Le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, dont le décès a été annoncé ce vendredi à la suite du crash d’un petit porteur près de Kenge, était l’une des principales figures de la justice militaire en République démocratique du Congo.
Magistrat militaire de carrière, il avait consacré une grande partie de son parcours professionnel à l’exercice du ministère public au sein des juridictions militaires congolaises.
Un magistrat militaire au parcours marqué par la justice
Fils de l’ancien Premier ministre congolais Norbert Likulia Bolongo, Lucien-René Likulia Bakumi avait gravi les échelons de la magistrature militaire avant d’occuper les plus hautes fonctions au sein de l’Auditorat général des FARDC.
Avant sa nomination à la tête de cette institution, il exerçait notamment comme premier avocat général des FARDC et officier du ministère public près la Haute Cour militaire.
En mars 2021, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo l’avait élevé au grade de lieutenant-général et nommé Auditeur général près la Haute Cour militaire, en remplacement du lieutenant-général Timothée Mukunto, décédé quelques mois plus tôt.
À ce poste, il était chargé de conduire et de représenter le ministère public militaire dans plusieurs dossiers sensibles impliquant notamment des officiers supérieurs et généraux des FARDC.
Au cœur de plusieurs dossiers judiciaires sensibles
Sous sa direction, l’Auditorat général s’est retrouvé au centre de plusieurs procédures à forte portée politique et militaire.
En avril 2025, Lucien-René Likulia Bakumi avait saisi le bureau du Sénat afin de solliciter la levée des immunités parlementaires et l’autorisation de poursuites contre l’ancien président Joseph Kabila, alors sénateur à vie. Cette démarche faisait suite aux instructions du ministre de la Justice et concernait notamment des accusations de trahison et d’autres infractions évoquées dans le réquisitoire de l’Auditorat général. (Actualite.cd)
Quelques semaines plus tard, le magistrat militaire avait été auditionné par la commission spéciale du Sénat chargée d’examiner cette demande. (Actualite.cd)
Le ministère public dans le procès Tshiwewe et consorts
Jusqu’en 2026, le lieutenant-général Likulia Bakumi continuait d’intervenir dans plusieurs procédures devant la Haute Cour militaire.
Il représentait notamment le ministère public dans le procès impliquant plusieurs hauts gradés des FARDC, dont le général d’armée Christian Tshiwewe Songesha et le général de brigade John Ngoy wa Kabila. En juin 2026, il avait notamment requis que certains prévenus absents et considérés comme en fuite soient jugés par défaut. (Actualite.cd)
En août 2026, dans cette même affaire, il était encore attendu à la barre pour répondre aux arguments développés par les avocats de la défense après la présentation de leurs mémoires. (Forum des as)
Son nom apparaissait également dans d’autres procédures récentes devant la Haute Cour militaire, notamment dans le dossier opposant le ministère public au lieutenant-général Philémon Yav Irung. (7sur7)
Une disparition qui intervient en pleine activité judiciaire
La disparition du lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi intervient ainsi alors qu’il exerçait toujours ses fonctions d’Auditeur général des FARDC et demeurait engagé dans plusieurs procédures judiciaires militaires.
Sa mort, annoncée après le crash d’un petit porteur près de Kenge, constitue une perte pour la magistrature militaire congolaise. Les circonstances exactes de l’accident ainsi que l’identité de l’ensemble des victimes doivent encore être établies par les autorités compétentes.
Joséphine Mawete


