Kinshasa, 2 octobre 2026 — Alors que le débat autour du dialogue national continue de susciter des réactions dans la classe politique et la société civile congolaise, Me Luc Fikiri Murefu, avocat international des droits de l’homme résidant aux États-Unis et acteur de la société civile, appelle le Président Félix-Antoine Tshisekedi à aller plus loin dans sa démarche.
Dans une déclaration, ce dernier salue l’ouverture manifestée par le chef de l’État à travers son annonce en faveur d’un dialogue destiné à rechercher une issue à la crise que traverse la République démocratique du Congo.
Mais pour Me Luc Fikiri Murefu, cette démarche ne pourrait produire pleinement ses effets que si elle est élargie à l’ensemble des parties concernées.
« Aller jusqu’au bout de cette démarche »
L’avocat invite ainsi Félix Tshisekedi à ouvrir le dialogue notamment à des représentants de l’AFC-M23, citant explicitement son coordonnateur Corneille Nangaa, ainsi qu’à l’ancien président de la République Joseph Kabila.
« J’encourage le chef de l’État à aller jusqu’au bout de cette démarche et à ouvrir ce dialogue à toutes les parties concernées », affirme-t-il.
Cette proposition intervient alors que le chef de l’État a annoncé, le 27 août dernier, un Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, tout en précisant que les acteurs qui poursuivent la lutte armée ne pourraient pas y participer en qualité de composantes politiques. Le processus de Doha reste, selon la position présidentielle, le cadre destiné aux discussions avec l’AFC-M23 sur les questions directement liées au conflit armé.
« La situation sur le terrain n’a pas changé »
Dans sa déclaration, Me Luc Fikiri Murefu estime que les différents processus diplomatiques engagés jusqu’ici doivent être accompagnés d’une démarche politique plus large.
« Aujourd’hui, il faut le reconnaître : malgré l’accord signé à Washington, la situation sur le terrain n’a pas changé. Et les discussions engagées à Doha peinent à produire des résultats », soutient-il.
Sur le processus de Doha, les parties congolaise et AFC/M23 ont pourtant convenu, en août 2026, de nouvelles étapes pour poursuivre les négociations et de renforcer le suivi des engagements pris.
Pour l’avocat, l’enjeu réside désormais dans l’ouverture de négociations directes entre toutes les parties, qu’il considère comme un moyen de rechercher une issue politique à la crise.
Une transition politique et une réforme constitutionnelle évoquées
Me Luc Fikiri Murefu estime que ces négociations devraient notamment permettre de dégager une solution politique et, selon sa proposition, conduire à la mise en place d’un gouvernement de transition.
Il évoque également la possibilité d’engager, dans ce cadre, une réflexion sur une révision ou un changement de la Constitution.
Cette proposition intervient alors que Félix Tshisekedi a, de son côté, précisé que le dialogue national ne devait ni remettre en cause le choix du peuple exprimé par les urnes ni entraîner la suspension des institutions constitutionnelles.
Un cadre hors de la RDC proposé
Pour permettre, selon lui, une participation de toutes les parties aux discussions, Me Luc Fikiri Murefu préconise également l’organisation des négociations en dehors du territoire congolais.
Il considère qu’un cadre extérieur pourrait offrir les conditions nécessaires à une participation plus libre des différents protagonistes.
« Monsieur le Président de la République Félix Tshisekedi, élargissez l’accès au dialogue pour que la paix soit totalement restaurée », lance-t-il.
« C’est autour de cette table que les Congolais doivent rechercher une issue »

Acteur de la société civile également engagé dans des actions sociales, notamment dans sa province du Sud-Kivu, Me Luc Fikiri Murefu réaffirme ainsi son soutien au principe du dialogue, tout en plaidant pour un format qu’il souhaite plus large.
« Je reste convaincu que c’est autour de cette table, à travers des négociations directes, que les Congolais doivent rechercher une issue à la crise que traverse notre pays », conclut-il.
Son intervention vient ainsi alimenter le débat sur le format, les participants et les objectifs du dialogue national, dans un contexte où Kinshasa maintient parallèlement les processus diplomatiques de Washington et de Doha comme cadres distincts de règlement de la crise sécuritaire dans l’Est du pays.
Joséphine Mawete


