Le président kényan William Ruto a mis en avant l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote, à l’occasion du lancement de la raffinerie de pétrole Dangote East Africa, présentée comme un projet majeur pour la transformation du paysage énergétique et industriel du Kenya et de l’Afrique de l’Est.
« Avec mon frère Aliko Dangote, j’ai présidé à la cérémonie de lancement de la raffinerie de pétrole Dangote East Africa », a déclaré William Ruto, soulignant la portée régionale de cette initiative.
Selon le chef de l’État kényan, ce projet représente un investissement annoncé de 16 milliards de dollars et devrait contribuer à renforcer la sécurité énergétique du Kenya et de plusieurs pays de la région.
Une capacité annoncée de 700 000 barils par jour
La future raffinerie devrait afficher une capacité de 700 000 barils de pétrole par jour, ce qui en ferait, selon William Ruto, la plus grande raffinerie d’Afrique de l’Est et du Centre et l’une des plus importantes au monde.
Pour le président kényan, cette infrastructure doit notamment permettre de réduire la dépendance aux importations de produits pétroliers, de renforcer les réserves en devises du pays et de consolider l’approvisionnement énergétique régional.
La cérémonie de lancement a réuni quatre chefs d’État ainsi que plusieurs délégations de haut niveau venues de différents pays africains, signe, selon Ruto, de l’importance accordée à ce projet au-delà des frontières kényanes.
Aliko Dangote, une vision industrielle au-delà du pétrole

Le projet porté par le groupe de l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote ne se limiterait pas à une raffinerie. Il devrait s’appuyer sur un complexe industriel intégré, comprenant notamment une centrale électrique de 1 000 MW, une usine de plastique ainsi que des unités dédiées à la production de fertilisants et de produits chimiques.
William Ruto estime que cette infrastructure pourrait avoir des effets importants sur l’économie kényane, avec notamment la création annoncée de 60 000 emplois directs, le développement de compétences locales et l’accroissement des investissements étrangers.
Le président kényan évoque également une contribution potentielle de 12 % à l’économie kenyane ainsi que jusqu’à 4 milliards de dollars supplémentaires d’investissements directs étrangers par an pendant les quatre années de construction.
Un projet présenté comme un tournant pour l’industrialisation africaine
Pour William Ruto, l’initiative s’inscrit dans une volonté plus large de rompre avec le modèle économique qui voit l’Afrique exporter principalement ses matières premières avant d’importer des produits transformés.
« Depuis longtemps, l’Afrique a exporté des matières premières et importé des produits finis, exportant la richesse et les emplois. Nous sommes fermes dans notre détermination à inverser cette tendance », a-t-il déclaré.
Le président kényan considère ainsi le lancement de la raffinerie Dangote East Africa comme un « point de rupture », illustrant, selon lui, la volonté du continent de renforcer sa capacité industrielle, de créer davantage de valeur localement et de transformer ses ressources en opportunités économiques.
Le projet devrait également contribuer au développement du corridor LAPSSET (Lamu Port-South Sudan-Ethiopia Transport) et à la transformation du port de Lamu en un important pôle industriel et logistique régional.
À travers cette initiative, Aliko Dangote confirme ainsi la place centrale de son groupe dans les ambitions d’industrialisation du continent africain, avec un projet présenté par Nairobi comme dépassant largement le seul secteur pétrolier.
Joséphine Mawete


