La République démocratique du Congo veut davantage s’appuyer sur les capitaux et l’expertise belges pour accélérer la modernisation de ses infrastructures. En mission officielle à Bruxelles, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a présenté jeudi 24 septembre 2026 à une cinquantaine d’opérateurs économiques belges les principaux projets routiers, portuaires, aéroportuaires, fluviaux et de mobilité urbaine du pays.
La rencontre, organisée à l’ambassade de la RDC en Belgique, a également réuni des membres de la diaspora congolaise. Le ministre a invité les entreprises belges à participer à la réalisation de ces projets, en insistant sur l’investissement, mais aussi sur le transfert de technologies, de compétences et d’expertise technique.
Face aux opérateurs économiques, John Banza Lunda a présenté l’ampleur des besoins en infrastructures du pays. Selon les chiffres communiqués lors de la rencontre, le réseau routier revêtu serait passé de 3 000 à 8 000 kilomètres, tandis que le ministère travaille à la reconstitution d’un corridor interne structurant de plus de 22 000 kilomètres.
La RN1, longue d’environ 3 300 kilomètres entre Moanda et Sakania, figure parmi les principaux axes concernés. Le ministre a indiqué qu’environ 400 kilomètres restaient à bitumer sur cet itinéraire stratégique.
D’autres projets autoroutiers sont également annoncés, notamment l’axe Mbuji-Mayi–Bukavu, long de 1 080 kilomètres, ainsi qu’une liaison autoroutière entre Moanda et Kinshasa, destinée notamment à accompagner le développement du futur port en eaux profondes de Banana.
Les RN12 et RN16 dans le Kongo-Central, la RN7 entre Kananga et Kisangani, la RN4 entre Kisangani et Beni ainsi que la RN6 dans le Grand Équateur figurent également parmi les chantiers présentés aux investisseurs.
Le portefeuille présenté à Bruxelles dépasse le seul secteur routier. Le programme englobe également les infrastructures fluviales et portuaires.
Le ministère prévoit notamment le dragage et le balisage de 28 000 kilomètres de voies navigables, afin d’améliorer la circulation fluviale et la connexion entre les différentes régions du pays.
Le port en eaux profondes de Banana constitue également l’un des projets structurants mis en avant. Le premier quai, long de 600 mètres, est annoncé pour une mise en service en mars 2027 selon le calendrier présenté aux opérateurs. Le projet de pont route-rail Kinshasa–Brazzaville, dont le lancement est annoncé pour début 2027, figure également parmi les infrastructures évoquées.

Le secteur aéroportuaire fait lui aussi partie des opportunités présentées aux investisseurs belges. Le programme comprend notamment la modernisation de l’aéroport international de Ndjili, la poursuite des travaux à Bunia et Kananga, ainsi que la livraison annoncée de l’aéroport de Lubumbashi au début de 2027.
Le ministère prévoit également le lancement de travaux pour 15 nouveaux aéroports.
L’accent est notamment mis sur les rocades Sud-Est et Sud-Ouest, dont le linéaire cumulé est annoncé à environ 150 kilomètres. Des projets de transport collectif structurant, dont des tramways à Kinshasa et Lubumbashi, sont également envisagés. La Belgique est déjà identifiée comme partenaire du projet de tramway de Kinshasa.
Pour John Banza, la coopération recherchée avec la Belgique ne se limite pas au financement des infrastructures. Kinshasa souhaite également bénéficier de l’expérience des entreprises belges dans l’ingénierie, la construction, les études techniques, la gestion et le transfert de technologies.
« La place est assurée pour les investisseurs belges pour faire des affaires et transférer la technologie », a déclaré le ministre devant les opérateurs économiques.
Cette démarche intervient après plusieurs échanges engagés entre les autorités congolaises et les acteurs économiques belges. Le 11 septembre dernier à Kinshasa, John Banza Lunda avait déjà rencontré des représentants de la diplomatie belge et des entreprises actives dans le secteur des infrastructures pour préparer cette mission à Bruxelles.
Le gouvernement congolais cherche ainsi à élargir les partenariats nécessaires à la réalisation de ses grands projets. Routes, corridors régionaux, ports, voies navigables, aéroports et transports urbains constituent autant de secteurs ouverts aux discussions avec les investisseurs et partenaires techniques.
Lydia Mangala


