La République démocratique du Congo entend profiter de sa responsabilité au sein de l’Alliance internationale pour la prévention des violences sexuelles liées aux conflits (PSVI) pour renforcer la mobilisation internationale contre ces crimes. Mercredi 30 septembre 2026 à Genève, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, a présidé un side event de haut niveau consacré aux violences sexuelles liées aux conflits, avec la participation d’ambassadeurs, de représentants diplomatiques et d’organisations de la société civile.
Cette rencontre intervient alors que la RDC assure, aux côtés de l’Ukraine, la co-présidence 2026 de la PSVI, une alliance internationale qui rassemble des États, des organisations internationales, la société civile et des réseaux de survivantes.
À Genève, Samuel Mbemba a présenté la situation des populations affectées par les conflits dans l’Est de la RDC et insisté sur les conséquences humaines des violences sexuelles.
Le ministre a notamment évoqué l’estimation d’une femme violée toutes les quatre minutes, chiffre qu’il utilise dans son plaidoyer pour illustrer l’ampleur du phénomène. Cette donnée doit toutefois être considérée comme une estimation avancée dans le cadre du discours congolais, et non comme un décompte récent exhaustif de l’ensemble des violences sexuelles en RDC.
La RDC veut placer la question de la justice au centre de son action au sein de la PSVI.
Samuel Mbemba a rappelé que les violences sexuelles liées aux conflits doivent être prévenues, documentées et sanctionnées, tout en renforçant les mécanismes de protection et de réparation en faveur des survivantes. Cette orientation s’inscrit dans le plaidoyer porté par Kinshasa sur la nécessité de transformer les engagements internationaux en mesures concrètes de justice et de protection
La démarche intervient également quelques jours après le lancement, à Kinshasa, d’un cadre de concertation consacré à la justice transitionnelle. Le ministère des Droits humains y avait notamment mis en avant la justice, la réparation, la restauration de la confiance et la consolidation de la paix.
Dans le cadre de sa présidence, la RDC propose également de renforcer l’architecture de l’Alliance. Parmi les pistes avancées figure la création d’un secrétariat global de la PSVI, destiné à donner davantage de continuité et de capacité opérationnelle à l’initiative.
Kinshasa appelle également les États qui ne sont pas encore membres à rejoindre l’Alliance et encourage les membres à prendre des engagements mesurables. Le ministre souhaite ainsi que la présidence congolaise ne se limite pas à une responsabilité diplomatique, mais débouche sur des mécanismes susceptibles de produire des résultats concrets.
La protection des victimes et des personnes vulnérables constitue un autre axe du plaidoyer congolais. Le ministre met notamment en avant la situation des enfants nés des violences sexuelles liées aux conflits, exposés à la stigmatisation, au rejet et à l’exclusion.
Dans cette perspective, la RDC défend notamment l’enregistrement des naissances sans discrimination, présenté comme un moyen de renforcer la protection juridique et sociale des enfants concernés.
La Première Dame Denise Nyakeru Tshisekedi, championne globale pour la prévention des violences sexuelles liées aux conflits, accompagne également les activités liées à cette responsabilité internationale.
Le message porté par Samuel Mbemba veut faire évoluer le débat international de la sensibilisation vers l’action à travers la prévention, la documentation des crimes, la lutte contre l’impunité, la protection des survivantes et la prise en compte des enfants nés des violences.
Pour Kinshasa, la présidence de la PSVI représente ainsi une occasion de porter l’expérience congolaise sur la scène internationale tout en plaidant pour une réponse collective plus structurée aux violences sexuelles liées aux conflits.
Lydia Mangala


