La République démocratique du Congo veut donner une nouvelle dimension à son partenariat économique avec la Belgique, en particulier dans le domaine des infrastructures. Reçu au Parlement bruxellois par son président, Bertin Mampaka, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a plaidé pour un changement de regard sur la RDC et pour une implication accrue des entreprises belges dans les grands chantiers de reconstruction du pays.
Cette démarche intervient dans le cadre d’une série de rencontres menées par le ministre en Belgique autour des opportunités offertes par le secteur congolais des infrastructures. Une cinquantaine d’investisseurs belges avaient notamment été réunis à Bruxelles pour échanger sur les projets et les possibilités de partenariat avec la RDC.
Devant les élus bruxellois, John Banza Lunda a défendu l’idée d’un renouvellement de la relation entre la Belgique et la RDC. Pour lui, les liens historiques entre les deux pays doivent désormais se traduire davantage par des collaborations économiques et techniques concrètes.
Le ministre a notamment présenté la dynamique de modernisation engagée en RDC et souligné la place que pourrait occuper l’expertise belge dans l’accompagnement des projets d’infrastructures.
« Nous sommes au carrefour du monde. Et le Parlement bruxellois, c’est tout un symbole. Nous sommes dans cette dynamique de raviver le partenariat entre la Belgique et notre pays », a-t-il déclaré.

John Banza a également invité les parlementaires bruxellois à jouer un rôle de relais auprès des milieux économiques afin de rapprocher les entreprises belges des opportunités offertes par le marché congolais.
« Nous souhaitons que le Congo soit une priorité pour les entrepreneurs belges », a-t-il insisté.
La question du climat des affaires a également été abordée au cours des échanges. Face aux interrogations qui peuvent entourer l’environnement économique congolais, le ministre a défendu une approche qu’il veut pragmatique, en reconnaissant les défis tout en mettant en avant les possibilités d’investissement.

« Nous n’avons pas un paradis, mais nous n’avons pas un enfer non plus », a affirmé John Banza Lunda.
Le ministre a notamment voulu mettre en avant les opportunités liées aux besoins considérables de la RDC en infrastructures, tout en invitant les partenaires à considérer le potentiel du pays au-delà des perceptions qui peuvent entourer son environnement des affaires.
Le ministre a insisté sur la nécessité de mobiliser le savoir-faire technique des entreprises belges dans plusieurs domaines liés aux infrastructures et à l’aménagement du territoire.
Il a notamment évoqué l’ingénierie, le contrôle technique, la recherche routière et la mobilité urbaine comme des secteurs dans lesquels les compétences belges pourraient être davantage mises à contribution. La coopération autour du projet de tramway de Kinshasa et Lubumbashi fait également partie des dossiers suivis lors du séjour bruxellois du ministre.
L’objectif est de construire des alliances technico-financières capables d’associer capitaux, expertise et capacités d’exécution autour de projets structurants.
Le plaidoyer congolais semble déjà ouvrir la voie à de nouvelles rencontres. Des élus bruxellois ont annoncé la préparation d’une mission économique à Kinshasa, avec la participation de plusieurs entreprises, notamment dans le secteur des infrastructures. Celle-ci est annoncée pour janvier 2027.
Cette perspective devrait permettre aux entreprises intéressées d’examiner directement les projets et les besoins exprimés par la partie congolaise, tout en identifiant les possibilités de collaboration.
Pour Kinshasa, l’enjeu est donc de faire évoluer la relation avec la Belgique vers davantage de partenariats économiques et techniques, en s’appuyant sur les besoins du pays en matière de routes, de mobilité, d’aménagement et d’équipements publics.
John Banza ambitionne de faire des liens historiques entre les deux pays un levier concret d’investissement, d’expertise et de reconstruction.
Lydia Mangala


