La gouvernance sécuritaire de proximité entre dans une nouvelle phase au Kasaï-Central. Le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a lancé le mardi 29 septembre 2026, à Kananga, la vulgarisation des textes légaux encadrant la création, l’organisation et le fonctionnement des comités provinciaux et locaux de sécurité.
Cette initiative intervient au terme d’un atelier de trois jours ayant permis de renforcer les capacités de 790 autorités territoriales sur la nouvelle approche de gouvernance sécuritaire de proximité.
Après le Kasaï-Oriental, le Kasaï-Central devient la 13e province à bénéficier de cette réforme portée par le ministère de l’Intérieur.
L’objectif est de rapprocher davantage la gestion des questions sécuritaires des réalités vécues dans les territoires, secteurs, groupements et quartiers. Les comités de sécurité sont appelés à servir de cadres réguliers de concertation entre les différentes autorités et les acteurs concernés.
Au centre de la réforme figure notamment le caractère obligatoire de la tenue régulière des réunions des comités de sécurité.
Ces rencontres doivent permettre aux autorités d’échanger sur les menaces identifiées dans leurs entités, d’en analyser les causes et de rechercher des réponses adaptées au contexte local.
Pour le VPM Shabani, cette approche doit favoriser une meilleure anticipation des problèmes sécuritaires plutôt qu’une intervention limitée aux situations de crise.
La réforme ne limite pas la concertation aux seules autorités publiques. Jacquemain Shabani a insisté sur la participation des acteurs non étatiques, notamment les organisations de la société civile.
Cette participation doit notamment passer par des réunions élargies ainsi que par des forums de quartier et de groupement, destinés à faire remonter les préoccupations des communautés vers les cadres de décision.
L’approche repose ainsi sur une circulation plus directe de l’information entre les populations, les autorités locales et les différents intervenants dans la sécurité.

Les comités provinciaux et locaux de sécurité sont conçus comme des espaces où les différents acteurs peuvent confronter leurs informations et leurs observations.
Ils doivent permettre d’identifier et d’analyser les menaces sécuritaires, puis de définir des réponses tenant compte des réalités propres à chaque milieu.
Cette démarche vise à renforcer la coordination entre les autorités territoriales et à donner davantage de place à la prévention dans la gestion de la sécurité.
Avec le lancement de cette vulgarisation au Kasaï-Central, le ministère de l’Intérieur poursuit ainsi le déploiement progressif d’une réforme qui mise sur la régularité des concertations, la participation communautaire et une meilleure prise en compte des réalités locales dans la gouvernance sécuritaire.
Lydia Mangala


