La République démocratique du Congo veut inscrire la gestion de ses ressources naturelles et le développement des nouvelles technologies dans une approche orientée vers la paix et le développement durable. À New York, le jeudi 24 septembre 2026, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a ouvert une table ronde de haut niveau consacrée aux « ressources naturelles, l’intelligence artificielle et la nouvelle géopolitique de la paix et de la sécurité ».
Cette rencontre s’inscrit dans la continuité de l’initiative portée par Kinshasa lors de sa présidence du Conseil de sécurité des Nations unies en juillet dernier. Elle a réuni plusieurs experts internationaux autour des liens entre ressources stratégiques, innovations technologiques et nouveaux enjeux de sécurité internationale.
À l’ouverture des travaux, Judith Suminwa a défendu une approche dans laquelle les ressources naturelles ne doivent pas être uniquement considérées sous l’angle économique ou extractif.
Pour Kinshasa, leur gouvernance responsable doit également contribuer à la stabilité, à la prospérité partagée et au développement durable. Cette position rejoint le plaidoyer porté par la Première ministre devant l’Assemblée générale de l’ONU, où elle a défendu une transformation locale des minerais stratégiques et une meilleure répartition de leur valeur ajoutée.
La RDC cherche ainsi à faire évoluer le modèle qui cantonne les pays producteurs à l’extraction, alors que la transformation, les technologies et une grande partie de la valeur économique sont réalisées ailleurs.
Les échanges ont également porté sur l’intelligence artificielle, devenue un facteur croissant de transformation économique et de recomposition des rapports de force internationaux.
La RDC soutient le dialogue mondial engagé aux Nations unies sur la gouvernance de l’IA et plaide notamment pour le renforcement des capacités des pays afin que la fracture numérique ne se transforme pas en fracture technologique et intellectuelle.
Cette réflexion concerne notamment l’accès aux infrastructures, aux compétences et aux technologies, mais aussi les conditions permettant aux pays africains de participer davantage à la création de valeur liée à l’économie numérique.
La ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Coopération internationale, Francophonie et Diaspora congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, a participé aux échanges en qualité de membre du panel.
Sa présence a permis de prolonger le plaidoyer diplomatique de la RDC sur la gouvernance des ressources stratégiques, la paix et la sécurité internationales.
Cette approche intervient alors que la demande mondiale pour les minerais critiques augmente notamment avec la transition énergétique et le développement des infrastructures numériques et de l’intelligence artificielle. La Première ministre a d’ailleurs souligné devant l’ONU que la RDC entend développer des chaînes de valeur créatrices d’emplois, de compétences et de prospérité partagée.
Organisée en collaboration avec le Science, Technology, and Social Values Lab de l’Institute for Advanced Study, la table ronde a ainsi placé au même niveau de réflexion des enjeux longtemps traités séparément : ressources naturelles, innovation technologique, développement et sécurité.
Pour Kinshasa, l’objectif est de contribuer à une gouvernance internationale capable d’anticiper les tensions liées à l’accès aux ressources stratégiques et aux transformations technologiques.
À New York, la RDC poursuit ainsi un plaidoyer qui cherche à faire des ressources naturelles et de l’innovation des instruments de développement et de paix, plutôt que des facteurs de compétition et de tensions.
Lydia Mangala


