Sur les plateformes numériques, capter l’attention ne repose plus uniquement sur la présence d’une marque ou la qualité d’un contenu. Il faut aussi comprendre qui regarde, quand, comment et pourquoi. C’est l’un des principaux enseignements de l’intervention de Kahi Lumumba, fondateur de Totem Experience et créateur des ADICOMDAYS et des ADICOMAWARDS, lors du deuxième panel du Focus Day du Portail des Industries Culturelles et Créatives (PICC).
Organisé samedi 26 septembre à l’Orange Digital Center de Kinshasa, ce rendez-vous consacré à la communication, aux médias et à la publicité était placé sous le thème « Structurer la créativité, capter l’attention, créer de la valeur ».
Modéré par Jessy Kanda, Key Account Manager chez LAfricaMobile, le panel « Créer une attention qui performe » a notamment permis de revenir sur l’évolution des usages numériques et la nécessité, pour les marques, de mieux comprendre les comportements de leurs audiences.
La vitesse du numérique change la donne
Pour Kahi Lumumba, l’un des éléments les plus importants à observer dans l’évolution du paysage médiatique congolais n’est pas seulement le niveau actuel de pénétration d’Internet, mais surtout la vitesse à laquelle les usages progressent.
Il a évoqué une population congolaise d’environ 100 millions d’habitants, parmi laquelle plusieurs dizaines de millions de personnes utilisent Internet. Les réseaux sociaux occupent une place croissante dans ces usages, avec Facebook, LinkedIn, Instagram et surtout TikTok qui s’imposent progressivement auprès des publics congolais.
« Ce qui est intéressant, c’est la vitesse. Je pense que la vitesse à laquelle ça évolue fait qu’aujourd’hui, l’attention est vraiment sur le digital. », a-t-il souligné.
Cette progression transforme également la manière dont les marques doivent envisager leur communication. Pour lui, il ne suffit plus de savoir qu’une audience est présente en ligne. Il faut comprendre ses habitudes et ses moments de connexion.
Comprendre l’audience jusque dans ses habitudes
L’intervention de Kahi Lumumba a particulièrement insisté sur l’importance des données comportementales. L’âge, la plateforme utilisée ou le nombre d’abonnés ne constituent qu’une partie des informations nécessaires pour comprendre une audience.
Les usages peuvent varier fortement selon les moments de la journée. Il a notamment expliqué que les comportements observés le matin diffèrent de ceux du soir : certains contenus liés aux statuts WhatsApp, aux prières ou aux recettes peuvent davantage retenir l’attention au début de la journée, tandis que le divertissement et la consommation de contenus prennent davantage de place en soirée.
Ces observations permettent aux professionnels de mieux adapter leurs contenus, leurs horaires de diffusion et leurs stratégies de communication.
« On a de plus en plus de données qui sont identifiables, qui nous permettent de comprendre quel est le comportement de l’internaute. », a-t-il expliqué.
Derrière l’internaute, le client
Pour Kahi Lumumba, cette connaissance des usages n’a de sens que lorsqu’elle permet de mieux comprendre la personne que la marque cherche réellement à atteindre.
L’internaute n’est donc pas uniquement une statistique dans un tableau de bord. Ses habitudes numériques peuvent renseigner sur ses centres d’intérêt, ses moments de disponibilité et ses rapports avec les contenus. Autant d’éléments susceptibles d’orienter une stratégie de communication.
« En fait, quand on dit comportement d’internaute, c’est le comportement de votre client que vous essayez de toucher. », a-t-il insisté.
Cette approche replace ainsi l’audience au centre de la réflexion. Une marque qui connaît ses publics peut davantage ajuster son discours, ses formats et ses canaux aux réalités de consommation de contenus.
L’attention se construit à partir des usages
Dans un environnement où les plateformes se multiplient et où les contenus se succèdent à grande vitesse, la connaissance de l’audience devient donc un outil de travail pour les professionnels de la communication.
Kahi Lumumba a expliqué que l’observation des comportements numériques fait partie de son travail quotidien. L’enjeu consiste à identifier les tendances, à comprendre les habitudes et à suivre leur évolution afin de mieux positionner les contenus et les messages.
Son intervention rappelle que l’attention ne se commande pas, elle se gagne en comprenant les usages du public. Pour les marques comme pour les créateurs, la performance passe alors par une connaissance plus fine de ceux auxquels ils s’adressent.
Dans un paysage numérique congolais en évolution rapide, cette capacité à observer les comportements pourrait ainsi devenir l’un des leviers essentiels pour transformer une simple audience en véritable opportunité de communication et de création de valeur.
Lydia Mangala


