la fin des deux matchs », a-t-il déclaré.
Cette déclaration remet le revers contre l’Ouganda dans son contexte. Il s’agit d’une première étape d’évaluation et non d’une conclusion définitive sur les nouveaux arrivants.
Le débat autour du choix de Desabre devient ainsi plus nuancé. Avant le Mondial, l’objectif était de s’appuyer sur un collectif déjà construit pour une compétition majeure. Après le Mondial, l’enjeu est d’élargir les options, de préparer l’avenir et de permettre à de nouveaux joueurs de s’intégrer progressivement.
Les deux décisions peuvent donc répondre à des impératifs différents.
Le calendrier confirme d’ailleurs cette volonté. Après les deux victoires contre la Guinée équatoriale et le Zimbabwe dans les éliminatoires de la CAN 2027, Desabre a utilisé la double confrontation contre l’Ouganda comme une occasion de revoir son effectif et de donner davantage d’espace aux nouveaux profils.
Le 0-2 de Johannesburg met surtout en évidence le chantier qui attend les Léopards de transformer une accumulation de talents individuels en un collectif capable de fonctionner avec la même fluidité que l’équipe qui a disputé le Mondial.
La prochaine confrontation contre l’Ouganda, prévue le 5 octobre à Johannesburg, constituera une nouvelle occasion d’observer les ajustements du staff et la capacité des nouveaux joueurs à progresser dans le fonctionnement collectif.
Le débat n’est donc pas seulement de savoir si Desabre avait raison ou tort de ne pas renouveler son groupe au Mondial. La leçon plus concrète du match contre l’Ouganda est que l’intégration internationale demande du temps, des automatismes et une véritable cohésion collective. La transition est désormais engagée chez les Léopards, avec la nécessité de préserver ce qui fonctionne tout en construisant progressivement la relève.
Lydia Mangala


