Quarante-deux ans après le dernier recensement général de la population réalisé en 1984, la République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape vers une actualisation de ses données démographiques. La cartographie censitaire du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2) a officiellement été lancée ce lundi 28 septembre 2026 à Kinshasa, première phase opérationnelle avant le dénombrement général prévu en juillet 2027.
La cérémonie s’est tenue au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale, sous la supervision du ministre d’État au Plan et à la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo, en présence notamment des autorités provinciales, des responsables de l’Institut national de la statistique (INS) et du Bureau central du recensement (BCR).
À Kinshasa, cette phase intervient après la formation de 1 868 opérateurs cartographes, organisée sur 35 sites répartis dans les quatre districts de la capitale. Les chefs d’équipe chargés de leur supervision ont ensuite achevé leur formation le 18 septembre.
Pendant cette étape, les équipes doivent parcourir les quartiers, avenues et parcelles afin de localiser les bâtiments, identifier les ménages et différentes infrastructures, mais également délimiter les zones qui serviront de base au futur dénombrement.
La cartographie censitaire constitue ainsi une étape préparatoire destinée à établir une base géographique fiable avant le recensement proprement dit. Le site officiel du RGPH-2 présente la cartographie comme la phase 2026, avant le dénombrement prévu en 2027.
Pour Guylain Nyembo, l’enjeu dépasse le cadre technique de l’opération. Il s’agit de permettre à l’État de disposer de données suffisamment précises pour mieux planifier les politiques publiques et répartir les ressources en fonction des besoins réels.
« Cette étape n’est pas une simple opération technique. Elle participe d’une ambition fondamentale de l’État : mieux connaître notre population et nos territoires, afin de mieux planifier, de mieux gouverner et de mieux servir nos concitoyens », a déclaré le ministre d’État.

Il a également insisté sur la nécessité de disposer de données actualisées et territorialement précises pour orienter les investissements publics et répondre aux besoins des populations.
« La cartographie censitaire constitue une phase importante du processus du RGPH-2, notamment pour l’identification et la localisation des bâtiments ainsi que le dénombrement des ménages, avant les prochaines étapes de l’opération. C’est mieux connaître notre pays. Et mieux connaître notre pays, c’est mieux préparer son avenir », a-t-il affirmé.
Les données attendues doivent notamment contribuer à la planification des infrastructures scolaires et sanitaires, de l’accès à l’eau et à l’électricité, des transports ainsi qu’à l’aménagement du territoire.
Le RGPH-2 ne constitue ni une opération d’identification administrative ni une opération électorale. Il vise à dénombrer les personnes vivant ou se trouvant sur le territoire national et à recueillir des informations sur les ménages et l’habitat, selon une méthodologie statistique.
L’objectif est notamment de réduire la dépendance aux estimations démographiques, alors que le pays ne dispose plus d’un recensement général depuis 1984. Le RGPH-2 doit fournir une nouvelle photographie statistique de la population et de sa répartition territoriale.
La directrice générale de l’INS, Elysée Chovu, a, de son côté, souligné l’importance de la formation des équipes, du respect des méthodologies et des mécanismes de contrôle de qualité pour garantir la fiabilité des résultats. Kinshasa constitue la première étape avant l’extension progressive des opérations aux autres provinces.
À l’issue de la cérémonie officielle, Guylain Nyembo s’est rendu dans la commune de Lingwala pour accompagner le démarrage effectif des opérations. Le ministre a symboliquement endossé le rôle d’agent cartographe et participé à la visite du premier ménage.
Cette descente sur le terrain marque le passage du lancement institutionnel à la phase pratique de la cartographie censitaire dans la capitale.
Les autorités provinciales et locales, les responsables communautaires et religieux sont appelés à faciliter le travail des équipes. Les habitants de Kinshasa sont également invités à leur réserver un bon accueil, à faciliter leur accès aux quartiers et aux ménages et à fournir les informations nécessaires.
L’enjeu du RGPH-2 prend une dimension particulière en raison du temps écoulé depuis le dernier recensement. Quarante-deux ans séparent donc l’opération lancée en 2026 du recensement général réalisé en 1984.
Le gouvernement présente cette nouvelle opération comme un outil de connaissance et de planification du développement. Elle bénéficie par ailleurs de l’accompagnement de partenaires techniques et financiers, dont l’UNFPA et la Banque mondiale. Le site officiel du RGPH-2 indique que le processus associe notamment l’INS, le BCR, l’UNFPA, la Banque mondiale, l’UNICEF, le PNUD et la BAD.
Le dénombrement général est annoncé pour juillet 2027. D’ici là, la cartographie censitaire doit permettre de préparer les zones d’intervention et de disposer d’une base suffisamment précise pour organiser la collecte auprès des ménages.
À Kinshasa, le processus entre donc dans sa phase concrète. Après quatre décennies d’attente, 1 868 opérateurs cartographes sont appelés à contribuer à la première photographie actualisée des quartiers, des habitations et des ménages de la capitale, avant l’extension progressive du processus à l’ensemble du territoire national.
Lydia Mangala


